Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Catégorie: Humeurs en stock

Cuba, si !

En reconnaissant, devant ses pairs du continent américain que les Etats-Unis s’étaient trompé depuis 50 ans dans la politique appliquée à l’égard de Cuba, Barack Obama vient peut-être d’énoncer l’un des axes majeurs et révélateurs d’une nouvelle culture politique à la Maison Blanche.

Par delà le courage qui sous-tend le propos, il brise un tabou demeuré jusqu’ici inviolable à Washington et ancré dans l’inconscient collectif de ses concitoyens. En cela, il prend un double risque : celui de heurter profondément une large part de l’électorat américain qui considère toujours le communisme comme une perversion extrême de l’âme humaine ; celui de devoir s’engager à aller jusqu’au bout de sa logique et lever l’embargo décrété contre Cuba il y a plus de quarante ans.
En face, Fidel Castro qui, à cette occasion, sort de son lit pour vitupérer contre l’Amérique dont il ne veut pas accepter « un geste d’aumône » mais bien la levée de l’embargo contre son pays, vit peut-être l’ultime embarras de sa vie de révolutionnaire absolu. Les bonnes dispositions actuelles de la Maison Blanche à l’égard de Cuba, si elles aboutissaient à une normalisation des relations entre les deux pays, risquent bien de sonner le glas de ce qui a constitué, depuis toujours, le socle du régime de Castro : la stratégie de la tension et la résistance à l’impérialisme américain.
Autant dire que les dirigeants des Etats-Unis et de Cuba font pour la première fois cause commune : dépasser ensemble une situation devenue anachronique et surtout convaincre leurs populations respectives qu’il a y a une vie après l’embargo.

(21 avril 2009)

Alerte à l’ouest

On a pris l’habitude de penser que les turbulences, conflits et toutes formes d’instabilité politique et sociale, étaient l’apanage de l’Afrique centrale. Pourtant, depuis quelque temps, l’Afrique de l’Ouest, malgré ses remarquables avancées, notamment en matière de politiques d’intégration régionale, ne cesse d’accumuler de sérieux motifs d’inquiétude. Coup d’Etat en Mauritanie, assassinat spectaculaire d’un chef d’Etat en Guinée Bissau, putsch militaro-populiste en Guinée Conakry, incertitudes politiques au Sénégal, regain de tension en Côte d’Ivoire, crispation institutionnelle au Bénin, tentative de détournement de la Constitution par le président nigérien, rébellions touaregs au Mali et au Niger, règlements de comptes politico-familiaux au Togo.

S’il est vrai que l’Afrique de l’Ouest n’offre pas encore le spectacle de désolation et de brutalités extrêmes qu’on peut observer sous certains cieux d’Afrique centrale, la multiplication d’événements de plus en plus alarmants n’est pas de nature à préserver cette région de funestes escalades. La vigilance est plus que jamais de rigueur, et la région dispose encore de nombreux ressorts, souvent sophistiqués, pour se ressaisir et ne pas succomber à la tentation du pire. Osons encore dire que, là aussi, le pire n’est jamais sûr.

(15 avril 2009)

Rwanda : la mémoire douloureuse et la part d’ombre

Quinzième anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda. Devoir de mémoire. Ne jamais oublier l’une des plus effroyables tragédies de l’Histoire. Mémoire fragile, toujours hantée par les révisionnistes et adeptes de tous poils du négationnisme. Mais au Rwanda même, l’on n’est pas passé de l’enfer du génocide au paradis de la réconciliation sans faille. Tout est encore fragile, en demi-teintes, en silences, en refoulements.

L’on sait qu’aux lendemains des tragédies de ce type gravées dans les pages sombres de l’Histoire de l’humanité, le pire demeure toujours tapi dans l’ombre. Et seule une pédagogie perpétuelle du « plus jamais ça  » permet de conjurer la menace jamais évaporée de l’horreur. Toutefois, le souvenir du pire ne devrait pas brouiller notre vision et entraver notre vigilance à l’égard d’un pays, quelles que soient ses blessures du passé. Ainsi faut-il porter un regard lucide sur ce « nouveau Rwanda » qui, sous l’égide du président Paul Kagamé, présente aujourd’hui trois visages : celui d’une collectivité convalescente d’une mémoire douloureuse ; une entité étatique qui réussit, malgré ses handicaps naturels, à déployer un programme économique aussi intelligent qu’exigeant ; et enfin, un gouvernement qui s’est révélé un sponsor patenté des prédateurs armés qui ont, depuis 1998 et en toute impunité, organisé un pillage systématique et cynique des ressources minières du grand voisin, la République démocratique du Congo. Sur fond de massacres, de viols massifs et autres atteintes graves aux droits humains. Ce point constitue, aux yeux du monde, la part d’ombre du Rwanda actuel.

(7 avril 2009)

Paradis fiscaux et bonne conscience

Mi février dernier, la banque suisse UBS, en sérieuse difficulté du fait de la crise financière, cède aux injonctions des autorités américaines, en levant le sacro-saint secret bancaire, et en fournissant des informations jusque là ultraconfidentielles sur 300 de ses clients américains soupçonnés de fraude fiscale.

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Immodestes médiateurs

Originalité, entre autres, de la crise politique qui secoue depuis trois mois l’île de Madagascar : l’extrême discrétion des médiateurs dépêchés sur place par ces estimables institutions que sont l’Union africaine, l’Union européenne, l’Onu, la Banque mondiale etc…

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Hortefeux l’Africain

Qu’est donc devenu Monsieur Brice Hortefeux, ex ministre français de l’Immigration, de l’Identité nationale et du développement solidaire ? Nommé le 15 janvier 2009 ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, il n’est à coup sûr, pas dépaysé par l’énoncé kilométrique de son nouveau département ministériel. Satisfait de « l’œuvre » accomplie dans ses précédentes fonctions, il professe désormais, avec une allégresse non dissimulée, les vertus de l’emploi et du bien-être social dans un pays confronté aux affres d’une crise économique et sociale qui révèle, comme rarement, la grande impuissance du pouvoir politique.

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