Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Tag: Madagascar

Noeud malgache

Andry Rajoelina, qui s’est hissé au sommet de l’Etat malgache en mars dernier, se dit opposé au retour dans la Grande Ile de son prédécesseur Marc Ravalomanana, réfugié en Afrique du Sud depuis sa démission forcée. Une telle décision est de nature à compromettre le processus de réconciliation engagé depuis quelques semaines par toutes les parties du conflit.

Réagissant à cette interdiction de séjour qui lui est ainsi indirectement notifiée, Marc Ravalomanana, qui se considère toujours comme le « président légitime » de Madagascar, qualifie les autorités actuelles de son pays de « bandits conduits par Andry Rajoelina et soutenus par la France ».
Pour lui, pas de doute : « L’objectif des Français est de recoloniser Madagascar et d’asservir le peuple malgache. Leur but est de provoquer une guerre tribale. La France ne voit que ses propres intérêts. » En face, les nouveaux maîtres de Mada épluchent les dossiers de la présidence déchue, et révèlent toutes les turpitudes, assimilables à des crimes économiques commis durant son règne par le « prédateur » Ravalomanana, véritable incarnation du mal absolu. En somme, lorsque ce dernier traite ses adversaires de « bandits », ceux-ci lui objectent que « c’est l’hôpital qui se fout de la charité ».

C’est bien le bilan de l’ex-président, aujourd’hui méticuleusement entrepris par ses tombeurs, qui constitue pour ces derniers le principal argument leur permettant d’espérer renouer avec leurs grands partenaires extérieurs qui, pour l’heure, ont rompu toute forme de coopération avec la Grande Ile.
Eu égard aux positions des uns et des autres, la fin de la mise en quarantaine de Madagascar depuis ce qui, aux yeux de l’opinion internationale s’apparente à un putsch trivial, passera moins par un protocole de réconciliation bien hypothétique, que par une révision de la position de la communauté internationale à l’égard des autorités malgaches du moment. Il ne serait pas indigne de la part des grands partenaires de Mada de reconsidérer leur position pour accompagner la transition en cours, compte tenu des causes qui l’ont suscitée. Il faut réexaminer le dossier malgache à l’aune, essentiellement, de la nature et des ressorts de ce que fut la gestion, génératrice de tous les dangers, du pouvoir par l’ex-président Marc Ravalomanana.

(2 juin 2009)

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Immodestes médiateurs

Originalité, entre autres, de la crise politique qui secoue depuis trois mois l’île de Madagascar : l’extrême discrétion des médiateurs dépêchés sur place par ces estimables institutions que sont l’Union africaine, l’Union européenne, l’Onu, la Banque mondiale etc…

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L’impossible Monsieur Andry Rajoelina

Un chef d’Etat sévèrement discrédité, une population qui lui rappelle qu’une élection ne saurait être un chèque en blanc prétexte à toutes les dérives ; une opposition qui se rappelle qu’il n’existe pas de petits profits en politique et décide d’instrumentaliser la colère populaire pour parvenir à ses fins. Jusque là, tout va bien, pourrait-on dire. Jusqu’au moment où survient le malaise.

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Le terreau de la contestation

Le conflit qui oppose depuis quelques semaines le président malgache Marc Ravalomanana et les partisans d’Andry Rajoelina, le maire destitué d’Antananarivo révèle surtout que le pouvoir a produit lui-même, de manière insensée, le terreau de la contestation.

Par-delà l’affrontement entre deux hommes, c’est bien de la douleur d’un peuple, longtemps contenue, qui explose et se sert, pour s’exprimer, d’un cheval de Troie nommé Andry Rajoelina. Quelles que soient les suites de ces événements, rappelons que l’élection d’un chef d’Etat, aussi légitime soit-il, ne constitue pas un chèque en blanc. Qui plus est, servant à soumettre un peuple à la misère, à transformer un Etat en Conseil d’administration, et un pays en une entreprise aussi privée que lucrative.

(15 février 2009)