L’auteur
Journaliste, éditorialiste et enseignant en géopolitique.
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Le Monde
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Cher Francis
Bien senti et bien analysé.
Malheureusement cet état de fait n’est pas nouveau dans le paysage médiatique français.
Souvenez-vous, nous avons assisté exactement au même phénomène lors du conflit post-électoral en Côte-d’Ivoire. Mieux encore, nous avons eu à l’époque – alors que la gouvernance Sarkozy était en pleine hystérie – une véritable campagne de « désinformation ».
Mais nous fumes bien peu à cette époque à dénoncer cette désinformation. Certains ont fait leur travail mais trop peu, hélas.
Aujourd’hui les mêmes causes – à savoir un « conflit armé» dans lequel la France est impliquée – produisent les mêmes effets. Sous le règne d’une gouvernance, pourtant désormais différente, nous assistons au même phénomène.
Car asséner des « contre-vérités » comme vous le dénoncez ici fort à propos, sur la situation du Mali et ses causes « supposées » n’est-il pas, en termes de « déontologie » journalistique, équivalent à se livrer à de la désinformation.
Surtout lorsque les contre-vérités assenées ne sont pas relevées par le journaliste qui interviewe ? Mais hélas, parmi ceux-là combien connaissent-ils seulement la vérité de la situation de terrain ? Bien peu assurément ! Le journalisme consiste aujourd’hui hélas à faire du « buzz » et à ranger le journalisme d’analyse et d’investigation au magasin des antiquités.
Dans la mesure ou vous avez décidé de dénoncer, preuves à l’appui, cet état de fait, il serait utile – au nom de la « Vérité » tout simplement – d’appeler tous les démocrates et citoyens africains à faire de même chaque fois que nécessaire.
Une cellule de veille serait peut-être utile en la matière!
Cordiales salutations
François Fabregat
Secrétaire Général
Directeur de la Communication
Collectif pour la Vérité des Urnes Diaspora
Te voilà, Francis, de mon côté désormais, à auditer ce que balivernent tes « confrères »
Je te constate agacé par leur seule incompétence en matière d’analyse et de géopolitique.
L’objectivité, cette impossibilité journalistique, tu ne l’effleure même pas.
Mais ton « coeur a ses raisons … »
Le mien est ensanglanté depuis 1982 à propos des « vérités assénées » par ceux qui n’ont jamais lu « la charte du Hamas » à propos des « victimes à Gaza de l’impérialisme israélien qui confine au nazisme »
Tu commences un peu tard un « procès de l’information » et tu as du labeur.
« Ils » ne savaient même pas où se situe le Mali.
Quant à l’Afrique entière, aux états définis par les traits d’une règle qui a ignoré les ethnies, c’est à l’heure du repas que les hypernutris, étonnés de constater la neige en hiver, se découvrent des vocations de stratèges compassionnistes.
Crois-moi : le bon peuple de la France profonde, saturé de cholestérol, n’est pas concerné par les souffrances locales. Il attend un flamboyant quelconque, type BHL, qui va venir expliquer, romantique éclairé, de quel côté se doit d’être la Justice. Il se demande aussi et surtout combien cette aventure va lui coûter d’euros.
L’Islam radical a de très beaux jours devant lui …
Il suffit donc de 500 fanatiques, des « terroristes » jamais qualifiés de « djihadistes », qui recrutent 1000 mercenaires salariés, pour mettre l’Europe, un concept, en danger ?
Quelles que soient les motivations du pouvoir politique français, il est tout de même bon que des « forces spéciales française » aient été localement projetées bien avant que les hableurs télévisuels n’en aient été informés.
Elles seules, dans tout ce magma hypocrite, suscitent mon admiration.
Et j’aurais apprécié la tienne, Francis.
La marrade néocolonialiste ne fait que commencer et tout « comité de vigilance » sera vigilant à … constater.
Bien à toi.
Bonjour,
Les élucubrations entendues sur le Mail proviennent généralement d’individus qui n’ont jamais mis les pieds dans ce pays, n’on jamais pris la peine de se documenter sur l’histoire de l' »Afrique pré-coloniale », ses grands empires (et ce n’est pourtant pas les ouvrages à ce sujet qui manquent en 2013)
– La nécessité « de produire de « l’info » à tout prix » et surtout la manière dont est désormais fabriquée cette information conduit ces chaines d’info en continue à se tourner vers de pseudo-spécialistes de la société malienne (et des sociétés africaines….) qui font passer le « buzz » avant l’investigation et l’analyse (comme le dit justement M. Elharrar)
– Pour contrer cette médiocrité ambiante il nous faut être plus présent sur la toile et utiliser à bon escient les réseaux sociaux qui peuvent constituer de véritables contre-pouvoirs (ce qui n’était pas le cas à l’époque où tu as lancé Taxi Ville….)
crdlt
AM
Excellent ce post!!!
Excellent post. Beaucoup de commentateurs semblent être persuadés (c’est l’implicite de leur discours) que le Nord du Mali est une zone Touareg homogène et que cette zone vient de connaître une révolte populaire nationaliste touareg soutenue par l’ensemble de la population.
Ils oublient que le Nord du Mali est une zone composite, comprenant des ethnies diverses et variées (bozos, peuls, songhays…) dont les touaregs ne sont qu’une composante parmi d’autres.
Mais le vieux fantasme de l’homme bleu a la vie dure…
Je suis sénégalais et au Sénégal mais je me pose souvent aussi la question de la part de responsabilité de notre presse face à cette désinformation. Pourquoi nos agences de presse ne parviennent pas à mettre à la disposition du monde une information plus juste sur l’Afrique ? Est ce le problème de nos pouvoir politique et est ce vraiment une préoccupation des peuples et acteurs africains ? Pourquoi PANA Press n’a pu jouer ce rôle jusqu’à présent ? Je suis consommateur d’infos, mais je ne comprends pas du tout comment fonctionne le milieu de la presse et de l’information, mais je me dit qu’une partie de la solution se trouve ici en Afrique.
Vous avez 1000 fois raison de dénoncer la bêtise médiatique et d’appeler à la vigilance. Mais il est encore mieux dans un article de ce genre de rétablir les vérités les plus simples quand elles sont caricaturées par ailleurs. Par exemple, Il n’est pas absurde que les journalistes -même correctement informés- ne comprennent pas bien les enjeux de pouvoir à Bamako depuis un an.
Quant à la « question touareg » pourquoi ne pas simplement rappeler que le MNLA n’est pas la seule force politique qui les représente… et rappeler aux journalistes ignorants que les populations du nord sont de plus en plus métissées…. Et puis pourquoi ne pas conseiller la lecture du dernier numéro de l’excellente revue « L’histoire » (consacrée au Sahel) qui me semble très adaptée à l’instruction des informateurs et des citoyens de bonne volonté….
je découvre ton blog Francis, grâce à des amies qui ont partagé ton texte ! je serais heureux de te revoir ! amitiés Jean K.
Heureux d’avoir de tes nouvelles. On peut s’écrire par mon adresse mail. J’aurais plaisir à poursuivre la conversation.
Bien vu Monsieur Françis. Rien que des contrevérités sur ces chaines pourtant bardées de moyen pour trouver la vraie information.
pourtant ils savent au fond d’eux mêmes ces spécialistes qu’ils ne connaissent rien sur le Mali: c’est de la malhonnêteté intellectuelle ou de l’inconscience professionnelle., toutes choses qui peuvent avoir des conséquences tragiques.
Merci beaucoup pour votre analyse très juste.
La presse française est en effet trop souvent uniquement intéressée par la vente de ses torchons mais plus du tout objective sur l’actualité. Et malheureusement la majorité des français se contentent de gober tout ce qui est dit sans analyse plus profonde.
Vous voyez ce problème pour ce sujet de l’Afrique qui vous intéresse actuellement mais gardez tous à l’esprit que ces mêmes journalistes déforment tout autant la réalité pour toutes sortes d’autres sujet, ne l’oubliez jamais et gardez tous votre esprit ciritque. Merci à vous.