Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Hollande, maintenant…

Le dernier texte publié sur ce blog à propos du long parcours de François Hollande vers la présidentielle remonte au mois d’octobre 2011, à l’issue des « primaires citoyennes » initiées par le Parti socialiste. Je n’hésitais pas alors, bravant parfois la sidération de mes lecteurs les plus proches, à affirmer que l’homme qui venait d’être désigné le 16 octobre 2011 à l’issue des primaires pour incarner les aspirations de nombreux Français, bien au-delà de son camp et de son identité politique, sera le prochain élu de la République française en 2012. J’avais ensuite décidé d’observer la campagne électorale, plutôt sereinement je l’avoue, inébranlablement convaincu des atouts et des ressources de cet homme dont j’observe le cheminement depuis plusieurs années. C’est vrai que j’avais déjà fait sursauter quelques-uns, et même provoqué l’hilarité de quelques autres, en confiant, il y a dix ans, à mes meilleurs amis, cette pressante intuition : l’envergure encore insoupçonnée du destin de François Hollande. Que l’on se rassure, je n’en prophétisais pas le destin présidentiel. Juste, en me fondant sur une attentive observation de l’homme, la patiente structuration d’un destin promis à une manifestation ultérieure, en « laissant le temps au temps », formule que François Mitterrand aimait à emprunter à Miguel de Cervantès.

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Mali : Agenda critique franco-africain

Face à la crise multidimensionnelle à laquelle se trouve confronté le Mali, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a opté pour un protocole de résolution en deux temps : d’abord, la restauration de l’ordre constitutionnel, puis, la mise en œuvre des moyens, y compris militaires, pour le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays. Pour contraindre la junte qui s’est emparé du pouvoir le 4 mars dernier à le rendre à un exécutif civil intérimaire chargé de la gestion d’une période de transition conduite par le Président du Parlement, Diouncounda Traoré, la Cedeao aura imposé un embargo dont les effets furent immédiatement et durement ressentis par les habitants de ce pays enclavé, essentiellement dépendant de ses voisins, en ce qui concerne l’importation et l’exportation des biens de première nécessité. Un embargo que certains acteurs politiques maliens ont qualifié de « criminel ». N’empêche, moins de 72 heures après l’entrée en vigueur de l’embargo, la junte a accepté de se soumettre à la signature d’un accord-cadre, mettant fin à son aventure. Dans la foulée, le 8 avril, la démission du président Amadou Toumani Touré, défait par le coup d’Etat, confirmait, selon les principes constitutionnels, la vacance du pouvoir, et conséquemment, le début d’une période de transition qui devrait déboucher, sous quarante jours, à la tenue de nouvelle élections.

Miracle sénégalais, péril malien

Au Sénégal, le respect s’impose. Vis-à-vis des citoyens-électeurs qui ont, en dépit des plus sombres prévisions, choisi d’écrire l’histoire de leur pays avec une remarquable détermination interne, puisant en eux l’inspiration la plus juste pour modifier la trajectoire d’une crise politique qui exposait, il y a peu encore, le pays à l’embrasement…

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Sénégal – En attendant « l’assaut final »

Tout d’abord, faisons amende honorable, en reconnaissant que nos projections catastrophistes pour la journée d’élection du 26 février dernier, ont été totalement démenties par les citoyens sénégalais qui ont choisi d’écrire l’histoire comme nul n’osait l’espérer. Rares sont les confrères et autres analystes qui, comme nous le faisons ici, auront souscrit à cet acte d’humilité nécessaire, en reconnaissant ce démenti, infligé avec bonheur par les électeurs sénégalais, au scénario projeté. Un scénario néanmoins fondé sur la trame conflictuelle qui s’est développée au Sénégal depuis plusieurs mois…

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Mbalax tragique à Dakar

Durant ces dernières semaines, le président Abdoulaye Wade a sillonné le pays, multiplié des discours que plus personne n’écoute, soucieux de prouver au monde que sa santé défie les lois de la nature, malgré son âge, quatre-vingt cinq ans, officiellement. Celui que nous avons qualifié dans cet espace, il a quelques semaines, de « Mugabe de l’Ouest » conclut sa carrière de politicien professionnel par une campagne électorale hors du temps et du réel. C’est le spectacle aussi surréaliste que burlesque d’un artiste convaincu de sa surhumanité. Ce qui se produit actuellement au Sénégal tient à une seule et terrible réalité : la volonté d’un homme, qui s’est toujours estimé au-dessus du commun, de démontrer jusqu’au bout de sa nuit, que la destinée de son pays est consubstantielle à la sienne. Il y a du pathétique dans cette aventure solitaire : au moment où le quasi-nonagénaire est rappelé aux outrages du temps, son regard, égaré et triste, trahit son refus obstiné de concevoir et projeter, dans son esprit confus, un Sénégal affranchi de son emprise.

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Notes d’Addis Abeba

La capitale éthiopienne – la plus élevée d’Afrique, et la quatrième plus élevée au monde culminant à près de 3000 mètres, où les températures d’un été espiègle sont plus proches d’un printemps frileux d’Europe que d’une saison sèche congolaise –  accueille depuis le 25 janvier, jusqu’au 1er février 2012, le 18e Sommet de l’Union africaine. Il y a un an, ici même, dans les couloirs du bâtiment accueillant la conférence des chefs d’Etat, nous regardions, diffusées en boucle sur les écrans de télévisions, les images de l’insurrection en Egypte… Après la chute, quelques jours plus tôt du régime de Ben Ali en Tunisie, nul n’imaginait alors l’issue de ces événements. Les responsables de l’Union Africaine manifestement tétanisés face à cette brusque accélération de l’histoire dans le Maghreb, incapables d’émettre alors le moindre jugement, nous avaient confié que « l’organisation panafricaine n’avait pas pour habitude de réagir à chaud à ce type d’événement ». Dans ce contexte, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, avait annulé sa visite, à la dernière minute, à ce Sommet, « pour suivre, disait-on, l’évolution de la situation en Tunisie et en Egypte ». L’observateur le plus inspiré n’aurait alors osé avancer que le régime de Kadhafi, était déjà, lui aussi, dans l’œil du cyclone. On connaît la suite de l’histoire… Depuis, après un discret mais salutaire examen de conscience, les instances concernées au sein de l’Union Africaine, ont engagé, comme nous l’appelions ici-même de nos vœux, un travail rigoureux, en vue d’une mise à jour des méthodes d’approche et de gestion des nouvelles crises politiques qui surgissent sur le continent depuis l’année dernière. L’UA, prise dans la bourrasque et la pression aussi imprévue qu’inédite des crises survenues dans le Maghreb, a su faire montre, à l’issue de la guerre en Libye, de sa capacité – que peu d’entre nous soupçonnaient – à opérer, en urgence et sans complaisance à ce nécessaire aggiornamento qui lui permet aujourd’hui de se présenter de nouveau debout, davantage même renforcée dans ses structures et ses ressources diplomatiques. Toutefois, dans les coulisses du siège de l’organisation, chacun reconnaît volontiers que l’organisation aura connu, en 2011, une saison de tous les dangers… Et, aujourd’hui, un nom a totalement disparu des conversations officielles : celui de Mouammar Kadhafi.

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