Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Tag: Mali

L’équation mortifère de Kidal – Dangers silencieux du journalisme

L’assassinat, le 2 novembre, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal vient nous rappeler cruellement, au-delà de l’émotion qu’il suscite, que le journalisme n’est pas un métier comme les autres. Que des journalistes, à travers le monde, sont quotidiennement exposés à diverses formes d’agressions, y compris à la violence fatale. Parce que ce métier procède essentiellement de la vocation, il nous est arrivé à tous d’avancer, avec le danger en face, n’écoutant que cette voix intérieure qui nous rappelle cette obligation, plus forte que tout, de répondre à l’appel de l’événement. Difficile pour le journaliste de contourner ou ignorer cet appel, ou de se soustraire à l’attraction d’une situation porteuse d’enseignements. Porteuse aussi, parfois, de périls. Etre journaliste, c’est s’interdire d’ignorer. Et bien souvent, c’est porté par cette exigence – voir, constater, savoir, puis rapporter – que l’on choisit de regarder le danger en face et, même, de tenter d’en faire un allié…

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La grande misère des armées ouest-africaines

MaliLa crise malienne révèle une part de la réalité des armées africaines, principalement celles des pays francophones. Une réalité longtemps dissimulée derrière le paravent des discours officiels, confinée aux espaces nationaux, travestie par les défilés militaires et occultée par les hymnes aux accents martiaux. A quoi auront servi la plupart de ces armées depuis cinq décennies d’indépendance ? Quels auront été leurs hauts faits d’armes ? Furent-elles les boucliers incandescents contre des agressions extérieures ? Ont-elles permis de garantir la sécurité des populations ? Ont-elles seulement été considérées par ces mêmes populations comme leurs alliées ?

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Les Docteur Folamour de la « cause touarègue »

Un débat qui n’a cours qu’en France s’immisce depuis quelques temps dans le dossier malien. L’affaire est propagée par des « experts » français, infatigables défenseurs du « peuple touareg ». Le logiciel sur lequel se fondent leurs sentences s’apparente à une véritable campagne désinformation et d’intoxication. Partout, ils véhiculent ce même postulat : le « peuple touareg » – aux contours indéterminés – soumis depuis la nuit des temps à la discrimination économique et sociale, voit venir l’heure, avec la guerre en cours au Mali, de satisfaire sa « légitime » aspiration à l’autonomie, voire à l’indépendance. Selon les auteurs de ce postulat, détenteurs d’un obscur mandat, indifférents aux conséquences de telles affirmations, le Mouvement de libération de l’Azawad (MNLA) incarnerait cette « légitime revendication » de l’ensemble des Touaregs du Mali. Et, ne reculant devant aucune approximation, ils laissent entendre gaillardement que le Nord du Mali serait une sorte de touareg-land, exclusivement habité par cette seule communauté.

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Guerre au Mali : le bal des « spécialistes »

Mali OK BFMVoici donc venu le temps de la guerre au Mali. Et avec lui, la cohorte de « spécialistes » de tout poil qui se succèdent, en France, sur les plateaux de radio et de télévision pour délivrer leurs pensées et sentences sur le Mali et, dans la même foulée, sur l’Afrique entière. Une spécialité bien française : des jargonneurs aux propos hasardeux sur l’Afrique estampillés« spécialistes » par les médias qui ne découvrent l’existence de ce continent que lorsque survient une crise. Plus insupportable encore, les commentateurs assermentés des chaînes de télévision d’information continue (et souvent bâclée), peu soucieux de renforcer leur connaissance du sujet commenté, et ne reculant devant aucune approximation et, pire, aucune fantaisie pour expliquer au bon peuple français le cours des évènements dans le monde. Sur le Mali, pleuvent, depuis quelques jours, les commentaires et « analyses » qui pourraient valoir à leurs auteurs les plus légitimes procès pour actes d’imposture aggravée.

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Mali : Assistance à pays en danger

C’est un principe que nous avons souvent évoqué ici. Celui d’ « assistance à peuple en danger ». C’est sur ce principe inscrit dans le droit international, et bien souvent oublié au profit d’un discutable « devoir d’ingérence » que la France fonde son engagement militaire dans le conflit malien, depuis le 11 janvier. « Si l’on n’était pas intervenu, il n’y aurait plus d’Etat malien », a indiqué Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense. En somme, bien plus que l’appel au secours lancé à la France par le président intérimaire malien, par-delà même la légalité internationale qui sous-tend l’action de Paris, la justification majeure de cette intervention française réside dans le fait que l’existence, à proprement parler, d’un pays était menacée, sous le regard médusé ou indifférent du monde. Un fait rarissime sur la scène internationale.

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L’ordre islamiste et la faillite onusienne

Les conflits en cours au Mali et en Syrie ont ceci de commun qu’ils consacrent un tournant dans la gestion des crises par l’Organisation des Nations Unies. Face à la complexification des conflits, et aussi, tirant les enseignements des interventions militaires menées ces dernières années à travers la planète, soit directement par ses propres troupes, soit par le biais de « coalitions internationales », l’ONU a subrepticement instauré une méthode inédite de résolution : le protocole de la lenteur.

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