Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives Mensuelles: septembre 2014

Notes de rentrée – Par Francis Laloupo

L’Union africaine et le syndrome du Titanic. L’affaire se murmure, et c’est à voix basse que les commentaires sont distillés, partagés, parfois refoulés. Jusqu’ici, depuis l’élection en 2012 de Madame Nkosazana Dlamini-Zuma à la présidence de la Commission de l’UA, nul n’a encore osé, au sein de l’institution, dénoncer publiquement le lent glissement de la Maison de l’Afrique  vers le néant. Pourtant, l’inquiétude est palpable dans les couloirs du siège de l’UA à Addis Abeba, et aussi chez les responsables politiques de divers pays membres effarés par cette « non-présidence ». Même les autorités sud-africaines se font discrètes, à propos de cette présidence, après avoir organisé des années durant, au profit de leur compatriote, la conquête de ce poste symbolisant, à leurs yeux, le leadership sud-africain sur le continent. Et après ? Rien. Après s’être entourée, à la manière d’une administration parallèle, d’une garde rapprochée de fonctionnaires sud-africains, Nkosazana Dlamini-Zuma est devenue la présidente la plus invisible et la plus détachée des dossiers que la Maison de l’Afrique ait jamais connue…

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Tribune Libre : « Reconstruire la Centrafrique » – Par Gervais Douba et Orphée Douaclé*

L’ouragan de violences qui déchire les communautés humaines du berceau des bantous continue d’opposer une farouche résistance à un prisme unique d’analyse. Ceci est loin de constituer une particularité centrafricaine. Dans l’histoire des déchirements de toute communauté humaine, chaque fois qu’il faut « historiser » les origines d’une crise, on soulève la question de la fenêtre d’entrée pertinente. C’est d’ailleurs ce qui caractérise l’Histoire des hommes racontée par les hommes, et surtout lorsque cette histoire est politique et que cette politique n’a aucun référentiel. Ce qui s’est passé à Brazzaville au début de la quinzaine du mois de juillet illustre à merveille ce constat. Les accords de cessez-le-feu de Brazzaville n’étaient que de l’esbroufe dont l’objectif était le partage de postes ministériels dans une patrie factice. Sans verser dans le procès d’intention, il faut bien constater que les milliers de victimes innocentes centrafricaines de la folie meurtrière, les stigmates et autres polytraumatismes qui marqueront de façon indélébile les survivants n’ont pas semblé préoccuper les plénipotentiaires de l’autoproclamation. Ils ont, dans la précipitation, mis en veilleuse leurs antagonismes mortifères, pour mieux accéder au partage du butin.

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