Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives Mensuelles: août 2026

Algérie – Mali : Réconciliation sous contrainte

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 30 Août 2026 – Algérie – Mali : Réconciliation sous contrainte Par Francis Laloupo ]

Contre toute attente, les responsables maliens et algériens se sont retrouvés le 24 août dernier pour mettre un terme à deux ans de tensions diplomatiques. Une séquence de realpolitik… en attendant l’examen des causes de la querelle et les véritables moyens d’en sortir. 

Ne jamais insulter l’avenir… La délégation malienne, conduite par le Premier ministre Abdoulaye Maïga, avait-elle en tête cette vérité initiatique en se rendant à Alger, le 24 août dernier, pour une cérémonie de réconciliation avec les dirigeants de ce pays voisin ? Comment ne pas se souvenir des saillies extraordinaires d’Abdoulaye Maïga, alors porte-parole du gouvernement malien, lors de la 79ème Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2024 ? Dans un invraisemblable discours, il avait alors accusé Alger de complicité avec les mouvements rebelles dans le Nord du Mali et qualifié le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Onu, Amar Bendjama, d’« énergumènes diplomatiques ». Désignant plus précisément ce dernier, il avait estimé que « son rôle d’estafette désorientée (sic) ne contribue guère à la promotion des relations de bon voisinage ». Le fébrile orateur malien avait signifié, sans le moindre souci de la nuance, que « pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité ». Puis, à la manière d’un harangueur de foule, prononcé cette formule conclusive devenue sa marque distinctive : « A bon entendeur, tant pis ! »

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Burkina Faso : L’escalade totalitaire

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 26 Juillet 2026 – Burkina Faso : L’escalade totalitaire]

Après la dénonciation d’ennemis extérieurs, voici venu le temps de la fabrique de ceux de l’intérieur. Au cœur de cette étape, la nationalisation du religieux par le politique et la mise sous haute surveillance de la liberté de culte. Les aléas du « souverainisme », selon le capitaine Ibrahim Traoré…

C’est bien connu, les putschistes voient des ennemis partout. Et même quand ils n’en trouvent pas, ils en inventent, avec un mélange d’obstination et d’exaltation. A bien observer le capitaine Ibrahim Traoré, président de l’incertaine transition au Burkina Faso, on peut déceler dans son regard cette fièvre qui traduit une crainte obsessionnelle de se voir déposséder du pouvoir conquis par les armes. Membre de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), il s’est appliqué, bien plus que ses deux alliés du Niger et du Mali, à « conceptualiser » son œuvre de captation de l’Etat. Il a fait des réseaux sociaux son royaume où il peut, sans retenue, étaler ses œuvres fictives et sa fantasmagorie « révolutionnaire ». Entre narcissisme et vanité.

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Centrafrique : Wagnerland…

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 13 Juillet 2026 – Centrafrique : Wagnerland… ]

Des citoyens sommairement exécutés puis décapités par des éléments de Wagner. L’opposition et la société civile qui réclament, en pure perte, le retrait des mercenaires détenteurs d’un permis de tuer validé par le pouvoir centrafricain. Dernières nouvelles de la capitale de la terreur wagnérienne…

Ce 8 juillet, l’une des pires manifestations de l’horreur s’est invitée, une fois de plus, dans le quotidien des habitants de la République centrafricaine à travers des vidéos abondamment relayées sur les réseaux sociaux. La scène s’est déroulée à l’intérieur du pays au cours de cette première semaine de juillet. Pris dans un guet-apens tendu par des mercenaires de Wagner, des hommes ont été méthodiquement abattus, puis décapités. Séparées du reste des corps qui jonchent le sol, les têtes ont été posées et alignées sur un tapis à même le sol, à la manière d’une macabre exposition. Les hommes de Wagner sont assistés dans cette besogne par des « supplétifs » africains de différentes nationalités, surnommés « Russes noirs » par les Centrafricains… Les acteurs du massacre se sont appliqués à filmer la scène, en agrémentant l’exercice de    leurs bruyants commentaires. Sur les vidéos, l’on peut entendre distinctement le chef de la milice Wagner énoncer les termes de l’horreur : « Vous ne voulez pas la paix ? C’est maintenant. Égorgez chaque personne ! » Insupportable exhibition de l’abomination, les images ne manquent pas de rappeler les pires œuvres de groupes djihadistes dont la réputation fut, au cours des dernières années, alimentée et soutenue par la mise en scène des cruautés infligées à leurs otages.

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AES-CEDEAO : Diplomaties d’urgence

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 25 Juin 2026 – AES-CEDEAO : Diplomaties d’urgence Par Francis Laloupo ]

Au cœur des initiatives diplomatiques visant à « normaliser » les relations entre les pays de la Cédéao et ceux de l’AES, l’urgence sécuritaire et les enjeux économiques communs. Retour à une diplomatie du réalisme et du pragmatisme en Afrique de l’Ouest.

Depuis quelques semaines, les initiatives se multiplient en Afrique de l’Ouest pour rétablir des passerelles de dialogue ou de concertations entre les pays membres de la Cédéao et ceux de l’Alliance des Etats du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger). Au cœur de ces subtiles démarches, la question sécuritaire, et la nécessité de mettre en place des politiques communes permettant, autant que faire se peut, une harmonisation des actions, en attendant d’aboutir à la sacro-sainte mutualisation des moyens. Afin de donner toutes ses chances à cette diplomatie d’urgence, les acteurs impliqués sont amenés à observer quelques tacites exigences, à savoir : contourner le contentieux du retrait des trois pays de l’AES de la Cédéao ; occulter les rancœurs générées par les campagnes de communication hostiles des régimes de l’AES à l’encontre de certains pays de la région ; dépasser les conséquences des restructurations géopolitiques dans le Sahel, qui ont, entre autres effets, instauré un climat de « guerre froide » entre les deux entités AES et Cédéao. En somme, il s’agit de taire les rancunes, dépasser les tensions et les manifestations d’orgueil inappropriées, afin de faire face aux enjeux communs de l’heure.

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Niger / AES : L’ivresse de l’arbitraire

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 13 Juin 2026 – Niger / AES : L’ivresse de l’arbitraire ]

Le mot « démocratie » étant banni dans les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), Mayra Djibrine, présidente de l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS) a été « provisoirement » déchue de sa nationalité nigérienne. Une décision qui intervient dans un contexte marqué par la radicalisation et une fuite en avant des régimes militaires de la région.

Ce 11 juin, le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, a signé un décret portant « déchéance provisoire » de la nationalité de Mariama Djibrine alias Mayra, présidente de l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS). Cette plateforme, inaugurée en avril dernier à Bruxelles, regroupe des personnalités politiques et des acteurs de la société civile originaires des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES – Mali, Burkina Faso, Niger) résidant ou en exil à l’étranger. La sentence prononcée contre Mayra Djibrine survient donc moins de trois mois après le lancement de l’ADS, dont l’objet est de « promouvoir un Sahel libre, démocratique et respectueux de la dignité humaine à travers l’éducation, l’engagement citoyen, la solidarité et la culture ». Manifestement, l’initiative n’est pas du goût de la junte de Niamey, qui l’accuse hardiment de « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public, incitation à la révolte et intelligence avec une puissance étrangère ».

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Madagascar : Sous le signe de la Russie

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 30 Mai 2026 – Madagascar : Sous le signe de la Russie ]

Livraisons massives d’équipements et de dispositifs militaires par la Russie, opérations médiatiques de « russification » de Madagascar, importation des pratiques électorales de Moscou, marginalisation et répression du mouvement de la Gen Z… Huit mois après le putsch du colonel Michaël Randrianirina, le « gouvernement de la refondation » déploie son projet avec l’aval du partenaire russe. A quelles fins ?

Avec une remarquable tranquillité, la Russie étend ses quartiers à Madagascar. Au nom des accords discrètement conclus avec la junte qui s’est opportunément portée au pouvoir en octobre 2025, suite aux manifestations d’une jeunesse aux mille frustrations. Après la fuite vers l’exil du dirigeant déchu, Andry Rajoelina, le colonel Michaël Randrianirina autopromu « président de la refondation » s’est présenté comme l’artisan de la rupture avec les pratiques décriées des régimes précédents, en promettant les réponses attendues à une considérable demande sociale. Ayant choisi d’incarner une « diplomatie de l’équilibre », il s’est rendu successivement auprès de ses homologues à Moscou, puis à Paris en février dernier, dans le cadre d’une « visite de travail ».  Mais, manifestement, la fameuse diplomatie de l’équilibre n’a pas résisté à l’offensive de la Russie qui, depuis 2018, n’a cessé de pousser ses pions sur l’échiquier de la politique malgache. Une entreprise de pénétration graduelle, au moyen notamment de campagnes informationnelles calibrées, diffusées à bas bruit. Une stratégie d’influence médiatique déjà déployée sous d’autres cieux en Afrique, et destinée à servir son agenda exclusif sur la Grande Île.

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