Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives Mensuelles: octobre 2015

Burundi : Peuple en danger

Le jour se lève sur Bujumbura, et le monde regarde le Burundi tomber. Il ne se passe plus de jour sans que l’on dénombre des assassinats. Assassinats ciblés, dit-on. Festival de crimes auquel s’ajoutent la ronde frénétique des enlèvements et diverses formes de tortures, de brutales intimidations. L’empire de la peur, exactement. Le crime rôde, et les criminels viennent frapper aux portes. Les préposés au crime sont dans la rue. Ici et là… Tout près de chez vous. Hécatombe silencieuse. Le monde n’entend pas les cris sourds des victimes. A l’intérieur de ce factice silence, ceux qui tombent sous les balles de la soldatesque et des escadrons tentent encore d’appeler au secours. Un peuple est pris en otage par une bande de criminels, lancée dans une course infernale vers sa propre ruine. Mais combien comptera-t-on de victimes avant que de voir ces coupe-jarrets parvenir au bout leur nuit ? Au bout de leur équipée insensée ? On le sait désormais : Pierre Nkurunziza et son clan, après avoir fait main basse sur le Burundi au travers d’une élection aussi contestée que dantesque, ont choisi de défier le monde et de brandir leur « bon droit » issu d’une logique corrompue. Emportés dans une fuite en avant, un peu plus convaincus chaque jour de l’impasse vers laquelle ils se sont projetés, ils semblent avoir décidé de mener dans leur pays une guerre de fin du monde. Une guerre contre leur peuple, et, si possible, en entraînant dans leur folie les pays voisins. L’enfer est en eux.

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A revoir – JT Afrique du 23/09/15 – Les médiations africaines – TV5 Monde

Post Scriptum : Face au coup d’Etat perpétré le 16 septembre par le Général Gilbert Diendere et les éléments du RSP, la gestion de la crise par la Cédéao s’était heurtée, dans un premier temps, à une difficulté essentielle : l’incapacité organique de l’organisation régionale  à constater et à prendre en compte la nature révolutionnaire des événements en cours au Burkina Faso depuis un an. Alors que le texte issu de la médiation menée les 19 et 20 septembre par les présidents sénégalais et béninois – Macky Sall et Thomas Boni Yayi – avait été rejeté par l’opinion, le chef de l’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou indiquera, avant l’ouverture du sommet d’Abuja (Sommet des chefs d’Etat de la Cédéao du 22 septembre) que « rien ne peut se faire sans l’assentiment du peuple ». On notera ensuite que le texte issu du Sommet d’Abuja se démarquait, sur plusieurs points déterminants, de celui élaboré précédemment à Ouagadougou. La construction et les étapes de la médiation de la Cédéao, dans le contexte burkinabé, auront révélé les limites structurelles et « politiques » des protocoles de médiations classiques de l’organisation régionale. Le cas burkinabé amènera-t-il les experts de la Cédéao à intégrer dans le répertoire des conflits, en vue de les résoudre, les crises politiques « à caractère révolutionnaire » ?
Francis Laloupo