Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

La guerre imposée

l-etat-islamique-en-irak-s-empare-de-trois-villes-de-l-ouest-de-l-irakEn septembre dernier, nous écrivions ici même, après la constitution d’une coalition internationale destinée à détruire l’Etat islamique : « ces mouvements dits « terroristes » sont parvenus à imposer leur agenda au cœur de la conflictualité internationale (…) L’urgence désormais est de favoriser la mise en œuvre d’une dynamique internationale dressée contre cette « idéologie » crépusculaire et mortifère. Nul ne saurait aujourd’hui se croire à l’abri de cette menace… » La tragédie qui s’est produite en France du 7 au 9 janvier 2015 ne saurait être réduite à une affaire française. L’acte de guerre perpétré par trois soldats du terrorisme international n’aura été qu’un épisode, un de plus, inscrit dans une offensive généralisée de l’islamisme radical. Dans ce contexte, ce qui fut, ces dernière semaines, présenté par certains experts du terrorisme comme une concurrence entre Al Qaïda et l’Etat islamique apparaît plus que jamais comme un leurre destiné brouiller les stratégies de lutte contre l’hydre terroriste. Les frères Kouachi, auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo se réclamaient d’Al Qaïda au Yemen, tandis que leur comparse, Amedy Coulibaly, affirmait agir au nom de l’Etat islamique. L’apparente confusion dans les propos de ces chevaliers de l’Apocalypse porte, au fond, la marque d’une réalité : une division, voire une répartition des tâches et des territoires entre les deux officines de la terreur, déterminées à accélérer le chronogramme d’une guerre totale contre l’ « autre monde », le nôtre. Celui de tous ceux qui s’estiment étrangers à une cause conceptualisée, structurée, entérinée par les architectes de la violence djihadiste.

L’acte posé en France par les deux frères Kouachi et Amedy Coulibaly est un acte politique. Leur guerre, affublée d’une logorrhée pseudo religieuse est, essentiellement, de nature politique. L’affaire ne se réduit pas à une actualité française. Elle vient compléter la liste de toutes les actions orchestrées à travers le monde par le terrorisme islamiste. Depuis deux ans, la toile d’araignée de ce mouvement sectaire s’étend à l’ensemble de la planète avec une étourdissante accélération, au point que les pays visés, pris de vertige, hésitant entre incompréhension et sidération, ignorent toujours la juste réponse à apporter à cette guerre imposée. Ce terrorisme s’inscrit dans un projet politique. Un fascisme « purificateur » et apocalyptique. Face à cette idéologie structurée – hyper structurée –, socle d’une guerre aux règles inédites, il faut inventer de nouveaux instruments de riposte sécuritaire, militaire et politique. Cette guerre imposée est partout présente. Nous sommes tous concernés.

Le fléau est partout présent… C’est le même fil qui relie tous ceux qui aujourd’hui, du Nord du Mali à l’Irak, du Nigeria à la Somalie, du Cameroun à l’Indonésie, de la Libye au Yemen, ont déclaré la guerre à ceux qui ne pensent pas conformément à leur logiciel démentiel. Ces ennemis de la liberté s’insinuent dans nos existences, investissent nos pensées, peuplent nos songes. Leurs victimes se comptent par millions à travers le monde. Ils pourraient être demain présents au plus près de notre voisinage. Peu à peu, depuis la spectaculaire démonstration du 11 septembre 2001, cette idéologie organiquement criminelle est parvenue à devenir une menace quotidienne pour tous. Menace fantôme et absolue. Les pays qui s’en croyaient préservés ont été rattrapés par les tentacules de la pieuvre. Ce qui s’est passé en France en ce début de l’année 2015 n’est pas qu’une affaire française. Loin s’en faut. Ceux qui ont tué à Paris n’étaient que les soldats de cette même cause obscure. Le monde est en guerre. Une guerre imposée par les suppôts du radicalisme islamiste. Ce totalitarisme exterminateur déploie son projet. Il avance à son rythme, et se nourrit de lui-même. Son chronogramme qu’il impose au monde n’est connu que de ceux qui en administrent les séquences. Les acteurs de cette cause n’émettent pas la moindre « revendication » et ne s’embarrassent pas d’un quelconque dialogue avec ceux qu’ils ont rangés dans le camp d’ennemis jurés. Ces artisans exaltés de la haine ignorent et méprisent le champ consacré de la politique internationale. Ils n’ont jamais adressé la moindre missive aux Nations Unies. Leur guerre est un ordonnancement de la fin du monde, de notre monde.

C’est une guerre. L’autre guerre mondiale. Une guerre dont on réfute la réalité depuis bien trop longtemps. Qui déploie ses effroyables manifestations aux quatre coins du monde. Dix-sept personnes tuées à Paris entre le 7 et le 9 janvier 2015. Dans le même temps, deux journalistes tunisiens égorgés en Libye par des djihado-terroristes. Le 10 janvier, 19 personnes ont trouvé la mort au Nigeria, dans un attentat-suicide commis par une fillette de dix ans. En Australie, au Sahel, sur les rives du lac Tchad, en Irak, en Europe, en Afghanistan, la même logique étend son règne : celle de la peur, de la terreur diffuse. L’objectif des acteurs de cette terreur planifiée ? Une course cataclysmique vers le néant, après l’instauration projetée d’un pouvoir sans justification, marqué par une insondable passion du néant, alimenté par les rivières de sang… Le sang des innombrables victimes offertes en sacrifice aux fallacieuses et aveuglantes idoles issues d’un imaginaire nihiliste et corrompu. Les tenants de ce fascisme issu d’une gigantesque imposture – la prise en otage de l’Islam – auront conçu dans leurs repaires secrets les contours du crépuscule de l’humanité. Face à cette force ténébreuse et dévastatrice, quelles alternatives pour les nations et les individus ? Résister, vaincre ou capituler.

Faut-il alors laisser la peur imposer son empire ? Faut-il s’interroger indéfiniment sur les motifs insaisissables de cette guerre imposée ? Faut-il se laisser piéger par le doute et la défiance que les metteurs en scène de l’horreur extrême inoculent à nos sociétés ? Faut-il céder à la tentation de la guerre civile ? Celle que projettent les professionnels du crime en opposant, d’une part, les musulmans les uns aux autres, et, d’autre part, en instaurant, en Europe notamment, les mécanismes d’une irrépressible stigmatisation des communautés musulmanes. Accepterions-nous alors, en cédant à la peur et au désarroi, de devenir les complices involontaires d’une cause ennemie ?

A force de nier ou de sous-estimer la dimension de cette guerre, il faut bien reconnaître que les psychopathes du djihad ont, au fil de ces dernières années, gagné des batailles sans coup férir. Convaincus qu’ils sont désormais de pouvoir étendre indéfiniment leur territoire, ils multiplient leurs assauts meurtriers, caressant le rêve frelaté d’une offensive planétaire. Accepter désormais cette guerre, en usant pleinement et de manière soutenue des instruments de riposte adaptés, relèverait de la légitime défense. En tous lieux désormais, par tous les moyens possibles, il faut combattre ceux qui ont parié sur la défaite de l’humanité.

Francis Laloupo

 

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