Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Congo, malade des urnes

Au moment même où Barack Obama prononçait, au Ghana, un discours fondateur des rapports entre l’Afrique et son administration, les citoyens du Congo Brazzaville se préparaient à vivre une élection présidentielle dans un climat cruellement révélateur de tous les anachronismes et archaïsmes dans un pays plombé, à maints égards, par des pesanteurs d’un autre âge.

Drôle de climat en effet, où l’on a pu voir à la veille de ce scrutin présidentiel du 12 juillet, plusieurs habitants de Brazzaville – capitale économique – plier bagages, sous l’empire d’une sourde angoisse, pour se retirer dans les campagnes afin de se mettre à l’abri d’une obscure menace. Il faut dire que la rumeur annonçait une flambée de violence au lendemain du scrutin… Drôle d’ambiance où des opposants à quelques heures du scrutin, dénoncent les conditions de son organisation et en appellent au boycott. <p>Résultat : au terme des opérations électorales, un taux de participation dramatiquement faible (à peine 20%, avancent certains observateurs), des rumeurs de fraude et un épais malaise que ne parviennent pas à masquer les zélateurs du pouvoir et certains médias transformés en agents de propagande aux accents soviétiques. Nul doute que l’on nous annoncera incessamment la victoire du président-candidat Denis Sassou Nguesso, de même qu’un taux de participation revu et corrigé par les artistes de l’industrie électorale. En observant cette mise en scène d’une démocratie « canada-dry », et la sidérante structure d’un régime détenant tous les pouvoirs – y compris économiques – et écrasant sans retenue une opposition démunie et réduite à une pathétique gesticulation, la seule question qui vaille est bien la suivante : était-il bien nécessaire d’organiser ce scrutin ? <p>Il eut été plus raisonnable d’épargner les milliards de Fcfa injectés dans cet insolite spectacle, et emprunter un raccourci logique : la publication d’un décret désignant le vainqueur d’une élection… sans s’embarrasser de son organisation ! Car si la tenue d’élections constitue, de nos jours, la condition nécessaire pour rendre un régime « fréquentable », le scrutin présidentiel congolais du 12 juillet dernier apparaît, plutôt, comme une démonstration achevée de l’insoutenable vacuité des urnes.

(15 juillet 2009)

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