Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives Mensuelles: novembre 2013

France : La tentation de l’ignoble

3501606-marine-le-pen-retour-sur-une-premiere-campagne-presidentielleFaut-il s’inquiéter du climat d’intolérance, de brutalité et de confrontations corporatistes qui s’installe en France ? Assurément, oui. L’affaire n’est pas récente. Lors de son dernier mandat, Jacques Chirac, visité par la grâce, avait tenu à « regarder la France en face », dans une déclaration télévisée, pour signifier son refus de toutes les formes d’intolérance et d’exclusion, et rappeler aux habitants de ce pays que tous, sans exception, étaient « les enfants de la même nation », portés par un destin commun. Le fait de souligner et rappeler ce qui, en d’autres temps, aurait relevé de l’évidence élémentaire, était symptomatique de ce qui allait devenir, durant les années suivantes, le point focal de la vie sociale en France, et que certains ont désigné comme la « question identitaire ». Ainsi, alors même que Jacques Chirac rejetait, avec une remarquable constance, toute concession aux idées traditionnellement promues par le Front national (FN), Nicolas Sarkozy avait opté pour une autre stratégie : intégrer dans le bréviaire de la droite dite « républicaine » – en l’occurrence l’Union pour un mouvement populaire, UMP -, certaines thèses du parti d’extrême-droite. Objectif annoncé : ramener les électeurs de ce mouvement « dans le giron de la République ». On a pu vérifier, par la suite, la pertinence de cette option stratégique : une fulgurante promotion et une inflexible banalisation des idées « basiques » du FN qui, désormais incarnée par Marine Le Pen – la fille de son père – allait, dans le même temps, entreprendre une opération de « dédiabolisation » de son parti.

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L’équation mortifère de Kidal – Dangers silencieux du journalisme

L’assassinat, le 2 novembre, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal vient nous rappeler cruellement, au-delà de l’émotion qu’il suscite, que le journalisme n’est pas un métier comme les autres. Que des journalistes, à travers le monde, sont quotidiennement exposés à diverses formes d’agressions, y compris à la violence fatale. Parce que ce métier procède essentiellement de la vocation, il nous est arrivé à tous d’avancer, avec le danger en face, n’écoutant que cette voix intérieure qui nous rappelle cette obligation, plus forte que tout, de répondre à l’appel de l’événement. Difficile pour le journaliste de contourner ou ignorer cet appel, ou de se soustraire à l’attraction d’une situation porteuse d’enseignements. Porteuse aussi, parfois, de périls. Etre journaliste, c’est s’interdire d’ignorer. Et bien souvent, c’est porté par cette exigence – voir, constater, savoir, puis rapporter – que l’on choisit de regarder le danger en face et, même, de tenter d’en faire un allié…

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