Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Libye, le problème Sarkozy

En attendant que les armes se taisent en Libye, les différents acteurs du conflit ont commencé à faire leurs comptes, dans tous les sens du terme. Tandis que les responsables du Conseil national de transition (CNT) déploient des trésors de diplomatie pour obtenir le déblocage des avoirs libyens dans les banques occidentales, et alors que l’Onu s’inquiète des conséquences humanitaires du conflit, le pouvoir français s’applique à communiquer sur son « rôle central » dans la chute du régime Kadhafi. Le 1er août dernier, l’Élysée réunissait une soixantaine de délégations de haut niveau pour une « conférence internationale » portant sur la reconstruction de la Libye. Le matin même, une « fuite » savamment organisée laissait entendre que le CNT allait accorder à la France 36% de l’exploitation du pétrole libyen. Information fortement démentie par les nouvelles autorités libyennes. Démenti ensuite relayé par Paris. Triviale ambiance…

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L’aube libyenne et la brume des polémiques

Tout a commencé le 17 février dernier. Des opposants libyens appellent alors, via les réseaux sociaux, à une « Journée de la colère ». Le mois précédent, à Addis Abeba où je me trouvais à l’occasion du 16e Sommet de l’Union africaine, les délégations officielles, particulièrement économes en déclarations sur les événements en cours en Égypte, allaient s’étonner de l’annulation, la veille du sommet, de la venue de la délégation libyenne. Une absence d’autant plus surprenante que le colonel Kadhafi avait, ces dernières années, fait de cette grand’messe africaine la scène favorite de la démonstration de son influence… Nul n’aurait imaginé, à ce moment-là, qu’en Libye aussi, l’histoire allait basculer quelques petites semaines plus tard. En ce mois de janvier 2011, les représentants de la Tunisie « nouvelle et révolutionnaire » étaient venus expliquer aux délégations étatiques et aux journalistes présents au siège de l’UA, la trame et les desseins de leur « révolution ». Sur leurs visages radieux, les promesses, rares en ce lieu, d’une aube nouvelle.

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L’inconfortable anniversaire sarkozyste et l’engagement de François Hollande

Il est des anniversaires dont on se passerait volontiers. Il y a un an, Nicolas Sarkozy prononçait, dans la fièvre et la précipitation, son « discours de Grenoble ». Le genre de discours qui signe, au fer rouge, un mandat présidentiel et en constitue, définitivement, la marque de fabrique. Une sombre séquence politique aux miasmes persistants, et dont les effets pourrissent durablement le climat dans un pays qui n’a cessé de perdre confiance en lui-même depuis trois décennies…

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Le Christ s’est-il arrêté à Mogadiscio ?

Les adeptes des spéculations millénaristes devraient réviser leur bréviaire : et si le scénario de la fin des temps était bien différent de celui qui maltraite leur ciboulot depuis des lustres ? Selon les allumés de l’Apocalypse, le monde devrait s’écrouler d’un coup, frappé par un fatal cataclysme aux furieuses et jubilatoires déclinaisons, emportant, avalant, pulvérisant tout sur son passage… En quelques heures seulement, le temps d’un éclair certainement, les cris, gémissements et hurlements des humains empliraient l’univers. Fabuleuse symphonie de l’ultime soupir d’une planète qui offrirait ainsi, avec panache à la galaxie, le majestueux spectacle de son divin trépas. C’est ainsi, en tout cas, que les esprits enfiévrés, les mêmes qui avaient annoncé l’événement pour l’an 2002 2000, dessinent leur fin des mondes. Aussi fascinant que l’univers coloré des contes de nos enfances… Et si le scénario était tout autre ? Moins sexy ? Moins… symphonique ? Et si l’événement se manifestait, disons… par étages ? Par période, par avancées ? A un rythme à peine perceptible, opérant comme un sournois alcool dont l’empire s’étend dans les corps, insensiblement ? Sans surprise, inoculant discrètement l’habitude même de son action ? Cela a peut-être déjà commencé, ainsi, en Somalie…

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Notes de vacances

Il me plaît de rappeler ici les propos de Jens Stoltenberg, Premier ministre de Norvège, après les attentats qui ont endeuillé son pays le 22 juillet dernier : « Les Norvégiens se défendront en montrant qu’ils n’ont pas peur… Il est tout à fait possible d’avoir une société ouverte, démocratique, accueillante, et en même temps d’avoir des mesures de sécurité et de ne pas être naïfs ». Pour le dirigeant norvégien, « les attentats ne remettront pas en cause notre idéal d’ouverture et de démocratie. Nous serons toujours une société attachée à ces valeurs… » A la double attaque qui a causé un profond et durable traumatisme dans le pays, Jens Stoltenberg souhaite que la Norvège réponde par « plus de démocratie, d’ouverture et de tolérance ». Paroles adressées aux Norvégiens, et au monde. Dix ans après les attentats du 11.09 aux États-Unis, et la proclamation de la « lutte internationale contre terrorisme », cette question : le visage du monde serait-il plus aimable de nos jours si, au lieu de sa « croisade contre le mal » en Irak, de la réduction des libertés publiques aux USA, le tout au nom de la « guerre des civilisations », George W. Bush avait réaffirmé le renforcement des libertés démocratiques, exalté les vertus du dialogue des civilisations et rappelé les idéaux de la fraternité universelle face à tous les tueurs de masse psychopathes que la planète héberge ?

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L’étrange parti socialiste français

Tout homme normalement constitué parierait, sans hésiter, sur la défaite de la droite à la prochaine présidentielle en France. Un président que les sondages présentent, un peu plus chaque jour, comme une aberration historique du suffrage universel ; une majorité – de droite – divisée, traversée par un spleen assassin, tiraillée entre les « ultras populistes » et les « gaullistes humanistes » ; un centre, qui brise l’alliance avec cette droite, et jure de restaurer l’honneur de la France perdu dans les eaux troubles de la « Sarkozye »… Ajoutez à cela la politique menée depuis quatre ans à la manière d’une symphonie de turbulences et où la confusion le dispute à la vacuité.

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