Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Mali : L’hypothèse du JNIM

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 19 Mai 2026 – Mali : L’hypothèse du JNIM ]

Face au désarroi et l’obstination du pouvoir militaire, et la promesse de la charia des djihadistes conquérants, l’impossible choix des Maliens. Anatomie d’une impasse politique…

Réapparu trois jours après les attaques coordonnées, le 25 avril dernier, du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM / JNIM affilié à Al-Qaida), et du Front de libération de l’Azawad (FLA, rébellion indépendantiste), le chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta, n’avait pas cru nécessaire d’informer la population sur les raisons de sa « disparition » momentanée. Dans son discours prononcée le 29 avril, il a martelé que « la situation est maîtrisée », alors même que le FLA a repris ses quartiers dans la ville de Kidal et que le JNIM a entrepris un blocus de Bamako. Assimi Goïta a choisi le registre de l’incantation pour affirmer que son gouvernement dispose des moyens militaires nécessaires pour infliger une défaite prochaine aux groupes armés non étatiques. Sans jamais expliquer pourquoi, six ans après son coup d’Etat, son système en est réduit à une posture défensive face à ces entités hostiles qui imposent leur chronogramme à l’armée nationale et au pays tout entier. Alors que le rapport de force militaire semble basculer en faveur de ces groupes armés, bon nombre de Maliens n’hésitent plus à envisager la fatalité d’une conquête du pouvoir d’Etat par le JNIM et ses alliés. La logique du pire…

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Mali / Sahel : Catastrophe annoncée

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 28 Avril 2026 – https://www.lsi-africa.com/fr/chroniques/edito-mali-mali-sahel-catastrophe-annoncee.html ]

Face à l’offensive des djihadistes du JNIM et des indépendantistes du FLA au Mali, l’urgence d’une vigilance commune de l’ensemble des Etats d’Afrique de l’Ouest pour résoudre l’équation sécuritaire.

Au cours des journées du 25 et 26 avril, le Mali a subi une offensive inédite de deux groupes armés non étatiques. Une attaque simultanée et coordonnée contre plusieurs localités du pays, perpétrée par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM / JNIM) et les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les deux entités ont conclu une alliance tactique et stratégique, avec des buts spécifiques. La démonstration de force de ces mouvements face à un Etat impréparé à un tel schéma d’agression, a permis au FLA de récupérer la ville de Kidal, faisant de cette « victoire » symbolique un moment politique majeur. En reprenant le contrôle de cette localité, les rebelles touaregs du FLA ont, sur la base d’un « accord » aux contours indéfinis, contraint les éléments russes de l’Africa Corps – ex Wagner – à se retirer de Kidal. Une cuisante démonstration de la déroute de ces alliés de l’armée malienne qui, en novembre 2023, avaient hissé le drapeau de la société Wagner au centre de Kidal, afin d’imposer leur signature dans cette séquence. Ce 26 avril, les images du retrait des soldats russes de cette ville marquaient lourdement les limites et peut-être l’épilogue de la coopération sécuritaire entre la junte malienne et le Kremlin. Tragiques images d’une alliance hypothétique, sulfureuse et particulièrement infructueuse pour la collectivité malienne.

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Burkina Faso : Le goût de la dissolution

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 22 Avril 2026 – Burkina Faso : Le goût de la dissolution Par Francis Laloupo ]

Après la dissolution des partis politiques, celle d’une centaine d’associations renseigne, un peu plus encore, sur le projet d’un pouvoir absolu, au nom d’une « révolution » prônée par un régime sans élection. Le monde selon le capitaine IB… 

Le 15 avril dernier au Burkina Faso, c’est le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité qui a été chargé d’annoncer la dissolution de 118 organisations non gouvernementales (ONG) et autres associations, dont les activités sont dorénavant interdites sur le territoire. Les autorités de la junte au pouvoir ont cru juste et bon de préciser que cette décision était « conforme aux dispositions légales en vigueur ». Oubliant, manifestement, qu’une telle mesure est « en contradiction avec la constitution du Burkina Faso », comme l’a souligné, à toutes fin utiles, Ousmane Diallo, chercheur principal d’Amnesty pour la région du Sahel. Mais, on le sait, les acteurs des coups d’Etat « nouvelle génération » du Sahel ne reculent devant aucune contradiction pour conforter leurs desseins…  Si la dissolution des associations a suscité de nombreuses réactions au sein des opinions, elle intervient après plusieurs autres, tout aussi significatives du système que s’applique à implanter la junte burkinabé, sous la direction du frénétique et prolixe capitaine Ibrahim Traoré, dit « IB ».

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L’Afrique à l’épreuve de la guerre au Moyen-Orient

Entretiens / Afrique/s / Institut de Relations Internationales et Stratégiques
Entretien avec Francis Laloupo, Chercheur associé à l’IRIS

Le conflit au Moyen-Orient a déstabilisé les équilibres géopolitiques, économiques et énergétiques à l’échelle mondiale, et le continent africain, loin d’être épargné, n’échappe pas aux répercussions de cette guerre. Les frappes israélo-américaines et la riposte iranienne sont venues mettre en exergue la diversité des positionnements diplomatiques dans la région, alors que de nombreux États entretiennent des relations avec à la fois Washington et Téhéran. Parallèlement, ce conflit révèle la vulnérabilité des économies africaines vis-à-vis de la région. Comment ces dernières ont-elles été impactées par le conflit ?  L’instabilité actuelle au Moyen-Orient pourrait-elle offrir une opportunité stratégique aux États africains exportateurs de pétrole et de gaz, leur permettant de renforcer leur influence dans le secteur énergétique ? Le point avec Francis Laloupo, chercheur associé à l’IRIS.

Lire sur le site de l’IRIS : https://www.iris-france.org/lafrique-a-lepreuve-de-la-guerre-au-moyen-orient/

Niger : Bazoum, fin de mandat

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 3 Avril 2026 – Niger : Bazoum, fin de mandat ]

La date du 2 avril 2026 marque la fin constitutionnelle du mandat du Président Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’Etat le 26 juillet 2023, et arbitrairement détenu depuis lors. Une date, une de plus, contre l’oubli, au Niger et ailleurs.

Il y a cinq ans, le 2 avril 2021, lors de la cérémonie de son investiture, le président élu du Niger, Mohamed Bazoum, avait prononcé ces paroles à l’attention de ses compatriotes : « Le défi de la gouvernance est d’autant plus grand chez nous que prévaut une mentalité pas toujours en harmonie avec les valeurs de l’Etat de droit et ses exigences relatives à la primauté de la loi ainsi qu’à l’égalité de tous les citoyens. Sans verser dans une certaine anthropologie philosophique, mon propos consiste à relever que dans notre société nous avons tendance pour diverses raisons à nous accommoder même des comportements qui s’écartent des normes définies par nos lois et nos règlements. Or, il est temps que nous nous ressaisissions et que nous fassions preuve de rigueur ». Un discours aux accents prémonitoires, pour celui qui, deux ans seulement après son entrée en fonction, subira un coup d’Etat, le 26 juillet 2023, sur fond de querelles de palais, de luttes d’influence privées, de corruption, de viles conspirations et autres manœuvres crapuleuses. Les auteurs du putsch ne se seront pas contentés de déchoir le dirigeant. Visités par de sombres desseins, ils ont choisi de séquestrer Mohamed Bazoum dans une dépendance du palais, avec son épouse et son fils libéré après six mois de détention injustifiée. Avec une redoutable obstination, les géôliers de Bazoum, installés aux commandes du Niger, ont jusqu’ici rejeté toutes les médiations en faveur de sa libération.

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Conflit au Moyen-Orient : L’archipel des opinions africaines

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 25 Mars 2026 – Conflit au Moyen-Orient : L’archipel des opinions africaines ]

Comment une « guerre des autres » devient, dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest, celle des opinions publiques « qui s’emparent du conflit en l’inscrivant dans leurs propres grilles de lecture géopolitiques »…

En marge du conflit qui se déroule en Iran et qui s’étend au Moyen-Orient, une autre guerre est à l’œuvre sur les réseaux sociaux en Afrique, opposant les soutiens de l’Iran et ceux qui se rangent dans le camp des ennemis du régime des mollahs. En Afrique de l’Ouest particulièrement, l’offensive israélo-américaine contre l’Iran agit en résonnance aux débats politiques du moment, et s’insère dans les zones de clivages qui ont émergé au cours des dernières années au sein des opinions. Sur cette scène conflictuelle, se font face les pourfendeurs et les défenseurs d’un « Occident » circonscrit aux territoires des Etats-Unis, de l’Europe et d’Israël.

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