Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Tag: Wade

Sénégal – En attendant « l’assaut final »

Tout d’abord, faisons amende honorable, en reconnaissant que nos projections catastrophistes pour la journée d’élection du 26 février dernier, ont été totalement démenties par les citoyens sénégalais qui ont choisi d’écrire l’histoire comme nul n’osait l’espérer. Rares sont les confrères et autres analystes qui, comme nous le faisons ici, auront souscrit à cet acte d’humilité nécessaire, en reconnaissant ce démenti, infligé avec bonheur par les électeurs sénégalais, au scénario projeté. Un scénario néanmoins fondé sur la trame conflictuelle qui s’est développée au Sénégal depuis plusieurs mois…

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Mbalax tragique à Dakar

Durant ces dernières semaines, le président Abdoulaye Wade a sillonné le pays, multiplié des discours que plus personne n’écoute, soucieux de prouver au monde que sa santé défie les lois de la nature, malgré son âge, quatre-vingt cinq ans, officiellement. Celui que nous avons qualifié dans cet espace, il a quelques semaines, de « Mugabe de l’Ouest » conclut sa carrière de politicien professionnel par une campagne électorale hors du temps et du réel. C’est le spectacle aussi surréaliste que burlesque d’un artiste convaincu de sa surhumanité. Ce qui se produit actuellement au Sénégal tient à une seule et terrible réalité : la volonté d’un homme, qui s’est toujours estimé au-dessus du commun, de démontrer jusqu’au bout de sa nuit, que la destinée de son pays est consubstantielle à la sienne. Il y a du pathétique dans cette aventure solitaire : au moment où le quasi-nonagénaire est rappelé aux outrages du temps, son regard, égaré et triste, trahit son refus obstiné de concevoir et projeter, dans son esprit confus, un Sénégal affranchi de son emprise.

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Notes d’Addis Abeba

La capitale éthiopienne – la plus élevée d’Afrique, et la quatrième plus élevée au monde culminant à près de 3000 mètres, où les températures d’un été espiègle sont plus proches d’un printemps frileux d’Europe que d’une saison sèche congolaise –  accueille depuis le 25 janvier, jusqu’au 1er février 2012, le 18e Sommet de l’Union africaine. Il y a un an, ici même, dans les couloirs du bâtiment accueillant la conférence des chefs d’Etat, nous regardions, diffusées en boucle sur les écrans de télévisions, les images de l’insurrection en Egypte… Après la chute, quelques jours plus tôt du régime de Ben Ali en Tunisie, nul n’imaginait alors l’issue de ces événements. Les responsables de l’Union Africaine manifestement tétanisés face à cette brusque accélération de l’histoire dans le Maghreb, incapables d’émettre alors le moindre jugement, nous avaient confié que « l’organisation panafricaine n’avait pas pour habitude de réagir à chaud à ce type d’événement ». Dans ce contexte, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, avait annulé sa visite, à la dernière minute, à ce Sommet, « pour suivre, disait-on, l’évolution de la situation en Tunisie et en Egypte ». L’observateur le plus inspiré n’aurait alors osé avancer que le régime de Kadhafi, était déjà, lui aussi, dans l’œil du cyclone. On connaît la suite de l’histoire… Depuis, après un discret mais salutaire examen de conscience, les instances concernées au sein de l’Union Africaine, ont engagé, comme nous l’appelions ici-même de nos vœux, un travail rigoureux, en vue d’une mise à jour des méthodes d’approche et de gestion des nouvelles crises politiques qui surgissent sur le continent depuis l’année dernière. L’UA, prise dans la bourrasque et la pression aussi imprévue qu’inédite des crises survenues dans le Maghreb, a su faire montre, à l’issue de la guerre en Libye, de sa capacité – que peu d’entre nous soupçonnaient – à opérer, en urgence et sans complaisance à ce nécessaire aggiornamento qui lui permet aujourd’hui de se présenter de nouveau debout, davantage même renforcée dans ses structures et ses ressources diplomatiques. Toutefois, dans les coulisses du siège de l’organisation, chacun reconnaît volontiers que l’organisation aura connu, en 2011, une saison de tous les dangers… Et, aujourd’hui, un nom a totalement disparu des conversations officielles : celui de Mouammar Kadhafi.

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Wade, Dieu et le Sénégal…

Il faut toujours s’inquiéter de voir et entendre un dirigeant politique s’en remettre exclusivement à Dieu pour justifier son pouvoir et tous les actes et projets qui s’y rapportent… En politique, il existe pour les acteurs qui n’ont plus rien à proposer à leurs concitoyens, deux arguments, initiaux ou ultimes : Dieu ou la guerre. Le deuxième peut d’ailleurs se décliner en deux directions : soit la guerre menée contre un ennemi désigné hors du territoire national, soit celle dirigée contre les ennemis de l’intérieur. A savoir tous ceux qui ne se plieraient à la volonté d’un homme convaincu de lui-même que son pouvoir provient, non plus du choix de son peuple, mais d’une volonté qui dépasse la seule œuvre humaine. Dieu est alors au rendez-vous, et la seule pensée du très-grand-président-fondateur « fera désormais force de loi », ainsi que le proclamait jadis feu le maréchal Mobutu Sese Séko dans son Zaïre « authentique » et néanmoins promis au chaos. De la Centrafrique au Sénégal, en passant par le Bénin ou la Côte-d’Ivoire sous l’ère Gbagbo, Dieu se trouve de plus en plus convoqué au sommet de l’Etat, à une époque où les populations ne cessent de s’en remettre aux vertus de la démocratie… Bien entendu, Allah n’est pas obligé…

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Sénégal, Séquence délire

Ça y est. A trois mois de la prochaine présidentielle au Sénégal, la fronde entre le président sortant et l’opposition qui conteste cette candidature – en se référant aux textes de la Constitution – vire à la farce et à l’extravagance. L’étape avant l’incendie ? Dernière folie en date du président Abdoulaye Wade qui semble désormais s’inspirer de son ubuesque voisin de la Gambie : le 21 novembre dernier, il n’a pas hésité, dans le cadre d’un « séminaire », à inviter, à grands frais, une armada de juristes étrangers venus expliquer au bon peuple sénégalais, « la recevabilité » de sa candidature… On pourrait sourire de l’énormité du procédé, si l’on n’atteignait là le comble de l’affliction.

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Le syndrome de l’opposant historique : Wade, Ggagbo, Olympio et les autres…

L’Afrique postindépendance a produit un homo politicus d’un genre particulier : l’opposant historique. C’est une variété spécifiquement africaine, et que le monde entier pourrait envier au continent. Il est d’ailleurs étonnant que, dans les études de sciences politiques, l’on n’ait pas encore songé à inclure un chapitre sur ce spécimen qui, pourtant, depuis cinquante ans, a joué sa partition, aussi constante que nécessaire, dans la conflictualité politique en Afrique. C’est là une lacune d’autant plus fâcheuse qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition.

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