Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

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Ukraine : Danse avec Poutine…

Vladimir Poutine 4Le 5 mars dernier, le Parlement de Crimée, jugé illégal par Kiev, a voté le rattachement de la province à la Russie. La partition de l’Ukraine est de fait, consommée. Après plusieurs jours d’une ronde diplomatique aussi vaine que pathétique, les Occidentaux tétanisés et démunis d’arguments décisifs, en sont réduits à rechercher la meilleure manière de « sortir par le haut » d’une crise où l’homme fort de Moscou, Vladimir Poutine, n’a cessé d’imposer son jeu, en sachant, à chaque instant, éviter ou contourner l’erreur fatale. Y compris en recourant au mensonge le plus spectaculaire, lorsqu’il affirme, sans sourciller et sans rire, devant un parterre de journalistes, qu’aucun soldat russe n’était présent en Crimée, au moment même où ses troupes, chargées de sonner la fin de la récréation en Ukraine, encerclaient les casernes, transformant les militaires ukrainiens en prisonniers sur le propre territoire… On peut s’étonner que le dirigeant russe use de cette forme archaïque de communication et de manipulation des opinions à une époque marquée par la vitesse de l’information, et où tout se sait et se voit en temps réel à travers la planète. Mais l’on sait que même les anachronismes de Poutine peuvent se révéler d’une redoutable efficacité.

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Notes – Partition de l’Ukraine et « chaos maîtrisé »…

A quoi ressemble le champ des relations internationales, deux semaines après le début de l’instauration de l’ordre militaire russe en Crimée, sur le territoire souverain de l’Ukraine ? A un champ de ruines. Les derniers événements en Ukraine viennent de pulvériser le maigre reliquat d’illusions qui subsistait encore chez les plus optimistes, sur la vitalité des règles et conventions présidant à l’ordonnancement de la politique internationale, et, disons-le, d’un « ordre mondial » compris de tous. Le monde multipolaire, prôné par Barack Obama et abondamment applaudi dans les cénacles de la diplomatie mondiale se manifeste dans sa cinglante réalité : un désordre des visions et des interprétations du monde, invariablement alimenté par le choc des intérêts, et l’orchestration, par les plus puissants, de ce qu’on désigne comme un « chaos maîtrisé ». Dans ce nouveau désordre, marqué par la compétition et l’affirmation du bon droit des uns et des autres, les « petites » nations se retrouvent, pire qu’à l’époque de la guerre froide, exposées à une menace nouvelle. L’intangibilité et l’inviolabilité des frontières, longtemps considérée comme un sacro-saint principe de l’organisation du monde, deviennent, peu à peu des données précaire et, par conséquent, négociables dans le jeu des relations internationales… Ainsi, depuis les années 90, dans plusieurs pays « fragiles », la perte ou l’absence de contrôle et d’autorité des pouvoirs publics sur des pans entiers de leurs territoires, a été, imperceptiblement banalisée et considérée comme une donnée tolérable dans l’ordonnancement de la politique internationale.

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Blague russe

Qui a dit que Poutine ne riait jamais ? C’est vrai qu’à observer cet ancien agent du KGB, on avait fini par comprendre qu’il fut amputé de la rate à sa naissance. Ou que, plus probablement, le rire, cette précieuse faculté qui distingue, dans la chaîne de l’évolution, l’homme de ses ancêtres primates, avait été malencontreusement ôté de son programme génétique. Vladimir Poutine a fait de cette infirmité originelle son mystère personnel, sa marque distinctive, son arme fatale pour parcourir le long sentier vers l’ultime sommet de la puissance et du pouvoir… Et s’y maintenir indéfiniment. Voulait-il devenir le dernier tsar de Russie ? Non, bien plus que cela : le maître du monde… Sans rire… Vladimir Poutine, actuellement Premier ministre, a donc décidé, sans autre forme de procès, de redevenir président de la Russie, à l’issue d’une prochaine mascarade électorale. Une fonction qu’il a déjà occupée de 2000 à 2008, avant d’y installer son dauphin, Dmitri Medvedev qui, en récompense et toute honte bue, acceptera, comme naguère, de (re)jouer le rôle de Premier ministre. C’était prévisible, dites-vous ? Faudrait-il donc s’habituer à tolérer l’intolérable, au prétexte qu’il était « prévisible » ?

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