Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives de Catégorie: Décryptages

Japon, Nostalgie du Soleil

Je me suis rendu au Japon, la première fois, en 1989, quelques mois seulement avant la fin de la Guerre froide. C’était encore le Japon flamboyant, celui du fameux miracle économique et du « capitalisme social ». L’économie japonaise était à son apogée et les citoyens conjuguaient bien-être, abondance de l’épargne et solidarité. Dans ce « monde idéal » pointait pourtant déjà, subrepticement, quelque soupçon du « syndrome suédois », ce socialisme parfait des années 60 à 80, tellement parfait qu’il engendrait l’ennui chez la jeune génération, alors même qu’on enregistrait en Suède, à l’époque, le plus fort taux de suicides au monde. Au Japon, au temps du « capitalisme social » nul ne devait vivre aux dépens des autres. Je fus alors sidéré de voir des postes de travail occupés par quatre individus à la fois, là où un seul emploi aurait largement suffi à assurer la production. C’était le Japon du « chômage zéro ». Tout cela aura duré des années 50 à la fin des années 80. Depuis, le capitalisme s’est défait de son pendant social et la bulle spéculative japonaise a sonné la fin du miracle. Aujourd’hui, le Japon a dû céder à la Chine sa place de deuxième puissance économique mondiale. Au Pays du Soleil Levant, certains ont vécu ce déclassement comme une humiliation…

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Côte d’Ivoire, Guerre civile

Il est étonnant d’entendre les médias invoquer indéfiniment des « risques de guerre civile » en Côte d’Ivoire. Autre variante de cette convulsion répétitive : « La Côte d’Ivoire est au bord (sic) de la guerre civile ». Au vu des derniers développements de la situation observés sur place, et que les opinions internationales découvrent chaque jour sur les écrans de télévision, l’on se demande ce qu’il faudrait de plus, pour constater sans détour et sans contorsions verbales, que la guerre civile est déjà en cours en Côte d’Ivoire.

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Union africaine, Insoutenable faillite

Amer constat du discrédit profond qui frappe l’Union africaine. Jamais l’organisation n’avait subi une telle perte d’estime au sein des opinions africaines. C’en est proprement affligeant. Enlisée en Côte d’Ivoire, absente durant les événements historiques en Tunisie et en Égypte, incapable – comme tétanisée – de se prononcer sur la vague de contestations en cours dans le monde arabe, et enfin, totalement figée face au pire qui se déroule en Libye. Portée sur les fonts baptismaux à Syrte en 1999 à l’initiative du colonel Mouammar Kadhafi, l’UA vient peut-être de se faire hara-kiri, sans gloire, dans les sables du désert libyen.

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Côte d’Ivoire, Impossible miracle

Certains lecteurs, un peu énervés, se sont contentés de puiser dans mon dernier texte consacré à la Côte d’Ivoire (publié le 21 février), de quoi alimenter, un peu plus, leurs humeurs combattives contre tous ceux qui n’épousent pas leurs « éléments de langage » et ne s’alignent pas, sans nuances, sur leurs thèses péremptoires et exclusivement partisanes. Je n’ai pas jugé utile de répondre à ce déchaînement d’humeurs où l’insulte et l’incantation tiennent lieu de « débat politique »… L’important dans ce texte, anathématisé par ces énervés, était de s’interroger sur la finalité de cette énième mission diligentée par l’Union africaine pour tenter de restaurer la sérénité en Côte d’Ivoire. J’affirmais alors que la mission confiée à ce panel de cinq chefs d’État n’allait, en rien, permettre de faire évoluer favorablement la situation. Ma conclusion indiquait, malheureusement, la funeste escalade à laquelle l’on assiste depuis le 21 février, date de publication de mon texte. J’écrivais alors : « A quoi auront servi toutes les médiations engagées depuis décembre par les instances africaines ? A renvoyer les Ivoiriens à eux-mêmes. (…) Tout compte fait, il faudra bien se rendre à cette évidence : la solution à la crise viendra des Ivoiriens eux-mêmes, et eux seuls… La question est de savoir à quel prix. » L’issue, redoutée, se déroule sous nos yeux, en ce moment-même : l’affrontement armé entre les deux camps en conflit. Autrement dit, une « solution militaire intramuros ».

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Côte d’Ivoire, triviale affaire

Quelques mots sur la situation de crise en Côte d’Ivoire, qui n’a que trop suscité des passions médiocres et des débats de piètre aloi. Juste quelques mots pour dire qu’il est grand temps que l’on s’en tienne à l’essentiel. Si le commentaire est libre, les faits sont têtus. Que les propos débridés et l’abondante littérature qui accompagnent, exacerbent, contournent et détournent la réalité actuelle en Côte d’Ivoire, s’apaisent enfin, pour simplement aider les Ivoiriens à retrouver une vie ordinaire, débarrassée de la peur, de la misère qui frappe aux portes, et des violences multiformes. Que tous les « penseurs » et tous les littérateurs de la crise ivoirienne fassent l’économie de leurs précieuses énergies et intelligences. L’engagement politique et idéologique est autrement, et plus utilement sollicité ailleurs, à maints endroits du continent africain, et au-delà.

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Le mur de Ben Ali

J’ai entendu quelques commentateurs avancer que la chute de Ben Ali en Tunisie agissait, pour les peuples arabes, comme la chute du Mur de Berlin ailleurs… Pourquoi pas ?… Cela m’amène à faire un point sur le fameux « effet domino » dont on parle sur toutes les ondes françaises. Un « effet domino » que pourrait produire la révolution tunisienne en Afrique et dans le monde arabe. Tout d’abord, l’observation et l’expérience des événements politiques nous ont appris qu’il n’existe pas de reproduction mécanique ou mimétique des faits en des lieux géographiques différents. Et ce, même si l’on observe des effets d’entraînement ou des mécanismes de déclenchement similaires… On l’a vu en Afrique subsaharienne. L’on avait cru à tort, avec le fameux « vent de l’Est » à la fin des années 80, que le processus de démocratisation allait produire les mêmes résultats sur l’ensemble de cette région, comme une onde de choc, dans un parcours logique et linéaire. Vingt ans après, le bilan montre l’extrême disparité des situations, due, principalement, à l’histoire politique spécifique et aux nuances territoriales et culturelles des différents pays.

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