Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Tag: Transitions

Burkina Faso : L’escalade totalitaire

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 26 Juillet 2026 – Burkina Faso : L’escalade totalitaire]

Après la dénonciation d’ennemis extérieurs, voici venu le temps de la fabrique de ceux de l’intérieur. Au cœur de cette étape, la nationalisation du religieux par le politique et la mise sous haute surveillance de la liberté de culte. Les aléas du « souverainisme », selon le capitaine Ibrahim Traoré…

C’est bien connu, les putschistes voient des ennemis partout. Et même quand ils n’en trouvent pas, ils en inventent, avec un mélange d’obstination et d’exaltation. A bien observer le capitaine Ibrahim Traoré, président de l’incertaine transition au Burkina Faso, on peut déceler dans son regard cette fièvre qui traduit une crainte obsessionnelle de se voir déposséder du pouvoir conquis par les armes. Membre de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), il s’est appliqué, bien plus que ses deux alliés du Niger et du Mali, à « conceptualiser » son œuvre de captation de l’Etat. Il a fait des réseaux sociaux son royaume où il peut, sans retenue, étaler ses œuvres fictives et sa fantasmagorie « révolutionnaire ». Entre narcissisme et vanité.

Lire la suite

Madagascar : Sous le signe de la Russie

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 30 Mai 2026 – Madagascar : Sous le signe de la Russie ]

Livraisons massives d’équipements et de dispositifs militaires par la Russie, opérations médiatiques de « russification » de Madagascar, importation des pratiques électorales de Moscou, marginalisation et répression du mouvement de la Gen Z… Huit mois après le putsch du colonel Michaël Randrianirina, le « gouvernement de la refondation » déploie son projet avec l’aval du partenaire russe. A quelles fins ?

Avec une remarquable tranquillité, la Russie étend ses quartiers à Madagascar. Au nom des accords discrètement conclus avec la junte qui s’est opportunément portée au pouvoir en octobre 2025, suite aux manifestations d’une jeunesse aux mille frustrations. Après la fuite vers l’exil du dirigeant déchu, Andry Rajoelina, le colonel Michaël Randrianirina autopromu « président de la refondation » s’est présenté comme l’artisan de la rupture avec les pratiques décriées des régimes précédents, en promettant les réponses attendues à une considérable demande sociale. Ayant choisi d’incarner une « diplomatie de l’équilibre », il s’est rendu successivement auprès de ses homologues à Moscou, puis à Paris en février dernier, dans le cadre d’une « visite de travail ».  Mais, manifestement, la fameuse diplomatie de l’équilibre n’a pas résisté à l’offensive de la Russie qui, depuis 2018, n’a cessé de pousser ses pions sur l’échiquier de la politique malgache. Une entreprise de pénétration graduelle, au moyen notamment de campagnes informationnelles calibrées, diffusées à bas bruit. Une stratégie d’influence médiatique déjà déployée sous d’autres cieux en Afrique, et destinée à servir son agenda exclusif sur la Grande Île.

Lire la suite

Mali : L’hypothèse du JNIM

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 19 Mai 2026 – Mali : L’hypothèse du JNIM ]

Face au désarroi et l’obstination du pouvoir militaire, et la promesse de la charia des djihadistes conquérants, l’impossible choix des Maliens. Anatomie d’une impasse politique…

Réapparu trois jours après les attaques coordonnées, le 25 avril dernier, du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM / JNIM affilié à Al-Qaida), et du Front de libération de l’Azawad (FLA, rébellion indépendantiste), le chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta, n’avait pas cru nécessaire d’informer la population sur les raisons de sa « disparition » momentanée. Dans son discours prononcée le 29 avril, il a martelé que « la situation est maîtrisée », alors même que le FLA a repris ses quartiers dans la ville de Kidal et que le JNIM a entrepris un blocus de Bamako. Assimi Goïta a choisi le registre de l’incantation pour affirmer que son gouvernement dispose des moyens militaires nécessaires pour infliger une défaite prochaine aux groupes armés non étatiques. Sans jamais expliquer pourquoi, six ans après son coup d’Etat, son système en est réduit à une posture défensive face à ces entités hostiles qui imposent leur chronogramme à l’armée nationale et au pays tout entier. Alors que le rapport de force militaire semble basculer en faveur de ces groupes armés, bon nombre de Maliens n’hésitent plus à envisager la fatalité d’une conquête du pouvoir d’Etat par le JNIM et ses alliés. La logique du pire…

Lire la suite