Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Russie-Afrique : Grand malaise

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 17 Février 2026 – https://www.lsi-africa.com/fr/chroniques/russie-afrique-desinformation-reseaux-sociaux.html ]

Enrôlement forcé de jeunes africains dans l’armée russe, traite d’êtres humains, réseaux d’influence équivoques, campagnes effrénées de désinformation, logistique tentaculaire de manipulation des opinions… Face aux pratiques de la Russie sur le continent, l’embarras grandissant des dirigeants africains…

Ce 10 février, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, s’est entretenu au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine, au sujet de la situation des jeunes sud-africains enrôlés de force au sein des unités russes sur le front ukrainien. Aux dernières nouvelles, selon Prétoria, les deux parties se seraient engagées à « finaliser le processus de rapatriement » de ces combattants en détresse. Mais l’affaire est loin d’être résolue, étant donné que les procédures de projection forcée d’éléments africains sur le front ukrainien, sont diligentées par ces mêmes autorités russes. Autrement dit, l’on peut douter qu’un appel téléphonique suffise à mettre fin au scandale des combattants involontaires sud-africains. Difficile aussi d’imaginer que l’échange téléphonique entre Ramaphosa et Poutine amène la Russie à reconnaître sa responsabilité et, par conséquent, l’exigence de réparation des préjudices liés à ces drames humains.

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Niger : Grotesqueries

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 2 Février 2026 – https://www.lsi-africa.com/fr/chroniques/edito-niger-attaque-aes-accusation.html ]

Au cœur de l’actualité en Afrique de l’Ouest, les accusations formulées, le 29 janvier dernier, par le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, visant les présidents béninois, ivoirien et français. Désinvolture, faute politique et diplomatique, ou stratégie du conflit permanent ?

« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir… » Ainsi s’exprimait le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte nigérienne, après l’attaque de l’aéroport de la capitale Niamey, dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier. Repoussée par les forces de défense nigériennes et les éléments russes d’Africa Corps, l’attaque se serait soldée par la mort d’une vingtaine d’assaillants, selon les autorités du Niger. Elle a été revendiquée par l’Etat Islamique, quelques heures après les déclarations hasardeuses du général Tiani, abondamment commentées dans la région et au-delà.

Déliquescence du pouvoir d’Etat

Si l’opinion s’est habituée aux récurrentes imprécations de Tiani contre des ennemis extérieurs et néanmoins imaginaires, le fait de désigner nommément les présidents français, béninois et ivoirien comme les acteurs d’évènements aussi graves ne relève pas de l’ordinaire. Question persistante dans tous les commentaires : le dirigeant d’un Etat peut-il parler ainsi ? Si certains choisissent d’en rire, nombreux sont ceux qui voient dans cette séquence le seuil critique de la déliquescence du pouvoir d’Etat dans un pays où une clique en treillis a, au moyen de fallacieuses justifications, confisqué le pouvoir, en s’obstinant à le conserver indéfiniment. Sans boussole, et sans perspectives pertinentes.

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Niger : Qui peut libérer Mohamed Bazoum ?

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 13 Janvier 2026 – https://www.lsi-africa.com/fr/actualite-africaine/niger-edito-mohamed-bazoum-mahamadou-issoufou.html ]

Qui sont les principaux responsables de la détention arbitraire de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, et à qui profite-t-elle particulièrement ? Questions réactivées à l’heure où se multiplient les initiatives en faveur de la libération du dirigeant renversé par le coup d’Etat du 26 juillet 2023. 

Mohamed Bazoum, en compagnie de son épouse Hadiza, entame sa troisième année de détention, depuis le coup d’Etat qui a porté ses geôliers aux commandes de l’Etat. Une nouvelle campagne de mobilisation en faveur de sa libération, initiée récemment par le « Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum » a recueilli des milliers signatures de personnalités de divers horizons et nationalités. La lettre-pétition du Collectif sollicite une action conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, ou encore de la Cédéao. Elle permet de porter le cas Bazoum dans le champ des enjeux internationaux, et de parer à la sournoise menace de l’oubli. Pour autant, cette initiative, comme bien d’autres, pourrait-elle infléchir la position adoptée par les militaires au pouvoir à Niamey ? Jusqu’ici, ces derniers se sont montrés hermétiques à toutes les tentatives de médiation, aux appels répétés des organisations internationales à la libération du dirigeant séquestré. Ici même, dans les colonnes de LSI Africa, nous avons maintes fois exploré les causes apparentes et souterraines de cette forme de radicalité et de brutalité à l’égard d’un homme à l’encontre duquel la junte militaire n’a jamais su formuler un motif d’incrimination crédible (*).

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Etats-Unis – Vénézuéla : Menace mondiale

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 6 Janvier 2026 – https://t.co/CEMflkbCvG ]

Les réactions se sont multipliées dans le monde après la « capture » par les forces américaines du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro. Alors que cet événement révèle, davantage encore, les dangers inhérents à la doctrine trumpiste, la condamnation sans réserve par plusieurs Etats africains de la « méthode américaine » tranche avec la prudence observée en Europe à l’égard de l’administration Trump.  

L’actualité de ce début d’année aura donc été marquée par ces images de l’autocrate vénézuélien, Nicolas Maduro, menottes aux poignets, entouré de forces de sécurité le conduisant vers ses juges sur le sol américain. Quelques heures plus tôt, dans la nuit du 3 janvier, les éléments de la Delta Force avaient procédé à son enlèvement, ainsi que de son épouse, dans leur demeure de Caracas. Une fois l’opération achevée, Donald Trump s’est félicité sans retenue d’une « action jamais accomplie auparavant » dans l’histoire du monde. C’est l’occasion, pour lui, d’assumer une fois de plus son ineffable doctrine : celle du retour d’un impérialisme décomplexé et du fait colonial, la prééminence du bon droit de son pays sur l’ensemble de l’Amérique du Sud, et sa prétention à agir, selon son seul jugement, sur le sort du monde.

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Russie – Afrique de l’Ouest : Changement de logiciel ?

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 24 Décembre 2025 – https://t.co/yGm2NV8XiE ]

Grand allié des juntes du Sahel, Moscou prône désormais le dialogue et la coopération entre l’AES et la Cédéao. Au nom du « pragmatisme » et du principe de réalité. Simples déclarations ou véritable tournant diplomatique ?

Une surprise russe en cette fin d’année : l’appel de Moscou à « la poursuite d’un dialogue pragmatique et mutuellement bénéfique entre la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des Etats du Sahel (CES/AES), afin de trouver des solutions communes pour contrer les défis et les menaces communs, y compris la lutte contre le terrorisme régional ». Une exhortation formulée à l’issue de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, qui s’est tenue au Caire du 19 au 20 décembre. Très remarqué, le tête-à-tête entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov et le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray. L’occasion pour les deux hommes de rapprocher leurs points de vue à propos des « relations de la Russie avec l’organisation communautaire ouest-africaine et la région sahélo-saharienne ». S’agissant de la diplomatie russe dans cette région, l’objectif est désormais d’associer la Cédéao et l’AES dans un même dispositif organique. Moscou, qui se défie à présent de toute approche dogmatique de la question sécuritaire dans le Sahel, semble se rallier aux vertus du pragmatisme et de l’efficacité…

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Mali : Danse avec le djihad

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 25 Octobre 2025 –  https://t.co/6xGdbO9f1S ]

Après l’instauration d’un régime militaire à durée indéterminée, comment la junte malienne a, malgré elle, créé les conditions de la conquête du territoire par les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans. 

La junte au pouvoir à Bamako, après avoir transformé son putsch en une captation pérenne de l’Etat, est en train de céder le pays, à son corps défendant, à la pire des alternatives : le règne de l’extrémisme violent. Actuellement, l’on ne s’interroge plus sur les capacités du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, à étendre sa loi à la capitale à Bamako. Il le démontre déjà, d’une manière aussi spectaculaire qu’inattendue : le djihad du carburant…

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