Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Révolutions arabes, obsessions occidentales

Face aux événements qui se déroulent en Tunisie et en Égypte, deux obsessions ont surgi dans le débat politique et intellectuel en France. D’abord, « la peur de l’islamisme », invoquée à longueur de débats et dans les colonnes des journaux ; ensuite, la volonté « d’aider et accompagner » ces révolutions en cours dans le monde arabe.

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Le mur de Ben Ali

J’ai entendu quelques commentateurs avancer que la chute de Ben Ali en Tunisie agissait, pour les peuples arabes, comme la chute du Mur de Berlin ailleurs… Pourquoi pas ?… Cela m’amène à faire un point sur le fameux « effet domino » dont on parle sur toutes les ondes françaises. Un « effet domino » que pourrait produire la révolution tunisienne en Afrique et dans le monde arabe. Tout d’abord, l’observation et l’expérience des événements politiques nous ont appris qu’il n’existe pas de reproduction mécanique ou mimétique des faits en des lieux géographiques différents. Et ce, même si l’on observe des effets d’entraînement ou des mécanismes de déclenchement similaires… On l’a vu en Afrique subsaharienne. L’on avait cru à tort, avec le fameux « vent de l’Est » à la fin des années 80, que le processus de démocratisation allait produire les mêmes résultats sur l’ensemble de cette région, comme une onde de choc, dans un parcours logique et linéaire. Vingt ans après, le bilan montre l’extrême disparité des situations, due, principalement, à l’histoire politique spécifique et aux nuances territoriales et culturelles des différents pays.

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Zaïre, Rwanda, Bénin, Tunisie, etc.

Ces rendez-vous manqués de la diplomatie française en Afrique

Fin des années 80, un tournant, certainement en Afrique subsaharienne. Troisième époque postcoloniale, après la proclamation de l’indépendance, suivie quelques petites années plus tard de l’implication de cette partie du monde dans la Guerre froide. Dans cette troisième époque de l’histoire postcoloniale, nous avons pu observer à quel point la France, ancienne puissance coloniale, a raté, à répétition, le train de l’Histoire dans ses « zones d’influence ». Tout au long de ces vingt dernières années, elle aura fait l’affligeante démonstration d’une incapacité – impréparation ?  – à accepter les mutations en cours dans ces pays auxquels elle est restée liée. Un refus obstiné d’accompagner le cours de cette histoire sans la réduire à sa lecture propre des événements, sans la ramener à son seul champ de vision. A force, cette France officielle s’est figée au bord du chemin, regardant passer le train de l’Histoire, parfois comme un acteur occasionnel et malhabile, toujours emmurée dans son désir de «stabilité » – d’immobilisme – quitte à avancer les yeux rivés sur le rétroviseur de sa propre histoire, ou de l’idée qu’elle s’en fait…

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Tunisie post-dictature

Les commentateurs le soulignent et le répètent : la chute d’un autocrate, bouté hors du palais par le peuple, est une première dans le monde arabe. Mais, on le voit, là comme ailleurs, la Révolution de Jasmin reste, à ce jour, un processus inachevé. Après le départ de Ben Ali, les Tunisiens ont révélé une nouvelle phase de leur révolution : plus réalistes que jamais, ils demandent « l’impossible », à savoir l’instauration de la démocratie. Et, pour cela, ils affirment, à coups de manifestations, qu’ils ne sauraient compter sur ceux qui, imprégnés, parfois à leur corps défendant, de la culture du régime déchu, leur promettent aujourd’hui la rupture avec un système qu’ils servaient encore quelques jours plus tôt…

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Tunisie : Une révolte

J’avais projeté d’écrire ce court texte au début de la semaine, en complément de ma précédente contribution sur la crise tunisienne. Je fais amende honorable : j’avais ensuite reporté ce geste. Dès la publication du texte « La fin des silences », j’avais réalisé, au vu de l’accélération des événements et de leur mutation que, du point de vue analytique, il me fallait préciser la nature des troubles. Dans ce précédent texte, j’avais parlé de « manifestations », d’ « émeutes », et aussi mis l’accent sur la colère des foules. Or, dès que celui-ci a été publié, les troubles se sont transformés en un conflit de moyenne intensité, ayant grimpé d’un cran, eu égard aux nouvelles revendications clairement formulées.

Ce qui se présentait, au départ, comme la réclamation d’une amélioration des conditions matérielles de l’existence, s’est transformé en une revendication politique, une dénonciation, non plus masquée ou suggérée, du système Ben Ali. De fait, une nouvelle séquence de la crise s’est révélée, jusque-là encore, indiscernable. Il fallait bien prendre acte de la réalité des faits : plutôt que des manifestations, ce qui se déroulait là était bien une révolte. Simplement, intensément, irrésistiblement. Une révolte, exactement. Un soulèvement populaire. Une insurrection. Donc, forcément légitime.

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Côte d’Ivoire : Interview d’Alassane Ouattara par Francis Laloupo

Le 11 janvier dernier, Francis Laloupo a interviewé Alassane Ouattara, dans Le Grand Débat, sur la radio Africa n°1.

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