Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Tueurs en Syrie

Silence on tue… C’est une entreprise de répression planifiée, se déployant crescendo. Commencée comme une classique opération de sécurité publique, la répression en Syrie se révèle aujourd’hui, telle qu’elle était programmée par un régime rompu à l’orchestration de la violence politique : une offensive guerrière contre des manifestants aux mains nues. On a pu voir – grâce aux vidéos postées sur Internet – ces manifestants dire et répéter leur attachement à la non-violence. Et ceux qui, parmi eux, sont tentés de déroger à ce principe en se munissant d’objets de défense contre les forces de l’ordre, ont été régulièrement priés de s’en délester, avant d’être admis dans les cortèges. Les forces du parti Baas tirent sur des manifestants aux mains nues. Leur but : terroriser, tuer, et décourager, pour longtemps encore, toute velléité contestataire. Chez les baasistes, on ne discute pas, monsieur… on ne négocie pas… On tue.

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Le syndrome de l’opposant historique : Wade, Ggagbo, Olympio et les autres…

L’Afrique postindépendance a produit un homo politicus d’un genre particulier : l’opposant historique. C’est une variété spécifiquement africaine, et que le monde entier pourrait envier au continent. Il est d’ailleurs étonnant que, dans les études de sciences politiques, l’on n’ait pas encore songé à inclure un chapitre sur ce spécimen qui, pourtant, depuis cinquante ans, a joué sa partition, aussi constante que nécessaire, dans la conflictualité politique en Afrique. C’est là une lacune d’autant plus fâcheuse qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition.

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Sarkozy, l’Ivoirien…

Il y a décidément de quoi en désespérer…. Nicolas Sarkozy n’est pas un subtil. Monsieur-trop. Fouteur de malaise patenté… Ici même, nous avions relevé les multiples énormités que le président français a coutume de commettre lors de ses déplacements à l’étranger, et singulièrement en Afrique… On se souvient des grossières entorses aux règles diplomatiques – ou de simple courtoisie – au Gabon, au Mali, en République démocratique du Congo, ou encore au Rwanda, ailleurs encore en Haïti… Cette fois, l’enjeu était particulièrement sensible. Être le premier président français – et le seul chef d’État « occidental » – à se rendre en Côte d’Ivoire après une crise qui a non seulement opposé les Ivoiriens entre eux, mais qui fut aussi marquée par des périodes d’extrême tension entre ce pays et l’ex-puissance coloniale. Encore aujourd’hui, le climat porte la charge de l’instrumentalisation par le régime Gbagbo des rancœurs à l’encontre d’une France accusée de réflexes impérialistes… Ces accusations, méticuleusement orchestrées par l’ancien pouvoir ivoirien, auront alimenté la fièvre des « patriotes », et, au passage, alourdi la macabre comptabilité des victimes de la crise ivoirienne… C’était hier… Pas plus tard qu’hier…

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Victoires américaines, injustices universelles, faillite des États…

Quelles leçons a-t-on tirées de la crise emblématique du 11 septembre 2001 ? On se souvient que, face à la conjonction des attentats d’Al Qaida et le déclenchement de la guerre américaine en Afghanistan, les dirigeants du monde s’étaient trouvés confrontés à deux courants d’opinions opposés : les « légitimistes » soutenant la riposte américaine et les « procureurs » qui, tout en condamnant l’horreur du 11 septembre, marquaient leur défiance à l’égard de la toute-puissance américaine. Rien n’a vraiment changé depuis. Dans le même temps, ces deux courants avaient en partage, obscurément, ce même sentiment : dans un monde où le fossé entre riches et pauvres ne cessait de se creuser, la logique de la guerre américaine – en Afghanistan et en Irak – ne pouvait se confondre à celle des déshérités de la planète.

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Terrorismes…

L’impact planétaire de la nouvelle de l’élimination d’Oussama Ben Laden a soudain ravivé le souvenir de la communion émotionnelle provoquée par les attentats du 11 septembre 2001. Presque dix ans… Il y a, dit-on, un avant et un après « 11 septembre »… Un mois avant l’événement, je me trouvais sur le sol américain. C’était donc avant. Durant ce séjour, je me souviens d’un matin où des sirènes d’escorte avaient, pendant quelques longues minutes, dominé de leurs décibels le vacarme continu de Manhattan. En sortant de l’ascenseur pour aller satisfaire ma curiosité, j’avais surpris une jeune employée noire de la réception de l’hôtel en train d’écraser furtivement une larme. Que se passait-il donc ? Elle me renseigna : Bill Clinton allait prendre possession, ce matin-là, de ses nouveaux bureaux installés en plein cœur de Harlem… « C’est historique, dit-elle… A Harlem ! Incredible ! » Les temps changeaient en Amérique. Ils basculeront un mois plus tard avec les attentats perpétrés par Al Qaida.

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Burkina fâché…

Mise en place d’un nouveau gouvernement le 22 avril dernier. Un « gouvernement de mission et de combat », comme l’a indiqué lui-même le chef de l’Etat qui, courageux mais pas téméraire, s’est attribué, très personnellement, le ministère de la Défense. Histoire de signifier que, face aux multiples mutineries de soldats qui rythment depuis un mois la vie dans son pays, il allait demeurer l’homme de la situation. Blaise Compaoré, soldat lui-même, « défroqué » pour les besoins de la cause suprême – la Constitution ne tolère pas un président en kaki -, devra-t-il réactiver le naturel du militaire qui sommeille en lui ? Le putschiste « historique » du Burkina Faso, dont le régime naquit d’un crime fondateur en 1987 – l’assassinat de Thomas Sankara – ne saurait admettre longtemps que son sommeil soit troublé par les manifestations incongrues de ses « frères d’armes » aux humeurs devenues insaisissables.

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