Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Catégorie: Humeurs en stock

Président à tout faire

Scène surréaliste à la télévision guinéenne, au cours de la semaine du 23 février : le capitaine Moussa Dadis Camara, président autoproclamé depuis fin décembre, interrogeant lui-même des narcotrafiquants présumés.

Sous le tir nourri de ses questions, certains passent aux aveux sans autre forme de procès. C’est le cas notamment de Ousmane Conté, l’un des  fils du défunt président Lansana Conté. Moussa Dadis Camara, putschiste et fier de l’être, voudrait tout à la fois – durant une période de transition d’un an –  combattre la corruption, redresser l’économie, réorganiser l’espace politique, inventer des lendemains enchanteurs pour ses concitoyens. Le voilà policier, procureur, justicier, chasseur de narcotrafiquants, et peut-être bientôt tortionnaire… pour la bonne cause. En Guinée, si le ridicule en politique ne tue plus depuis longtemps, Moussa Dadis Camara est à lui seul le « livre d’or » du degré zéro de la politique.

(2 mars 2009)

Paix armée

Les médiateurs de la crise zimbabwéenne aimeraient tant consacrer l’idée d’un « gouvernement d’union ». Mais il faut reconnaître lucidement que le nouvel exécutif issu des négociations est bien un gouvernement de « cohabitation » entre deux conceptions de la politique, deux cultures de gouvernement radicalement opposées.

Robert Mugabe est un « guerrier » qui jamais ne capitule, et sa cohabitation avec le Premier ministre Morgan Tsvangirai est un nouvel épisode de « sa » guerre sans fin. Pour la communauté internationale, l’urgence est d’aider – financièrement – le nouveau Premier ministre à mener à bien le redressement du pays. Mais Mugabe qui se dit « propriétaire du Zimbabwe » supportera-t-il longtemps ce locataire tant détesté ? Au Zimbabwe, comme naguère dans la Chine de Mao, il faut craindre qu’« il ne peut y avoir deux tigres sur la même colline », comme l’affirmait Deng Xiaoping…

(22 février 2009)

Le terreau de la contestation

Le conflit qui oppose depuis quelques semaines le président malgache Marc Ravalomanana et les partisans d’Andry Rajoelina, le maire destitué d’Antananarivo révèle surtout que le pouvoir a produit lui-même, de manière insensée, le terreau de la contestation.

Par-delà l’affrontement entre deux hommes, c’est bien de la douleur d’un peuple, longtemps contenue, qui explose et se sert, pour s’exprimer, d’un cheval de Troie nommé Andry Rajoelina. Quelles que soient les suites de ces événements, rappelons que l’élection d’un chef d’Etat, aussi légitime soit-il, ne constitue pas un chèque en blanc. Qui plus est, servant à soumettre un peuple à la misère, à transformer un Etat en Conseil d’administration, et un pays en une entreprise aussi privée que lucrative.

(15 février 2009)

PAF (Parti Autiste Français)

Misère et chagrin… À l’heure où nous écrivons ces lignes, le Parti socialiste français tient congrès pour choisir son nouveau dirigeant.

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G20, folle croisière

Le monde serait-il devenu fou? Depuis des semaines, à travers discours politiques, analyses d’experts, éditoriaux de presse, débats en tous genres, l’on tente de cerner les causes et conséquences de la crise financière qui a fait sauter les banques et les certitudes brandies depuis des années sur les mécanismes consacrés de l’économie mondiale, sous le sceau du libéralisme triomphant.

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Délire assassin (RDC bis)

L’est de la République démocratique du Congo, encore… Le drame qui se déroule dans cette partie de l’Afrique a un visage: celui d’un dénommé Laurent NKunda, arborant ses galons de général d’armée, leader du ténébreux Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une bande de malfrats et coupe-jarrets.

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