Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Tag: Cedeao

Russie – Afrique de l’Ouest : Changement de logiciel ?

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 24 Décembre 2025 – https://t.co/yGm2NV8XiE ]

Grand allié des juntes du Sahel, Moscou prône désormais le dialogue et la coopération entre l’AES et la Cédéao. Au nom du « pragmatisme » et du principe de réalité. Simples déclarations ou véritable tournant diplomatique ?

Une surprise russe en cette fin d’année : l’appel de Moscou à « la poursuite d’un dialogue pragmatique et mutuellement bénéfique entre la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la Confédération des Etats du Sahel (CES/AES), afin de trouver des solutions communes pour contrer les défis et les menaces communs, y compris la lutte contre le terrorisme régional ». Une exhortation formulée à l’issue de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, qui s’est tenue au Caire du 19 au 20 décembre. Très remarqué, le tête-à-tête entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov et le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray. L’occasion pour les deux hommes de rapprocher leurs points de vue à propos des « relations de la Russie avec l’organisation communautaire ouest-africaine et la région sahélo-saharienne ». S’agissant de la diplomatie russe dans cette région, l’objectif est désormais d’associer la Cédéao et l’AES dans un même dispositif organique. Moscou, qui se défie à présent de toute approche dogmatique de la question sécuritaire dans le Sahel, semble se rallier aux vertus du pragmatisme et de l’efficacité…

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Mali : Assistance à pays en danger

C’est un principe que nous avons souvent évoqué ici. Celui d’ « assistance à peuple en danger ». C’est sur ce principe inscrit dans le droit international, et bien souvent oublié au profit d’un discutable « devoir d’ingérence » que la France fonde son engagement militaire dans le conflit malien, depuis le 11 janvier. « Si l’on n’était pas intervenu, il n’y aurait plus d’Etat malien », a indiqué Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense. En somme, bien plus que l’appel au secours lancé à la France par le président intérimaire malien, par-delà même la légalité internationale qui sous-tend l’action de Paris, la justification majeure de cette intervention française réside dans le fait que l’existence, à proprement parler, d’un pays était menacée, sous le regard médusé ou indifférent du monde. Un fait rarissime sur la scène internationale.

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Mali : Agenda critique franco-africain

Face à la crise multidimensionnelle à laquelle se trouve confronté le Mali, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a opté pour un protocole de résolution en deux temps : d’abord, la restauration de l’ordre constitutionnel, puis, la mise en œuvre des moyens, y compris militaires, pour le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays. Pour contraindre la junte qui s’est emparé du pouvoir le 4 mars dernier à le rendre à un exécutif civil intérimaire chargé de la gestion d’une période de transition conduite par le Président du Parlement, Diouncounda Traoré, la Cedeao aura imposé un embargo dont les effets furent immédiatement et durement ressentis par les habitants de ce pays enclavé, essentiellement dépendant de ses voisins, en ce qui concerne l’importation et l’exportation des biens de première nécessité. Un embargo que certains acteurs politiques maliens ont qualifié de « criminel ». N’empêche, moins de 72 heures après l’entrée en vigueur de l’embargo, la junte a accepté de se soumettre à la signature d’un accord-cadre, mettant fin à son aventure. Dans la foulée, le 8 avril, la démission du président Amadou Toumani Touré, défait par le coup d’Etat, confirmait, selon les principes constitutionnels, la vacance du pouvoir, et conséquemment, le début d’une période de transition qui devrait déboucher, sous quarante jours, à la tenue de nouvelle élections.