Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

BENIN : AUX SOURCES DE LA CRISE – Auteur : Professeur Cossi Bio Ossè

Aux yeux du monde extérieur, et – d’une manière délibérément aveugle – à ses propres yeux, le Bénin entretient l’image d’un pays doté d’une bonne volonté démocratique. Deux raisons entretiennent ce consensus douteux. La première, la Conférence nationale dont nous nous glorifions du copyright africain. La deuxième raison, conséquence de la première, c’est le petit quart de siècle qu’a duré le Renouveau Démocratique. Pendant cette période, nous avons connu trois Présidents de la République différents, deux réélections de Président, cinq élections présidentielles et autant d’élections législatives. De législature en mandature, peu à peu le spectre du coup d’Etat dont nous étions jadis champions s’est estompé. Le fonctionnement démocratique a pris le relais. Mais très vite, et dans la réalité, l’esprit de la démocratie a déserté le Forum, Lire la suite

Bénin : Offensive contre la démocratie

Ainsi donc, les Béninois regardent s’évanouir, irrépressiblement, leur démocratie. Près de trente ans après l’avènement du Renouveau démocratique, Robert Dossou, ancien ministre et ancien Président de la Cour constitutionnelle, déclarait le 13 avril dernier, arguments à l’appui : «Au Bénin, nous ne sommes plus en démocratie». Verdict amer d’un avocat qui fut l’un des artisans de la Conférence nationale qualifiée en 1990 de «miracle béninois». Voilà donc que, dans un pays où le jeu des alternances politiques s’est déroulé de manière régulière et apaisée depuis trois décennies, les Béninois sont invités à se rendre aux urnes le 28 avril prochain pour des élections législatives, en l’absence de toute formation de l’opposition. Lire la suite

République démocratique du Congo : La drôle d’alternance

La mobilisation des électeurs désireux d’exprimer leur vote le 30 décembre dernier, et ce, malgré l’effarant désordre observé, pouvait constituer un gage ultime de crédibilité à ce processus électoral. Crédibilité fondée sur l’expression de la volonté des citoyens de faire aboutir, malgré tout, un processus originellement entaché d’incertitudes et de suspicions. Le miracle n’a pas eu lieu. Cette détermination populaire a été pulvérisée, depuis la nuit du 10 janvier. Le jour le plus long jusqu’au cœur de la nuit, où l’on a pu entendre le Président de la Commission électorale (CENI), Corneille Nangaa, se libérer d’un inconfortable fardeau, en ces mots : «Ayant obtenu 7 051 013 suffrages valablement exprimés, soit 38,57 %, est proclamé provisoirement élu président de la République démocratique du Congo M. Tshisekedi Tshilombo Félix».

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République démocratique du Congo : La dérive du pays-continent

Fallait-il attendre le chaos électoral qui s’est produit le 30 décembre 2018 en RDC pour se convaincre de l’évidence qui n’a cessé de prospérer sous le regard du monde depuis plusieurs années, et plus densément depuis deux ans ? À savoir, l’art de la guerre, selon le régime de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 17 ans. Le 10 décembre dernier, le Docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, avertissait : « Tout a été fait pour organiser une parodie d’élection, nous espérons qu’après [ces élections], le Congo ne va pas sombrer dans le chaos ». Les Congolais avait bien rendez-vous avec le chaos quelques jours plus tard, deux ans après l’échéance officielle de ces élections, et après trois reports de ce scrutin. Lire la suite

BURUNDI : LE REFERENDUM DU « GUIDE ETERNEL »

On peut le dire désormais, la tragédie en cours au Burundi a été, peu à peu, au fil des mois, repoussée vers les marges de l’agenda de la politique internationale. Cela s’est produit sans bruit, subrepticement, sans avertissement et sans préavis. Le voyage entrepris par l’ancien secrétaire de l’Onu, Ban Ki-moon, en février 2016, allait agir comme une confirmation de cette réalité : le dossier burundais ne pouvait trouver une issue par le biais des canaux ordinaires de la diplomatie internationale et de la résolution des conflits. Au cœur de ce terrible constat : la personnalité du dirigeant burundais, personnage extravagant soutenu par une clique d’opportunistes jusqu’au-boutistes. Un ersatz de pouvoir d’Etat imperméable aux règles diplomatiques, et dont les principaux membres se sont appliqués depuis 2015 à opposer une forme d’autisme – un rôle de composition – aux recommandations de tous ceux qui ne se rangeaient pas à leur cause, à savoir transformer le Burundi en « un monde-à-part ». Un monde dirigé par Pierre Nkurunziza, et par ses partisans qui ont érigé ce dernier en « meilleur en toutes choses ».
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Lettre au Président Emmanuel Macron : « De grâce, ne vous préoccupez pas de l’Afrique ! »

Une fois encore, la question rituelle était au rendez-vous de l’élection présidentielle française : quelle sera la politique du nouveau président français en direction, voire «en faveur» de l’Afrique ? Sur les médias, les réseaux sociaux, dans les conversations des «prescripteurs d’opinion», la tradition n’a pas pris une ride. Une fois de plus se trouve réactivé, avec une vigueur renouvelée, ce lien aussi particulier qu’unique entre la France et l’Afrique francophone. Ce sont les énigmatiques ressorts de ce lien qui font des Africains francophones, plus de cinq décennies après les indépendances, la seule collectivité humaine amenée à s’interroger, à chaque élection présidentielle française, sur ce qu’ils pourraient attendre du nouveau président élu de l’ancienne puissance coloniale.


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