Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Tag: Nicolas Sarkozy

Embarras malien

Le 25 février dernier, les autorités maliennes remettaient, en mains propres, au président français Nicolas Sarkozy, l’otage Pierre Camatte, kidnappé le 26 novembre 2009 par le mouvement Al Qaïda au Maghreb islamique, et présenté par les médias de l’Hexagone comme un espion déguisé en travailleur humanitaire.

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Sarko fever

Le président français n’est pas seulement un homme pressé. Ceux qui, au début de son mandat, le nommaient « Speedy Sarko », en sont désormais à s’inquiéter de cette fièvre étrange qui semble l’habiter. A l’Elysée, pour donner un « sens original » aux récents déplacements présidentiels, on a inventé le concept de « voyages historiques ». Las, cet expédient a très tôt volé en éclats, anéanti par le principal exécutant dont le style, le tempérament et l’humeur ne peuvent être soumis à une partition conventionnelle.

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Mariage franco-tchadien

Le rapport du ministère français de la Défense sur les exportations d’armements en 2008, rendu public il y a quelques jours, indique que le Tchad est l’un des meilleurs clients de l’Hexagone. Mieux, en 2008, les ventes d’équipement militaire français au Tchad ont progressé de 50%. Montant estimé de ces recettes : 13 millions d’euros. Pas mal, pour un pays délabré, où la quasi-totalité de la population est confrontée depuis près de deux décennies à toutes les déclinaisons imaginables de la misère et du dénuement.

Le cynisme le dispute à l’extravagance lorsque l’on sait que cette montée de la courbe des ventes d’armes françaises au régime de N’djamena coïncide avec l’appui apporté par Paris à l’armée gouvernementale tchadienne lors des affrontements entre cette dernière et les troupes rebelles en février 2008. A l’époque, ce soutien de Paris à un régime classé parmi les plus infréquentables de la planète, avait ému ceux qui s’échinaient encore à rechercher une cohérence entre la « rupture » prônée par le nouveau locataire de l’Elysée et la permanence ainsi démontrée d’une politique française en Afrique aux allures crépusculaires. La réponse est définitivement apportée par ces chiffres qui révèlent à souhait que pendant la « rupture », les bonnes affaires continuent en Afrique, ce dernier Far-West des temps modernes.
De plus, il faut noter qu’en acceptant de livrer, sans compter, des armes de diverses catégories à ce pays, Paris se détourne sans le moindre scrupule du « code conduite » adopté en décembre dernier par les 27 pays de l’Union européenne, qui se sont engagés à « ne plus vendre d’armes dont l’usage pourrait participer à de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, ou porter atteinte au développement économique ». Et point n’est besoin de diligenter des enquêtes sophistiquées pour reconnaître que le pouvoir du président Idriss Déby Itno est le pire ennemi de son propre peuple.
Mais il ne faudrait pas pour autant espérer que, dans ce contexte, les instances européennes émettent une condamnation à l’encontre de la France. La diplomatie de l’ombre continue d’admettre que ce territoire tchadien relève d’une diplomatie « privative » de Paris. Une manière de dérogation en somme, qui autorise les dirigeants français à maintenir leur soutien à Idriss Déby Itno qui assure à qui veut l’entendre que la France sera toujours à ses côtés. Au mépris de la volonté des citoyens tchadiens. Vous avez dit « rupture » ? Quelle rupture ?

 (15 octobre 2009)

Paris-Abidjan : regain de tension

Le 16 juin dernier à Libreville, le président français Nicolas Sarkozy a manifestement choisi de se départir de toute précaution oratoire et toute forme de prudence diplomatique pour accuser vertement son homologue ivoirien Laurent Gbagbo de « promesses électorales fallacieuses », relevant dans la foulée que ce dernier « se maintient au pouvoir sans élections depuis 2005 ». Sarkozy aurait-il manqué une occasion de se taire ? Pas si sûr.

Le message ainsi envoyé s’inscrit dans un nouveau contexte de tension entre Paris et Abidjan, depuis qu’un émissaire de Laurent Gbagbo a laissé entendre aux autorités françaises que l’élection présidentielle ivoirienne prévue pour le 29 novembre prochain pourrait ne pas avoir lieu, « pour des raisons techniques ». Ce qui a provoqué l’ire de Paris qui mise fortement sur ce « tournant » électoral pour « un nouveau départ » avec la Côte d’Ivoire, en rupture avec les errements passés du régime de Jacques Chirac dans le contexte de la crise ivoirienne.
Cette sortie de Nicolas Sarkozy constitue la marque d’une défiance officielle de Paris à l’égard d’Abidjan, alors même que Laurent Gbagbo déclarait récemment sur une chaîne de télévision française : « Je dors mieux depuis que Jacques Chirac n’est plus à l’Elysée ». Et de souligner l’excellence des relations entre lui et l’actuel chef de l’Etat français. Notons cependant que si tout séparait Gbagbo et Chirac, le numéro un ivoirien a ceci de commun avec Sarkozy que les deux ne s’embarrassent pas de subtilités oratoires pour énoncer leurs sentiments. Si les appréciations publiques de Sarkozy jettent la suspicion sur une élection considérée comme celle « de tous les espoirs » par les Ivoiriens, le double langage que l’on prête volontiers à Gbagbo n’aide pas à lui donner le Bon Dieu sans confession. Contre toute attente, voici donc un nouveau chapitre de la crise franco-ivoirienne sous l’ère Sarkozy.

(24 juin 2009)

Escales sarkoziennes

Un mot sur le récent périple africain du président français, Nicolas Sarkozy. Trois pays visités et des milliers de kilomètres parcourus en deux jours : une demi-journée en RD Congo le 26 mars, soirée et coucher au Congo Brazzaville le même jour, et quelques heures le lendemain au Niger. On annonçait un voyage « diplomatique » ; l’affaire se réduit à la confirmation, au pas de charge, de contrats d’uranium avec un clin d’œil appuyé au pétrole.

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Sarkozy Académie

Une actualité à laquelle vous n’avez pu échapper : le 26 juillet dernier, Henri Guaino, conseiller spécial du président français Nicolas Sarkozy, sous l’empire d’un besoin irrépressible de « communication », avait fait une pesante sortie dans la presse – dans le quotidien Le Monde  et sur les ondes de Radio France Internationale – pour se livrer à une explication de texte du discours à tout le moins controversé prononcé un an plus tôt par le chef de l’Etat français à Dakar.

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