Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Egypte : Les dessous d’un coup d’Etat militaire prémédité – Par Esam Al-Amin

[Note de l’éditeur : Cette semaine, nous nous vous proposons une contribution de Esam Al-Amin, essayiste, spécialiste du Moyen-Orient, auteur de « Le réveil arabe dévoilé : Comprendre les transformations et révolutions au Moyen-Orient ». Ce blog étant un espace d’expression libre et plurielle, les opinions qui y sont publiées engagent exclusivement leurs auteurs.]

Chaque coup d’Etat dans l’histoire commence par un général de l’armée annonçant le renversement et l’arrestation du leader du pays, la suspension de la constitution et la dissolution de l’organe législatif. Si les gens résistent, cela dégénère en bain de sang. L’Egypte n’est pas une exception.

Alors que la poussière qui s’installe retombe et que le brouillard se dissipe au dessus de l’Egypte, dévoilant ainsi les événements, la scène politique devient beaucoup plus claire. Indépendamment de la façon dont chacun voit la situation, la bataille politique et idéologique qui avait fait rage pendant plus d’une année entre les partis islamistes et les partis libéraux et laïcs a été tranchée en raison d’un facteur décisif et simple : une intervention militaire par les généraux de l’Egypte au nom de ces derniers. Comme je l’ai déjà avancé dans mes précédents articles, il n’y a aucun doute que le président Mohamed Morsi et la confrérie des Frères musulmans ont fait de mauvais calculs politiques et ont commis de nombreuses erreurs, particulièrement en ignorant les revendications de plusieurs groupes de jeunes révolutionnaires et en abandonnant leurs premiers partenaires de l’opposition. Ils se sont souvent comportés de façon naïve et arrogante. Mais dans n’importe quelle société civilisée et démocratique, le prix de l’incompétence ou du narcissisme est sanctionné politiquement par les urnes.

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Note de l’équipe de GME

Les rendez-vous éditoriaux sur ce blog se sont raréfiés depuis quelque temps, du fait de multiples activités – notamment la gestion promotionnelle de l’ouvrage de Francis Laloupo – qui ont débordé l’agenda habituel de cet espace. Toutefois, nous avons su maintenir le contact et communiquer, par divers autres canaux, avec nombre d’abonnés. C’est l’occasion, d’ailleurs, de remercier tous ceux qui nous ont accompagnés depuis la création de ce blog, et qui nous ont exprimé, à de nombreuses occasions, leur attachement à cet espace qui demeure un lieu d’expression commune, de débats et d’échanges. Nous avons ainsi pu mesurer, durant cette saison qui s’achève, l’impact de ce blog auprès d’un public présent, à travers le monde. L’équipe de GME, chargée de gérer cet espace s’en trouve encouragée. Afin de satisfaire des sollicitations de confrères journalistes, nous publierons, durant la saison prochaine, en plus des éditoriaux de Francis Laloupo, d’autres contributions, afin d’enrichir le blog, et renforcer son expression plurielle. En attendant, veuillez trouver ci-après la première partie de quelques notes et réflexions de fin de saison de Francis Laloupo. Bonne lecture.

Vestiges françafricains et tourmente béninoise – Notes de fin de saison – Part I

Deux dates à retenir, parmi d’autres, cette année : le 28 janvier 2013, visite en France du président camerounais Paul Biya, et le 8 avril, celle, toujours en France, de son homologue congolais Denis Sassou Nguesso. D’abord, le séjour français du président camerounais Paul Biya. Une visite dite « de travail » pour en signifier le caractère « non politique ». Par conséquent, sa rencontre avec son homologue français au Palais de l’Elysée n’allait être qu’un intermède courtois dans un agenda voué, pour l’essentiel, aux réunions entre la délégation camerounaise et les « opérateurs économiques ».  Objet de ce premier séjour à Paris du dirigeant camerounais depuis l’élection de François Hollande, selon la délégation : « évaluer les intérêts économiques de la France au Cameroun, au travers des activités et du volume des investissements des entreprises françaises dans le pays ». Mais derrière cet énoncé officiel se profilait un autre enjeu, autrement plus entortillé : faire la démonstration du lien « indéfectible », voire obligé, entre les deux pays.

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Interventions médias

« France-Afrique : le rupture, maintenant ? » Itw du 27 mai 2013 sur Africa 24

Sarkozy, Fatal scénario

sarkozy_kadhafi4321Il y a un mois, le parquet de Paris ouvrait une information judiciaire concernant les accusations d’un soutien financier de la Libye à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Une information contre X pour « corruption active et passive, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blanchiment, complicité et recel de ces délits ». L’on a pu s’étonner que cette nouvelle, diffusée pour l’essentiel par la presse écrite, dans la journée du 19 avril, n’ait été ensuite que très timidement reprise par les grands médias audiovisuels français, et qu’elle n’ait été suivie d’aucun développement permettant au public d’en saisir la portée. Car de quoi parle-t-on exactement ? De graves accusations, émises notamment par le sulfureux homme d’affaires franco-libanais Zyad Takiedine, à l’encontre d’un ancien chef d’Etat qui aurait illégalement, et dans un contexte crapuleux, bénéficié de largesses financières prodiguées par Mouammar Kadhafi, celui-là même que Sarkozy présentera, par la suite, comme le mal absolu du Sahel.

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