Le blog de Francis Laloupo

Opinions, humeurs et géopolitique

RDC : Une présidentielle entre répression et contestation (France 24)

Gabon : L’insondable contentieux

Au moment où nous publions ces lignes, le contentieux consécutif à l’élection présidentielle du 27 août 2016 demeure entier. Les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle qui devra, dans les prochains jours, trancher à la fois sur le recours introduit par l’opposant Jean Ping, et un « contre-recours » initié par le président sortant, Ali Bongo. Un contentieux post-électoral de plus, diront certains. A ceci près que l’opération « sauvetage » perpétrée in extremis pour donner une « victoire » des plus étriquées au président sortant n’a pas échappé au grand public qui devient de nos jours, grâce notamment aux nouvelles technologies de l’information, un acteur en temps réel de l’Histoire immédiate.

Une seule question donc, au cœur de cet imbroglio gabonais : peut-on proclamer victorieux Ali Bongo avec une avance de quelque 6 000 voix, obtenues par la magie d’un « ajustement électoral » opéré dans la province du Haut-Ogooué, présenté comme un « fief » quasi familial des Bongo ? La chose est d’autant plus improbable que les preuves n’ont cessé de s’accumuler au sujet de ce fric-frac où la maladresse le dispute à la caricature. En réponse à ce qui s’apparente à un flagrant délit, le pouvoir manifestement fragilisé, accuse à son tour son opposant Jean Ping de fraude, voire de complot contre la sûreté nationale. Accusations réciproques de fraude, recours contentieux en cascade, impossible médiation, passage en force risqué pour le pouvoir… Le contentieux post-électoral gabonais offre un cas de figure inédit dans cette région d’Afrique centrale où les braquages électoraux par les régimes en place relèvent pourtant d’une véritable culture politique. Lire la suite

Revoir l’émission Kiosque du 6 mars – TV5 Monde

Urgent Burundi

Etat d’alerte maximum. Aux commandes du pays, en ces jours de tous les dangers : une équipe de paranoïaques, bipolaires, criminels pervers, tortionnaires psychopathes, intendants maquisards, gouvernants amateurs. L’équipe du Nkurunzizaland en piste pour un festival sons et ténèbres d’un massacre intensifié programmé. Les Burundais dans l’attente d’un geste salvateur de la Communauté internationale.

Burundi : Peuple en danger

Le jour se lève sur Bujumbura, et le monde regarde le Burundi tomber. Il ne se passe plus de jour sans que l’on dénombre des assassinats. Assassinats ciblés, dit-on. Festival de crimes auquel s’ajoutent la ronde frénétique des enlèvements et diverses formes de tortures, de brutales intimidations. L’empire de la peur, exactement. Le crime rôde, et les criminels viennent frapper aux portes. Les préposés au crime sont dans la rue. Ici et là… Tout près de chez vous. Hécatombe silencieuse. Le monde n’entend pas les cris sourds des victimes. A l’intérieur de ce factice silence, ceux qui tombent sous les balles de la soldatesque et des escadrons tentent encore d’appeler au secours. Un peuple est pris en otage par une bande de criminels, lancée dans une course infernale vers sa propre ruine. Mais combien comptera-t-on de victimes avant que de voir ces coupe-jarrets parvenir au bout leur nuit ? Au bout de leur équipée insensée ? On le sait désormais : Pierre Nkurunziza et son clan, après avoir fait main basse sur le Burundi au travers d’une élection aussi contestée que dantesque, ont choisi de défier le monde et de brandir leur « bon droit » issu d’une logique corrompue. Emportés dans une fuite en avant, un peu plus convaincus chaque jour de l’impasse vers laquelle ils se sont projetés, ils semblent avoir décidé de mener dans leur pays une guerre de fin du monde. Une guerre contre leur peuple, et, si possible, en entraînant dans leur folie les pays voisins. L’enfer est en eux.

Lire la suite

A revoir – JT Afrique du 23/09/15 – Les médiations africaines – TV5 Monde

Post Scriptum : Face au coup d’Etat perpétré le 16 septembre par le Général Gilbert Diendere et les éléments du RSP, la gestion de la crise par la Cédéao s’était heurtée, dans un premier temps, à une difficulté essentielle : l’incapacité organique de l’organisation régionale  à constater et à prendre en compte la nature révolutionnaire des événements en cours au Burkina Faso depuis un an. Alors que le texte issu de la médiation menée les 19 et 20 septembre par les présidents sénégalais et béninois – Macky Sall et Thomas Boni Yayi – avait été rejeté par l’opinion, le chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou indiquera, avant l’ouverture du sommet d’Abuja (Sommet des chefs d’Etat de la Cédéao du 22 septembre) que « rien ne peut se faire sans l’assentiment du peuple ». On notera ensuite que le texte issu du Sommet d’Abuja se démarquait, sur plusieurs points déterminants, de celui élaboré précédemment à Ouagadougou. La construction et les étapes de la médiation de la Cédéao, dans le contexte burkinabé, auront révélé les limites structurelles et « politiques » des protocoles de médiations classiques de l’organisation régionale. Le cas burkinabé amènera-t-il les experts de la Cédéao à intégrer dans le répertoire des conflits, en vue de les résoudre, les crises politiques « à caractère révolutionnaire » ?
Francis Laloupo