Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Syrie : Le tournant ?

Ce mardi 29 mai marquera un tournant dans l’attitude adoptée par les puissances occidentales vis-à-vis de la crise syrienne. Le nouveau président français, en décidant l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie en France, Lamia Chakkour, a donné le signal d’un mouvement qui pourrait, enfin, déboucher sur une action aussi énergique que décisive à l’endroit du régime criminel de Damas. L’impuissance des pays membres de l’Onu à trouver une solution à ce qui s’apparente à une véritable boucherie perpétrée par le régime syrien, est devenue insoutenable. 13 000 morts au bas mot, tombés sous le feu de la soldatesque de Bachar Al-Assad. Dernier massacre en date, le week-end du 26 mai, dans la ville de Houla. Bilan forcément incomplet : au moins 108 morts, avec un nombre effrayant d’enfants tués… Face à cette horreur, Koffi Annan l’émissaire de l’Onu, fait ce qu’il peut… sans pouvoir faire grand-chose. La décision prise par François Hollande fut, comme il l’a lui-même indiqué, « concertée avec les partenaires européens de la France ». Alors que l’Australie avait annoncé l’expulsion de hauts diplomates syriens présents sur son territoire, François Hollande, aura initié un mouvement immédiatement suivi par ses partenaires européens – Allemagne, Grande Bretagne, Italie, Espagne, Belgique – qui ont pris la même mesure d’expulsion à l’encontre des représentants diplomatiques syriens présents sur leur territoire. Le Canada a également relayé ce mouvement.

Le geste posé par la France constitue la première bonne nouvelle depuis le déclenchement de la crise syrienne. Il sera compris dans le contexte de cette interminable tragédie syrienne comme un exemple de courage politique, qui pourrait faire bouger certaines positions figées au sein du Conseil de sécurité de l’ONU… Déjà, pour la première fois, la Russie et la Chine, jusqu’ici réticentes, au sein du Conseil de Sécurité, aux résolutions de sanctions contre le régime syrien, commencent à émettre des signaux laissant présager une évolution de leur position. Et maintenant ? Quelles seront les suites de ce premier mouvement significatif de la part des puissances susceptibles de porter secours, « par tous les moyens nécessaires », à un peuple danger, à chaque instant menacé de mort ? Si François Hollande, déterminé à associer la Russie et la Chine à la « décision » se dit favorable à une intervention militaire – une option qui n’est plus soumis au doute, « une fois épuisées toutes les voies diplomatiques » -, elle devrait, selon lui, se fonder, « sur une délibération du Conseil de Sécurité de l’ONU ».  En appuyant son engagement dans cette crise sur cette exigence, Hollande voudrait redonner toute sa place, au centre de la concertation internationale, à un principe dont le crédit s’est émoussé ces dernières années, du fait d’une interprétation fluctuante, variant au gré des intérêts particuliers des grandes puissances économiques et militaires. Ce principe, c’est celui de la « responsabilité partagée », régissant la conduite de la politique internationale sous l’égide de l’Onu. Cette responsabilité partagée, restaurée au cœur de la décision onusienne, constituera le socle et le référentiel absolu de toute intervention militaire en Syrie.

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2 réponses à “Syrie : Le tournant ?

  1. Sarkozy 30 mai 2012 à 16 h 26 min

    Monsieur Laloupo,

    Qu’auriez-vous dit si le prédécesseur du Président de la République avait pris la même décision ?

    N.S.

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