Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

La lumière de Pauline Kayitare

Rencontre, dans l’émission « Le Grand Débat » sur Africa n°1

Avec Pauline Kayitare, auteure, avec Patrick May, de Tu leur diras que tu es Hutue, A 13 ans, une Tutsie au cœur du génocide rwandais, paru chez André Versaille Editeur.

Ecouter l’émission

C’était le 21 mars dernier. Un rare moment d’humanité à partager avec vous…

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17 réponses à “La lumière de Pauline Kayitare

  1. Antoine Habiyambere 13 avril 2011 à 8 h 23 min

    Lettre ouverte à Pauline Kayitare

    J’ai lu votre livre suite au salon du Livre à Bruxelles. Je suis moi-même rescapé du génocide et originaire de Karongi.
    Donc je connais très bien ta région qui est la mienne.
    Je préfère m’exprimer en Français pour permettre à mes amis européen de suivre.
    De plus, j’ai vu un certains nombres de critiques naissantes sur la réalité de votre récit et personnellement je me pose des questions auxquelles je souhaiterais une réponse de votre part :
    Dans le livre vous dites avoir toujours été la première dans vos études secondaire, vous dites avoir terminé en 99 vos études secondaires.
    Mais lorsque vous êtes revenu au Rwanda, vous avez terminé vos études primaires après le génocide donc en 95. (à la lecture de votre livre).
    Vous savez comme moi, que le cycle secondaire au Rwanda est de 6 ans, donc vous auriez du terminer vos Humanités en 2001 et non en 1999 ! (normallement vous étiez en 4ième secondaire)
    Hors en 2001 vous étiez à l’Université de Kigali (ULK), certaines de mes amies vous connaisse. Et à ma connaissance en 2ième année Bachelor.
    Dites mois QUELLE MIRACLE vous avez utilisé pour échapper à un Programme Obligatoire de 6 ans au Rwanda ? (valable pour tout le monde).
    Donc si je comprends pour SAUTER les classes vous avez utilisé des méthodes de fraude !!! (Vous avez joué sur certaines désorganisations administratives). Est-ce que je me trompe ?
    Vous affirmez dans votre récit « avoir terminée la 6ième année à la 5ième place » c’est au niveau National ? ou dans votre école ?.
    Si vous étiez la 5ième au Niveau National , vous auriez eu une bourse d’état !!! Pour l’étranger ou pour l’UNR ! (Université National du Rwanda à Butare).
    Si vous étiez la 5ième de votre classe, cela n’aurait rien changé et vos études supérieures auraient été pris en charge à Butare. Comme les lauréats les plus brillants de notre examen National !

    Or vous avez fréquenté une université privée , et c’est Le FARG (Fonds d’Appui au Rescapés du Génocide) qui prenait en charge votre scolarité . Parce que vous ne faisiez pas partie des élèves attributaires des bourses nationales.
    Si je ne me trompe pas, il y a là encore tromperie.
    En partant en 2001 en France , vous étiez en 2ième Bachelor ( niveau bac Français) à l’ULK , vous affirmez sur votre site étudiez à la Sorbonne et dans votre livre page 166 étudiée dans une école de comptabilité à Paris Bonne Nouvelles ( donc un cours privé).
    Dans votre interview sur Africa Numéro un , vous affirmez au journaliste avoir fait des grandes études.
    Pouvez vous nous précisez l’université, et titres que vous avez obtenu pour la gouverne des lecteurs. ?

    Sur votre synopsys long de http://www.kayitare.com (votre site), vous dites que votre père quittait la nuit l’ile de Nyamunini pour aller dans votre cellule !
    Etant de Rutsiro, je me permet Madame, de vous signaler qu’il plus de 18 Kilomètres, soit 1 heure en bateau à moteur ou plus de 4 heures à la nage , connaissant l’état de santé général dans lequel se trouvait les Tutsis, pensez vous que sans manger, dormir, il est possible d’accomplir un tel exploit sportif. ?
    je vous reprocherais de beaucoup d’imprécisions sur les lieux et places de votre histoire.

    Vous dites avoir été témoin de l’extermination en témoin privilégiée de plus de 150 personnes, j’espère au nom des disparus que vous avez apporté votre témoignage au Gacaca de cette cellule ! Avez-vous donné ce témoignage ?
    De plus vous affirmez avoir été violée ? Avez-vous déposez une plainte contre votre violeur ?

    J’attends vivement des éclaircissements de votre part, pour me permettre de comprendre bien votre récit et la véracité de celui-ci.

    Merci

    Antoine Habiyambere

    habiyambereantoine@rocketmail.com

  2. scholastique 26 avril 2011 à 17 h 11 min

    Je suis Scholastique, je suis allée à l’école avec Pauline Mukayiranga qui se dit maintenant Kayitare.
    Cette fille a toujours menti depuis qu’elle est petite.Je la connais trop
    Pour elle , vivre c’est être dans un film et se prendre pour une STAR, elle a toujours révé de cà.

    Bravo Pauline , j’espère que tu as gagné beaucoup d’argent en racontant tes conneries aux Blancs (Mzungu)! mais as tu pensé au moins à tes frères de Mataba qui sont toujours en vie !

    Murakoze

  3. antoine 27 avril 2011 à 7 h 23 min

    Tout d’abord merci à Francis Laloupo, d’avoir publié ma lettre ouverte sur ce blog.
    Je suis étonné de voir que je n’ai pas de réactions de l’auteur.
    Ce qui prouve que nos doutes et nos remarques sont la vérité.

    Loin de là l’idée de faire un procès d’intention, nous tenons juste que nous disions la vérité au monde sans en rajouter.

    Antoine

    • Pauline Kayitare 27 avril 2011 à 15 h 24 min

      « Il faut faire taire cette menteuse et tous les soi-disant témoins de ce pseudo génocide ! », criez-vous.

      Tout est dit, et tout le monde aura compris le but de cette polémique.

      Vous m’attaquez, me faites subir un interrogatoire policier, mais qui êtes-vous pour me donner des leçons ?

      « Qui ne dit mot, consent » ? Et de quel droit exigez-vous de moi de m’aligner sur votre vision des choses ? Nous ne sommes ni sous le stalinisme ni sous le maccarthisme et je n’ai aucun compte à rendre à des censeurs.

      D’ailleurs, au nom de quoi vous proclamez-vous détenteurs de la « Vérité » ? Et qu’est-ce que c’est que ces appels solennels à la censure ? Êtes-vous si peu sûrs de vous que vous ayez besoin d’être rejoints par la foule ?

      Messieurs, avez-vous déjà été violés pour oser dire à une femme comment elle doit se comporter par la suite ?

      J’ai écrit un témoignage où je raconte sincèrement et librement ce que j’ai éprouvé. Me contestez-vous le droit d’éprouver ce que vous ne ressentez pas ? Si vous avez connu des horreurs aussi traumatisantes que celles que j’ai traversées, et que vous avez agi de manière plus conforme à je ne sais quelle Vérité officielle, prenez donc la peine d’écrire vous aussi un livre dans lequel vous donnerez votre vision des choses. Même si celle-ci devait totalement s’opposer à la mienne, croyez-moi, je vous lirais avec intérêt : la démocratie ne respire que par la confrontation de perspectives différentes.

      Sur ce, Messieurs les censeurs, adieu. Écrivez dans ce forum tout ce que bon vous semblera, amusez-vous à l’envi à me salir, je ne compte pas répondre à des insultes si évidemment téléguidées par des gens qui ont tout intérêt à discréditer sinon à détruire les rares témoignages relatant les horreurs du génocide des Tutsis…

      Pauline Kayitare

      http://www.kayitare.org

  4. CLAUDINE 30 avril 2011 à 21 h 05 min

    Bonsoir,
    Voici quelques morceaux choisis sur le livre, ce n’est n’est pas de la censure , c’est ce que dit l’auteur Bonne lecture

    Page 94
    Tu dis « Parmi les soldats du FPR, de très jeunes enfants,
    maigres, plus petits que moi, portant mitraillette ou fusil,
    et qu’on appelle les kadogos, les petits. Ils arborent un
    regard fier et pour rien au monde, me semble-t-il, ils ne
    troqueraient leur arme contre une caresse. »
    Qui es tu pour discriminer NOS LIBERATEURS !
    Notre armée mérite le respect, que le ridicule de ta description

    Page 94
    Tu dis « Un peu plus loin, nous sommes arrêtés par un groupe
    de soldats du FPR. Ils nous fouillent rapidement.
    « Alors, vous deux, là, vous êtes des Hutus ou des
    Tutsis ?
    – Nous ?
    – Oui, vous. »

    C’est faux d’attribuer de telles abérations car le premier objectif du FPR est de combattre ce divisionnisme et discrimination ethnique
    Notre armée de libération était contente d’accueillir tous les Rwandais qui était dans le pays et qui rentrait. Chaque Rwandais qui rentrait était encore pour le FPR une victoire pour reconstruire le Rwanda
    Pauline tu es vraiment manipulé par ceux qui ont toujours divisé notre pays , pour mieux règner dessus (voir aussi page 125).

    Page 125
    Tu dis « les Tutsis de la diaspora qui sont rentrés
    au pays après le génocide paradent dans des voitures
    rutilantes, se font construire des villas luxueuses et affichent
    une richesse insolente. Ce sont surtout les Abasajya
    (partie de la diaspora tutsie), rentrés d’Ouganda,
    qui suscitent l’envie des Tutsis de l’intérieur. En même
    temps, ces hommes qui se sont emparés des postes-clefs,
    font affluer des capitaux en provenance d’Europe et rebâtissent
    le pays. C’est grâce à eux que Kigali se reconstruit
    et se développe dans des proportions inattendues. »

    Madame Pauline , comment peux tu te permettre après le terrible drame du Génocide des Tutsis au rwanda, te permettre de lancer DES DIVISIONS encore !
    As-tu fait un recensement pour déterminer et affirmer que les poste clés sont tenus par ces gens que tu nomme des Abasajya !
    C’est quoi ce nom, pourquoi tu developpes cette jalousie envers la diaspora !

    La diapora venant d’ouganda merité d’être salué pour leur courage et détermination de nous avoir libérer du joug des génocidaires.

    Si tu es vivante, c’est grâce à la pression politico militaire qui ont faites qui a permis de nous libérer.
    Sans eux il n’y aurait pas eu de rescapés.
    Nous leur devons le respect.
    En tant que rescapée je te demande de corriger ton livre et de ne pas te faire manipuler par les gens qui ne peuvent pas accepter leur défaite dans notre pays.
    Ils sont jaloux d’avoir perdu de leur influence et des progrès faits pour reconstruire notre pays.

    Il t’on promit quoi pour salir et TRAHIR ton propre pays ?

    Page 170
    Tu dis » C’est un autre Rwanda que je découvre le lendemain,
    en faisant un tour en taxi avec papa. Je visite le quartier
    de Gisozi, qui n’existait pas quand j’ai quitté le pays, et
    qui est parsemé de villas somptueuses, construites pour
    les nouveaux riches. Une richesse ostentatoire, arrogante
    au regard de la pauvreté endémique du pays. Des villas
    de huit ou dix chambres pourvues de terrasses, au milieu
    de parcelles gigantesques où des arbres commencent à
    atteindre un peu de hauteur ; des jardins qui descendent
    le long de la colline, semés des fleurs de toutes les couleurs
    ; et çà et là, une fontaine ou une grotte artificielle
    qui témoigne de l’éternel mauvais goût des gens trop rapidement
    enrichis. »

    En lisant tes propos on dirait que tu es jalouse des rwandais qui reconstruise leur pays.
    Pourquoi juger leur gout ! tu devrais admirer que de critiquer
    Ces gens jusqu’à preuve du contraire travaille , paye des impôts pour construire le rwanda nouveau.
    Et tous les Rwandais suivent l’exemple , et construisent le pays.

    Tous les Rwandais bénéficie de la Mutuelle de santé, les études primaire jusqu’en 3ième secondaire sont pris en charge par l’état.
    L’électrification rurale , et le développement des points d’eau comme de l’internet sur toutes les collines fait avancé le pays à grand pas.
    Les infrastructures routières sont réparés et étendues.

    C’est le travail et la volonté de tous les Rwandais qui permet tout cela .
    Je te rappelle que même en Europe, il y a des pauvres
    tu nous fait HONTE !

    • Gilles Prouvost 22 décembre 2011 à 23 h 50 min

      Je ne sais pas si Pauline Kayitare a dit la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Ce que je sais, par contre, c’est que tous ceux qui sont allés récemment au Rwanda rapportent avoir rencontré cette morgue des nouveaux riches. Que si l’objectif d’union nationale proclamé par le FPR a sans doute bel et bien existé, les « dérapages » ont été nombreux et le sont encore. Que le pillage de l’Est congolais par les troupes rwandaises (tutsies) et les exactions commises sont aussi une vérité indéniable. Alors, de grâce, polémiquons sereinement pour approcher la vérité, mais, Madame Claudine, épargnez-nous votre propagande.

  5. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 44 min

    Témoignages d’élèves de l’Institut de La Providence à Wavre

    Chère Pauline,
    Je voudrais vous remercier pour votre témoignage. Celui-ci m’a beaucoup touchée.
    Je tenais aussi à vous dire que vous m’avez fortement émue. Votre courage et votre force sont incroyables et je pense que cette rencontre changera ma vie. Elle me permettra de voir le monde autrement, en plus positif. Encore milles fois merci !
    S***

    Votre histoire m’a vraiment beaucoup touchée. Vous êtes femme formidable, vous rayonnez.
    Je vous souhaite beaucoup de bonheur et une très belle vie.
    Y***

    Je vous admire pour votre courage. C’est incroyable l’histoire que vous avez vécue et la chance que vous avez d’être là aujourd’hui ou la malchance d’avoir vu toutes ces horreurs.
    Je vous remercie d’avoir fait réfléchir à toute la chance que nous avons ici en Belgique.
    Vous donnez du courage et de l’espoir aux personnes autour de vous.
    Encore beaucoup de bonheur dans la vie avec votre fille et votre famille.
    A***

    Je n’ai jamais pu ressentir une telle admiration pour une personne…
    Vous êtes admirable, apte d’un courage exemplaire pour chacun de nous.
    Votre bonté nous est parvenue. Je vous souhaite de tout cœur une vie magnifique et beaucoup de bonheur.
    A***

    Vous avez de force incroyable malgré tout ce que vous avez vécu, votre personnalité brille !
    Je vous souhaite tout le bonheur du monde.
    J***

    Votre histoire m’a fortement touchée. Je vous respecte pour tout le courage que vous avez et que vous avez eu pour affronter toutes ces horreurs.
    J’espère que désormais vous aurez de la chance dans votre nouvelle vie et beaucoup de bonheur. L’avenir vous appartient.
    PS/ Ma meilleure amie est rwandaise, son père a vécu la même chose que vous, malheureusement il est mort. Vous êtes une femme remarquable pleine de courage.
    Bisous. Bonne continuation. Félicitation pour votre petite fille et pour toutes les choses que vous avez accomplies.
    L***

    Je voulais vous remercier pour votre témoignage. Peu de gens savaient réellement ce que vous avez vécu pendant ces 100 jours atroces.
    Peut-être grâce à votre témoignage et à votre livre, les gens ne referont plus la même erreur encore une fois.
    C***

    Aujourd’hui je décide de vous écrire pour compatir à votre apaisement. Jusqu’à aujourd’hui je vivais dans l’ignorance de l’histoire de mon cousin le plus proche.
    En effet lui aussi a vécu cette tragédie à l’âge de 6 ans. Ma tante a fait la sage décision de l’adopter, il avait 7 ans.
    Maintenant il a 22 ans. J’ai perdu tout contact avec lui avec regret. Après ce film et votre témoignage, je comprends et compatis enfin à sa souffrance aussi, son incompréhension et son apaisement.
    Merci pour votre histoire, merci pour votre réalité.
    B***

    Je voulais simplement vous dire merci.
    C’est grâce à des personnes comme vous que nous sommes capables de comprendre plus ce qui s’est passé.
    Je pense que si nous ne l’avons pas vécu, on ne peut pas se rendre compte de l’horreur vécu par les peuples. Grâce à vous, à votre témoignage et à votre courage, on ne pourra jamais oublié ce qui s’est passé et, je l’espère, empêcher que cela se reproduise.
    Encore bravo et merci pour votre courage.
    P***
    Je suis de tout cœur avec vous.
    K***

    Merci pour ce témoignage émouvant.
    A***

    Je suis de tout cœur avec vous.
    Je comprend tout ce que vous avez vécu et je suis enchantée de vous avoir rencontrée, je vous souhaite beaucoup de bonheur et de chance pour la suite.
    Gros bisous,
    L***

    Merci pour votre témoignage. Celui-ci m’a énormément touchée et j’admire votre courage ainsi que votre force de vous battre. Profitez pleinement de cette nouvelle vie qui vous a été offerte, accompagnée de vos proches.
    A***

    Je vous respecte de tout mon cœur.
    T***
    Citer
    Témoignage d’une élève

    Bonjour. Mon nom est N***. Je suis une des élèves du collège Saint-Pierre où vous êtes venu témoigner du génocide rwandais ce 30 septembre 2011.
    J’ai voulu venir vous trouver après la conférence mais il y avait beaucoup de gens qui voulaient encore poser des questions donc je n’ai pas insisté.
    Je voulais simplement vous dire que j’ai trouvé votre conférence très intéressante et très touchante. Vous m’avez beaucoup donné envie d’acheter votre livre. Plus qu’un témoignage, c’est une vraie leçon de vie que vous nous avez donnée. Comme vous l’avez si bien dit, les hommes sont tous égaux et il est bien triste d’en arriver à des situations où les gens peuvent se comporter comme de véritables monstres.
    J’admire le courage et la force avec laquelle vous vous êtes relevée de cette terrible épreuve. Parfois les hommes s’emportent pour des choses tellement futiles qu’ils en oublient les vrais malheurs.
    Je vous souhaite une très bonne continuation.

    N***
    Citer
    Commentaires de quelques élèves du lycée JBJ Augustin de St-Dié-des-Vosges, après la rencontre avec Pauline Kayitare, le 7 octobre 2011 :

    « Je suis très heureuse que vous soyez venue pour nous raconter votre histoire. » (A***)

    « J’ai été très touchée par votre histoire, vous avez dû voir des choses horribles dans le passé. Cela nous a beaucoup touchés, et maintenant, pensez à votre fille qui ne vous apportera que du bonheur dans votre vie ». (L*** )

    « J’ai apprécié que vous nous parliez du génocide rwandais, vu que nous ne savions pas ce qui s’était passé là-bas. Cela m’a fait penser à des personnes de ma famille qui sont mortes. » (F***)

    « Votre venue dans notre lycée m’a touché. Une personne comme vous qui a vu tant de choses horribles et terrifiantes, et qui ose en parler, je trouve ça très courageux de votre part. J’espère que vous continuerez à parler de votre histoire dans d’autres écoles. Je vous souhaite plein de belles choses pour l’avenir ». (S***)

  6. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 46 min

    Découvrez le témoignage et l’envie de
    d’inviter Madame Pauline Kayitare dans votre classe. Pauline Kayitare est une rescapée
    du génocide rwandais de 1994. Elle a 13 ans lorsqu’elle perd sa mère et ses
    frères et soeurs, massacrés par des gens qui avaient été des voisins, des
    proches, des amis… Sa survie, elle la doit à un bon conseil de sa mère. Un
    conseil en forme d’assurance-vie : « tu leur diras que tu es Hutue. » Elle
    échappera miraculeusement à la mort dans un pays en proie à la folie.
    Devenue adulte, elle obtiendra la nationalité française en se faisant, une
    nouvelle fois, passer pour Hutue. Aujourd’hui, elle raconte ces journées
    qu’elles a passées cachée, seule, dans la jungle, ces îlots perdus où se
    réfugiaient les Tutsis terrorisés, les longues marches durant la nuit pour
    échapper aux tueurs, les coups de machettes, le silence assourdissant des
    pays européens, Belgique et France en tête. Mais dans ce témoignage, aucune
    trace de haine ou de rancoeur. Pauline Kayitare livre ici un récit bouleversant,
    forcément subjectif mais empreint d’une réelle humanité.
    Un message fort que la jeune femme aimerait pouvoir porter dans les écoles
    afin de discuter avec les jeunes et aborder avec eux des valeurs comme la
    tolérance, le respect des autres, de leur culture. Enseignons.be a rencontré pour vous Pauline Kayitare.
    Bonjour Pauline. Je suis très heureux de vous rencontrer car j’ai été vraiment touché par votre livre. Ma première
    question est la suivante : pourquoi, afin d’obtenir la naturalisation française, avoir une nouvelle fois menti en
    prétendant être Hutue alors que les victimes du génocide étaient les Tutsis?
    Après 1994, nombreux ont été les génocidaires à demander l’asile politique à la France. Le gouvernement était depuis juillet
    aux mains des Tutsis. Pasteur Bizimungu était devenu le président et Paul Kagame le vice-président. Le FPR (Front patriotique
    rwandais), qui était principalement tutsi, était au pouvoir. En tant que Tutsie, je n’avais donc aucune raison de quitter mon
    pays. Mais il fallait que je parte. J’ai donc menti à nouveau.Un mensonge nécessaire car même si j’ai vécu dans l’imposture,
    elle m’a permis d’avancer. Dans la peau d’une victime, ce n’était pas possible.
    « CE LIVRE, C’EST AVANT TOUT UNE THÉRAPIE »
    Pourquoi avoir écrit ce livre?
    Après avoir fui le Rwanda, j’ai étudié en France et travaillé. Je me suis mariée et ai aujourd’hui une petite fille. Depuis
    quelques mois, j’habite en Belgique et je travaille dans un cabinet d’avocats. Mais alors que tout semblait enfin aller bien pour
    moi, je suis tombée en dépression. On ne peut pas oublier ce qui s’est passé. Pendant 16 ans, j’ai revécu l’horreur, je faisais
    des cauchemars. Mon compagnons m’a suggéré d’écrire mon histoire, ce que j’ai fait. Ce livre, c’est avant tout une thérapie.
    Une manière d’exorciser ses démons?
    Oui. Et c’est aussi un devoir de mémoire. La plupart des gens n’osent pas parler de ce qui s’est passé, ils ne trouvent pas
    de mots pour expliquer l’inexpliquable.
    Justement, vous, comment expliquez-vous ce qui s’est passé?
    Je ne l’explique pas. Vous savez, ces tueurs, ce sont des gens avec qui on avait tout partagé. On avait plongé nos mains dans
    la même assiette. Et du jour au lendemain, ils sont devenus les chasseurs et nous le gibier. Lorsqu’ils nous chassaient, nous
    nous cachions dans la forêt. Et lorsqu’il pleuvait, ils rentraient se mettre à l’abri tandis que nous restions sous la pluie. Et je
    me demandais : « Pensent-ils à nous quand ils sont au chaud? »
    « J’ÉTAIS SUR LE BANC DES ASSASSINS »
    Le conseil de votre mère vous a sauvé la vie. Expliquez-moi.
    Nous avions été capturés par les tueurs dans le village. Je me suis souvenue du conseil de ma maman et j’ai dit à l’homme qui
    m’avait attrapée : « ne me tuez pas, je suis comme vous, je suis Hutue ». Et là, j’ai vu que l’homme hésitait. Est-ce qu’il m’a
    crue ou est-ce qu’il m’a laissé le bénéfice du doute? Je ne sais pas. Tous les autres prisonniers ont été tués. Des hommes, des
    femmes et des enfants. Et moi, je vivais. Et j’ai tout vu. C’était le prix de ma vie, tous ces morts. La question que l’on se pose,
    c’est « pourquoi moi et pas les autres? » J’étais sur le banc des assassins, spectatrice. Et personne ne criait, l’espoir était tué.
    Il y a sûrement chez moi un sentiment de honte. Et puis ces femmes qui sortaient piller les cadavres…
    Ma maman ne m’a pas sauvé la vie, elle m’a insufflé la survie. C’est grâce à elle que je suis en vie et pour elle que je vais me
    battre. Désormais, c’est en moi.
    Le mensonge fonctionne car vous êtes petite et que vous n’avez pas les traits physiques des Tutsis.
    Oui et il n’y avait pas la carte d’identité. Il faut savoir que normalement, chaque rwandais avait sa carte d’identité sur laquelle
    il était noté si vous étiez Hutu ou Tutsi. Nous étions contrôlés à l’école. Et la discrimination était bien présente. Il y avait des
    listes. Seuls les Hutus pouvaient aller à l’université, par exemple. Les instituteurs favorisaient les Hutus.
    « LES CRIMINELS SONT REVENUS HABITER DANS LE VILLAGE »
    Votre père a survécu lui aussi. Comment peut-on se reconstruire après avoir vécu tout cela?
    Mon père est quelqu’un d’extraordinaire. C’était un homme fort, qui savait se battre. Mais aujourd’hui, il n’a plus envie de
    vivre, comme beaucoup de gens qui ont vécu le génocide. Ces crimes laissent des traces profondes. Quand vous revenez dans
    votre village et que celui-ci est désert, soit vous devenez fou, soit cous continuez. Et le plus dur, ce sont les criminels qui
    sont revenus habiter dans les villages où ils ont tué leurs amis, des membres de leur famille… Lorsque je suis retournée
    enterrer ma mère et mes frères et soeurs, il y avait des gens qui avaient commis des crimes qui étaient présents. Mais mon
    père n’a pas de rancune, pas de méfiance. Il ramène des gens à la maison, sans distinction. Il a adopté des enfants hutus.
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    C’est une belle leçon de vie.
    C’est votre père qui a retrouvé les corps de votre maman et de vos frères et soeurs.
    Oui. Plus de neuf ans plus tard, il les a retrouvés. J’ai reconnu ma maman grâce à ses vêtements. J’ai été heureuse de pouvoir
    les enterrer et ainsi faire mon deuil.
    Aujourd’hui, vous souhaitez témoigner dans les écoles. C’est un beau message que vous portez.
    Cela me tient à coeur. Plus d’un million de personnes ont été massacrées. Il faut en parler. Peut-être les gens sont-ils prêts
    aujourd’hui à entendre ce qui s’est passé.
    Voilà donc un témoignage à découvrir et à faire découvrir. Notons que Pauline Kayitare reversera les droits de son ouvrage à
    une association qui vient en aide aux orphelins de Kibuye au Rwanda. En vraie boulimique du travail, elle n’envisage pas
    pour l’instant de mettre son métier de comptable entre parenthèses… mais si les sollicitions sont nombreuses, elle promet d’y
    penser. Si vous souhaitez inviter Pauline dans votre école, prenez contact avec Anne Wuilleret
    (a.wuilleret@andreversailleediteur.com).
    Vous avez envie de lire le livre? Les éditions André versaille vous proposent d’en découvrir les premières pages. Et si vous
    nous laissez un petit mot sur le site, Enseignons.be vous enverra peut-être un exemplaire dédicacé. Bonne lecture

  7. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 48 min

    Tu leur diras que tu es hutue
    À 13 ans, une Tutsie au coeur du génocide
    Per una bizzarra serie di coincidenze, alcuni popoli coinvolti in tragedie recenti
    sono gli stessi che molti di noi aveva-no conosciuto da piccoli, quando erano
    associati a situazioni spensierate e piacevoli. Nei primi anni Sessanta era in voga
    il tamuré, un ballo di origine polinesiana; nello stesso periodo Marlon Brando
    interpretava Fletcher Christian, il giovane ufficiale che guida gli ammutinati del
    Bounty nel celebre film di Lewis Milestone. La bellezza scintillante della Polinesia era
    sottolineata dalla presenza di Tarita Teriipia (Maimiti), che poi sarebbe diventata la
    moglie del celebre attore statu-nitense. Negli stessi anni Edoardo Vianello divenne
    famoso con la canzone « I Watussi ». Nel 1994, purtroppo, abbiamo scoper-to che
    questi erano i Tutsi sterminati durante il genocidio ruandese.
    A questa tragedia recente [il genocidio ruandese] è dedicato il libro di Pau-line Kayitare
    Tu leur diras que tu es hutue. À 13 ans, une Tutsie au coeur du génocide (André
    Versaille, Bruxelles 2011).
    L’autrice è una tutsi sopravvissuta al genocidio: all’epoca, come dice il titolo,
    aveva soltanto 13 anni.
    Il racconto di Pauline si apre con la morte del presidente ruandese Habyarimana
    e descrive i massacri che sono stati com-piuti nella regione di Kibuye, sulla riva
    orientale del lago Kivu: gli agguati, le fughe, la paura…
    « Tu dirai loro che sei una hutu »: grazie a questo trucco, ideato dalla madre di
    Pauline, la giovane tutsi ha potuto sal-varsi. Il suo libro si aggiunge a quelli già
    usciti negli anni scorsi, dando al resto del mondo un nuovo strumento per ca-pire
    questa immane tragedia che ha chiuso il ventesimo secolo. Una tragedia sulla
    quale forse non si è riflettuto abba-stanza.
    La prefazione è firmata dalla giornalista belga Colette Braeckman, autrice fra
    l’altro di due libri sul genocidio ruande-se: « Rwanda, histoire d’un génocide »
    (1994) e « Rwanda-Burundi: les racines de la violence » (1996), entrambi
    pubblicati da Fayard.
    Per altre informazioni:
    http://www.andreversailleediteur.com

  8. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 50 min

    Devenir Hutu, une question de survie
    Une mémoire enfouie, celle des survivants, et un silence assourdissant qui les a
    longtemps empêchés de vivre. C’est l’histoire de Pauline, 13 ans en 1994, en plein
    génocide des Tutsi. « Tu leur diras que tu es hutue » est le précieuxconseil que lui
    avait donné sa mère, à laquelle elle rend aujourd’hui ce vibrant hommage. Elle viendra
    nous l’expliquer le 29 avril au CCLJ.
    C’est dans une lumière intimiste, entre les murs de la magnifique exposition « 6 milliards
    d’Autres », qui vient de se voir prolonger jusqu’en juin 2011 à Tour & Taxis, que Pauline
    Kayitare a choisi de raconter son histoire aux journalistes. L’histoire d’une jeune Tutsi de 13
    ans, obligée de se faire passer pour Hutu pour survivre, et contrainte d’assister impuissante à
    l’assassinat des siens, avant de parvenir à quitter le pays.
    Son physique peu identifiable et son mensonge la sauveront au Rwanda, comme ils le feront
    quelques années plus tard en France, lorsqu’elle demandera l’identité française. La seule
    possible pour rentrer au pays et enterrer sa famille dans la dignité.
    Grâce à Colette Braeckman, spécialiste de l’Afrique des Grands Lacs qui signe la préface de
    son livre Tu leur diras que tu es hutue (GRIP – André Versaille éditeur), Pauline a rencontré
    Patrick May, journaliste, amoureux de l’Afrique lui aussi. Déjà coauteur du livre de Yolande
    Mukagasana La Mort ne veut pas de moi (Robert Laffont, 1999), ce dernier aidera la jeune
    femme à exprimer sa douleur et à la traduire en mots. Il réunira même ses dernières forces
    dans cet ouvrage, décédant d’un cancer peu de temps avant sa publication.
    « Au Printemps 1994, j’ai appris par mes parents que l’avion du président Habyarimana avait
    été abattu à Kigali. Très vite, les souvenirs de 59 et de 73 nous ont fait craindre le pire… »,
    confie Pauline. « J’ai écouté ma mère qui m’avait recommandé de dire que j’étais hutu, et
    c’est ce qui m’a sauvée. Elle n’a malheureusement pas survécu, mes cinq frères et soeurs
    non plus. Nous en avons eu la certitude en 2002, après voir retrouvé leurs corps ».
    Raconter pour pouvoir avancer ? « C’était une nécessité. Après toutes ces années, il y a eu le
    “retour du reflet” », explique Pauline. « Patrick May m’a aidée à m’approprier mon identité, à
    assumer mon histoire. Aujourd’hui, je n’ai pas de haine contre les génocidaires, même si je
    ne comprends toujours pas ce qui s’est passé dans la tête de ces gens avec qui nous avions
    tout partagé. Mon seul but est que cela ne se reproduise pas ».
    Chercheur au GRIP, lui aussi d’origine tutsi, Pamphile Sebahara revient sur les motifs qui
    justifient de parler, 17 ans après : « Il y a un passé qui ne passe pas, et l’assumer est
    essentiel pour construire l’avenir. Comment arrive-t-on à redonner un sens à la vie après
    avoir vécu de tels traumatismes ? Témoigner sert de thérapie individuelle, en permettant de
    positiver sa situation de survivant. C’est aussi un hommage aux disparus, comme le montre le
    titre de ce livre. Et le témoignage a enfin une valeur sur le plan social, c’est toute une société
    qui a vécu le traumatisme, c’est tout un tissu social qui a été détruit et doit être reconstruit. Le
    Devenir Hutu, une question de survie 08/04/11 12:58
    http://www.cclj.be/print/1902 Page 2 sur 2
    témoignage est donc aussi facteur de thérapie collective : donnons-nous les moyens de ne
    plus tomber dans ces extrêmes, et de lutter contre le négationnisme puisque celui-ci fait
    partie intégrante du projet de génocide. La Justice aussi a besoin des témoins ».
    Colette Braeckman relève la particularité du témoignage de Pauline Kayitare : « Dans toute
    tragédie, il y a un après. En trois mois, un million de personnes ont été emportées par la
    haine. Que devient-on ensuite ? Comment retrouve-t-on le chemin des vivants ? Le
    témoignage de Pauline est un témoignage sur la résilience, et c’est en cela qu’il est unique,
    avec cet espoir et, en définitive, le triomphe de la vie, puisqu’elle vient de donner naissance à
    une merveilleuse petite fille ».
    Pauline a déjà décidé de verser les recettes de son livre aux orphelins de Kibuye, son village
    natal.
    Pauline Kayitare, Tu leur diras que tu es hutue, préface de Colette Braeckman, andré
    versaille, 2011
    Centre Communautaire Laïc Juif asbl

  9. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 54 min

    17e Commémoration du Génocide des Tutsi à Genève.
    Témoignage à vif sur la souffrance des rescapés face aux
    assauts répétés du révisionnisme et du négationnisme.
    19 avril 2011 Par Anastase Ngendahimana (ami d’Israël).
    « Ce samedi 9 avril, la communauté rwandaise de Suisse s’est retrouvée pour commémorer le 17e anniversaire
    du Génocide des Tutsi. La même cérémonie avait eu lieu jeudi 7 avril au Palais des Nations, à Genève.
    Désormais traditionnels, les deux événements ne diffèrent que par le statut des «mémorants» et les moyens
    investis.
    Alors qu’à l’ONU, c’est la communauté internationale qui a choisi de se souvenir chaque année du crime qui a
    anéanti la vie de plus d’un million des nôtres dans l’indifférence de ceux et celles dont la charge était de
    protéger ces mêmes victimes, la communauté rwandaise, elle, se souvient de ses morts, marque son soutien aux
    survivants et renouvelle son engagement à combattre de toutes ses forces les velléités de ceux qui colportent
    encore la même idéologie mortifère à travers le négationnisme.
    Michel Gakuba, président d’Ibuka-Suisse a ouvert la cérémonie en rappelant la détresse dans laquelle les
    rescapés du génocide vivent, tant sur le plan matériel que sur le plan moral. Il a souligné la nécessité et
    l’urgence d’apporter une aide matérielle conséquente afin de nourrir, loger, soigner et protéger ceux et celles
    d’entre les survivants qui ne sont pas en mesure de subvenir à ces besoins.
    En écho au thème de la 17e commémoration, le président d’Ibuka-suisse a souligné l’impact destructeur,
    relativement méconnu, qu’exercent sur la santé mentale des rescapés, les offensives négationnistes qui ne
    cessent de prendre de l’ampleur. Ces moments de commémoration devraient être compris comme des gestes de
    résistance car les criminels et ceux qui les soutiennent n’ont pas désarmé. Ils continuent leur entreprise
    d’anéantissement par d’autres moyens non moins destructeurs que la machette et la grenade. La mémoire est
    plus que jamais leur cible ; ils l’embrouillent, la travestissent, la flétrissent en utilisant tous les moyens de
    communication disponibles, en particulier la presse et l’édition.
    «De plus en plus, a poursuivi Michel Gakuba, des thèses négationnistes deviennent un enjeu de la propagande
    des politiciens ethniques, ce qui leur assure une diffusion plus large. Certains de ces politiciens intègrent en effet
    le négationnisme dans leur identité et investissent des moyens considérables pour le soutenir. Ce faisant, ils
    s’associent aux bourreaux d’hier et risquent de devenir les bourreaux de demain. Les opinions publiques doivent
    être alertées, car c’est un enjeu primordial pour les droits humains. »
    Après l’allocution de M. Gakuba l’assistance a écouté le message de Mme Vanetia Sebudandi, notre
    ambassadeur en Suisse. La diplomate a rappelé le travail remarquable de réconciliation que le gouvernement
    a entrepris et qui est aujourd’hui non seulement apprécié par la population mais aussi salué par la communauté
    internationale depuis des années.
    Abordant le volet de la justice, Mme Sebudandi a insisté sur les moyens mis en oeuvre à l’intérieur comme à
    l’extérieur du pays pour traduire devant les juridictions ad hoc tous ceux et celles qui ont trempé dans le crime.
    Elle a clairement affirmé la détermination du gouvernement de continuer à faire tout ce qui est en son pouvoir
    pour assurer la sécurité de tous les citoyens, soutenir les franges de la population les plus vulnérables et exiger
    que les nombreux présumés coupables de génocide soient poursuivis où qu’ils se trouvent et comparaissent
    devant les tribunaux.
    Cette politique de fermeté dans le combat contre les tenants des idéologies d’exclusion n’exclut pas évidemment
    l’offre de pardon à ceux qui consentent à le demander. Loin de signifier une faiblesse de la part de ceux qui ont
    la charge de conduire le pays, la disponibilité pour le pardon est une force et une sagesse dont le peuple
    rwandais dans son ensemble apprécie les dividendes en termes de paix et de concorde nationales.
    L’exposé de notre ambassadeur a été suivi par l’allocution de Madame Sandrine Salerno, la Maire de Genève,
    qui a tenu à être à nos côtés en ce jour en signe de réconfort et de compassion. Le propos de Madame Salerno
    était dénué de toute ambiguïté : le génocide des Tutsi est un fait d’histoire que le monde entier a reconnu
    comme tel. A ce titre, il n’interpelle pas le seul Rwanda mais la communauté internationale dans son ensemble.
    Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise pas où que ce soit dans le monde.
    Mais il est surtout de notre devoir d’être aux côtés des survivants pour leur témoigner notre soutien et notre
    empathie. Madame Salerno a salué la remarquable capacité de résilience dont ont fait preuve les rescapés du
    génocide des tutsi, mais en même temps elle a reconnu que rien n’est acquis définitivement et qu’il est impératif
    d’être aux côtés de tous ceux qui ont eu à souffrir de ce drame pour les accompagner du mieux possible. Et la
    présence de la maire de Genève à cet évènement s’inscrivait dans cette démarche.
    Qui dit commémoration dit nécessairement partage de la mémoire. Celle de nos disparus a pris appui sur un
    témoignage de Madame Pauline Kayitare. La frêle et jeune femme a raconté l’enfer qu’elle a vécu depuis cette
    nuit du 6 avril où, à peine âgée de 13 ans, elle avait observé sans comprendre toute sa famille se préparer à la
    mort alors que les miliciens l’encerclait. Sa mère, réalisant clairement ce qui allait advenir aux siens en
    quelques heures, prit à part sa fille, l’habilla chaudement et, la regardant droit dans les yeux, lui fit cette
    recommandation : «Pauline, cours, cours, éloigne-toi d’ici, vas aussi loin que tu pourras car nous autres
    nous n’en avons plus pour longtemps. Si on te demande tes papiers, dis que tu n’en as pas besoin : Tu leur
    diras que tu es hutue, la fille de Paul Gahutu.»
    La suite du récit est absolument insoutenable. Particulièrement cette scène des exécutions de centaines de tutsi
    sous les yeux d’un enfant qui ne pouvait même pas s’accorder un gémissement sans signer sa mort. Pauline, que
    la recommandation de sa mère a pu sauver provisoirement la vie en semant le doute dans l’esprit des tueurs,
    aura à faire face au supplice du viol, à la contemplation forcée de la mise à mort des enfants de son âge, aux
    scènes monstrueuses de dépouillement des cadavres par les épouses des tueurs. A cette étape du récit,
    l’auditoire qui a écouté le récit dans un silence de cimetière est au bord de la suffocation. Faut-il poursuivre
    l’écoute ou s’éloigner pour prendre un peut d’air ? Ce n’est pas l’envie qui manque à beaucoup d’entre nous
    mais chacun comprend qu’il est de son devoir de rester aux côtés de Pauline, et d’aller au bout de la nuit avec
    elle, pour elle et ce qu’elle représente. La jeune rescapée va continuer à nous parler des autres étapes d’un
    parcours qui l’a conduite de Kibuye à une île au milieux du lac Kivu, et de là dans une école au Rwanda où elle
    aura encore affaire avec des miliciens infiltrés, puis ce sera Paris, Bruxelles, Paris, … avec toujours le mot de
    passe de sa mère qui agira comme un véritable talisman à chaque fois que sa vie sera en danger. Que dire ?
    L’ecoeurement.
    Le témoignage de Pauline Kayitare vient d’être publié sous la forme d’un petit livre intitulé : Tu leur diras que
    tu es hutue, chez l’éditeur André Versailles. La mise en texte a bénéficié des conseils d’un ami journaliste qu’une
    longue maladie vient juste d’emporter à la veille de la sortie du livre. A signaler au passage que les
    incohérences et les confusions relevées ici et là dans le récit par un certain critique, pas nécessairement mal
    intentionné d’ailleurs, ne diminuent en rien la valeur du témoignage de Mme Kayitare. A certains égards, les
    vides ou les grossissements, réels ou supposés, sont inhérents à la nature même du document. Celui-ci nous livre
    moins un vécu individuel dans sa linéarité qu’un ressenti d’une enfant jetée brutalement dans un temps et un
    espace déstructurés. Qu’elle en ait gardé une mémoire décousue et elliptique cela se comprend. C’est sans doute
    à cela que référait l’auteur lorsque, pour conclure son témoignage, elle nous a affirmé que ce récit a agi sur elle
    comme une thérapie et que c’est à ces mots, qu’elle est allé chercher loin dans sa tête, qu’elle doit d’être encore
    parmi nous.
    Commémorer le drame qui nous a endeuillé voici 17 ans c’est bien sûr jeter un regard sur notre passé récent ou
    lointain, mais c’est aussi préparer l’avenir ou plus exactement travailler à le préserver. Car assurément, les
    génocidaires et leurs complices n’ont pas renoncé à « terminer le travail ». Ils investissent avec une virulence
    renouvelée dans l’anéantissement de la mémoire de nos disparus avec un savoir-faire qui surprend même les
    plus avertis d’entre nous. C’est du moins l’analyse que nous a livrée Jean-François Dupaquier dans un exposé
    dont la sobriété contrastait avec la richesse et la précision (…) Le journaliste vient de commettre un livre
    intitulé « L’Agenda du génocide » (contenant des) révélations (qui) ont permis de lever un coin du voile sur
    nombre de dossiers qui demeuraient, s’agissant de la partie française tout au moins, inaccessibles…A la
    manière d’une chambre obscure aux premières heures de l’aube, de petits rayons de lumière se glissent partout
    dans les interstices du mensonge et de l’imposture. La lumière du jour qui se lève inondera bientôt la pièce (…)
    Les représentants des communautés juive et arménienne de Genève nous ont témoigné leur solidarité par leur
    présence, comme toutes ces dernières années. Monsieur Victor Gani, Vice-Président de la Coordination
    Intercommunautaire Contre l’Antisémitisme et la Diffamation (CICAD) et Monsieur Yves Khatchadourian,
    membre de l’exécutif de l’Union arménienne de Suisse. Le premier nous a mis en garde contre la tentation du
    découragement et de l’abandon. Le combat contre le négationnisme est une course d’endurance dans laquelle il
    faut ménager ses forces et raffermir son engagement car, longtemps après le crime, le fait négationniste lui
    demeure intact et se transmet de génération en génération. Monsieur Gani a salué le combat d’Ibuka dont il
    s’est dit solidaire.
    C’est à peu près dans les mêmes termes ou presque que le représentant de la communauté arménienne nous a
    communiqué le message de soutien de son organisation. Lui aussi, après avoir reconnu la difficulté de la tâche
    qui consiste à tenter de faire échec aux négationnistes, il a mis en exergue les aspects plus positifs, notamment le
    fait que les réseaux négationnistes sont mieux connus aujourd’hui plus qu’hier, que leur modus operandi est
    bien cerné et que les victimes potentielles ne sont pas aussi démunies qu’on peut le craindre. Mais le plus
    important est ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est -à- dire cette opportunité de transmettre le flambeau aux
    jeunes générations qui doivent connaître leur histoire pour préparer leur avenir.
    D’autres amis du Rwanda présents ont salué, au cours des échanges informels, la force, la détermination qu’ils
    constatent chez la plupart de nos compatriotes éprouvés par le drame de 1994. Ils lui attribuent la source du
    relèvement du pays qui a surpris les observateurs, tout rompus qu’ils soient aux évaluations des sociétés
    frappées par des cataclysmes de la magnitude du génocide de 1994. Cette force et cette énergie, les syndicats du
    crime peuvent l’ébranler parfois, ils ne peuvent en venir à bout. Le Rwanda d’aujourd’hui nous en donne la
    preuve la plus éclatante.

  10. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 55 min

    Rwanda. 6 avril 1994. Le président Juvénal Habyarimana meurt dans un attentat. C’est le point de départ du
    génocide rwandais mené par les interahamwes, milice extrémiste créée par le MRND, le parti du défunt chef
    d’état d’origine Hutue!
    Le pays s’embrase. Galvanisé par la RTML, « La Radio Télévision Libre des Mille Collines », nombre de Hutue
    rejoignent la formation dont le but est d’éliminer « l’ennemie intérieur ». En juillet, seulement trois mois plus tard,
    plus de 800 000 rwandais, et dont la majorité sont des Tutsis, trouvent la mort…
    En avril 1994, Pauline Kayitare, 13 ans, vit paisiblement avec ses parents et ses frères et soeurs. Afin
    d’échapper aux génocidaires, la famille décide alors de se séparer. Pour Pauline, tout ceci semble irréel: « Les
    Tutsis ! Je sais que je suis Tutsie, mais je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire ». Pourtant, avant de se
    séparer, sa mère la prend à part et lui prodigue un dernier conseil: « Ecoute moi bien ! Tu vas mentir pour
    sauver ta vie. Tu le dois. Tu n’as pas le choix: mentir pour sauver sa vie, ce n’est pas mentir. A partir de
    maintenant, tu diras partout que tu es Hutue […] tu n’as pas l’âge d’avoir une carte d’identité » et peu
    identifiable.
    Impuissante, Pauline vit donc au coeur de cette barbarie. Seize ans plus tard, elle rassemble ses souvenirs et
    raconte. Il est temps d’exorciser le passé et d’aller de l’avant.
    « Tu leur diras que tu es Hutue » est un vibrant témoignage superbement écrit par Patrick May, qui nous plonge
    au milieu du génocide dans les yeux de Pauline. Un témoignage qui évoque les défis du pays au lendemain de
    la tragédie: la difficile réinsertion des Tutsis aux côtés des Hutues. Mais aussi : « la cohabitation entre les
    survivants, hantés par les souvenirs atroces, et les nouveaux venus, rentrés de la diaspora pleins d’énergie et
    de dynamisme, décidés à reconstruire coûte que coûte le pays de leurs ancêtres », comme le souligne à juste
    titre Colette Braeckman.
    « Le récit de Pauline, c’est aussi, vue depuis l’infiniment petit d’un cas particulier, une grande leçon d’histoire.
    La fillette, confrontée à un malheur qu’elle est à cette époque incapable de nommer, reçoit, puis transmet,
    toutes les composantes de l’histoire rwandaise », explique Colette Braeckman avant de renchérir : « Dés le
    départ, les prémices du drame sont posées: des voisins vivent ensemble sur les collines, s’entr’aident, mais
    demeurent séparés par de secrètes jalousies ; l’attentat contre le président (surnommé Kinani, ndlr) sert de
    prétexte à mettre en oeuvre un génocide depuis longtemps préparé, où les Tutsis deviennent soudain des
    “ennemis intérieurs” qu’il importe de faire disparaitre jusqu’au dernier. »

  11. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 56 min

    témoignage
    PAULINE , 13 ans, rescapée
    du génocide rwandais
    Elle a ses premières règles. Elle ne sait pas d’où vient le sang. On lui dit : « Ce sont
    les Interhahamwe », comme les ados de chez nous disent « ce sont les Indiens qui
    débarquent ». À cette différence près que les Interhahamwe (extrémistes hutus),
    Pauline les a vus, de ses propres yeux de petite fille, exterminer les siens à coups
    de machette. Pendant les trois mois qu’a duré le coeur du génocide rwandais, la
    petite Tutsie s’est cachée dans les plantations, sous l’eau du lac Kivu et dans les
    collines entourant son village. Elle a été attaquée, violée, arrêtée, et doit la vie à ce
    conseil de sa maman : « Tu vas mentir pour sauver ta vie. Tu diras que tu es hutue. »
    Des six enfants de sa famille, elle est la seule survivante. Il ne lui reste que son père
    qui, quelques mois à peine après le génocide, adopte cinq petits Hutus ! Une gifle
    pour Pauline et une grande leçon d’humanité. La jeune femme vit aujourd’hui
    en Belgique, avec un pilote belge croisé à Kigali. Plus de quinze ans après le
    drame, elle raconte son histoire, bouleversante. On lit ce livre comme on regarde
    un grand film, en fermant parfois les yeux sur l’horreur, en pleurant d’espoir devant
    la force d’une enfant et on en sort, définitivement, meilleur. Céline gautier
    Pauline Kayitare, « Tu leur diras que tu es hutue. À 13 ans, une Tutsie au coeur du génocide
    rwandais » (André Versaille Èditeur).

  12. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 6 h 57 min

    Tu leur diras que tu es hutue” « Action Solidarité Tiers Monde 17/10/11 16:16
    http://astm.lu/„tu-leur-diras-que-tu-es-hutue” Page 1 sur 2
    L’Action Solidarité Tiers Monde a le plaisir de vous inviter à une soirée de lecture avec Pauline Kayitare le 12 octobre 2011 à 19h00 au
    19.09.11
    „Tu leur diras que tu es hutue”
    Le mercredi 12 octobre, l’ASTM organise une soirée de lecture au Centre
    d’Information Tiers Monde (CITIM). L’invitée est l’auteur du livre „Tu leur diras
    que tu es hutue“, Pauline Kayitare, une jeune femme qui a vécu le génocide au
    Rwanda en 1994.
    Rwanda est un petit pays en Afrique de l’Est, connu dans le monde pour l’atrocité
    d’un génocide, qui reste jusqu’à ce jour incompréhensible. L’ONU estime que quelque
    800 000 rwandais, la majorité Tutsis, ont été tués pendant une période de trois mois.
    Ce fut le génocide le plus agité de l’histoire où 20% de la population rwandaise ont
    trouvé la mort. Pourquoi? Parce qu’ils étaient Tutsis ? C’est une explication beaucoup
    trop facile.
    Avant l’arrivée des Allemands au début du 20ième siècle, le pays était une monarchie,
    régnée par un roi Tutsi. Contrairement aux idées fixes d’aujourd’hui, les appellations
    „Hutu“ et „Tutsi“ décrivaient le statut social et politique d’une personne et non une
    identité ethnique. Des familles riches avec beaucoup de bétail et en bonne relation
    avec la famille royale étaient Tutsis, les moins avantageux Hutus. Les anthropologues
    confirment également que ces identités n’étaient pas fixes, un Hutu ayant la possibilité
    de devenir Tutsi selon son statut et sa richesse.
    Après la première guerre mondiale, la Belgique a colonisé le Rwanda. Ayant mal interprété la structure de la société rwandaise, les nouveaux colons ont imposé
    une idéologie ethnique, qui légitime le pouvoir et la supériorité des Tutsis. La majorité de la population rwandaise, qui est Hutu, est alors soumise au travail forcé
    et à l’esclavage.
    Une fois les Belges partis après l’indépendance du pays en 1962, l’idéologie ethnique est utilisée par les Hutus pour discriminer les Tutsis et justifier leur
    élimination du pays. Un grand nombre de Tutsis fuient dans des pays voisins, notamment en Ouganda. Le premier président du Rwanda Grégoire Kayibanda est
    remplacé par son ministre de la défense Juvénal Habyarimana en 1973 après un coup d’état. Marqué par l’institution des identités ethniques dans l’administration,
    il favorise les Hutus et introduit des quotas ethniques dans l’administration et l’enseignement pour limiter le poids des Tutsis.
    Le génocide
    En 1990, la construction des identités ethniques pose un obstacle énorme à la démocratisation du Rwanda et aboutit au génocide. Le Front Patriotique Rwandais
    (FPR), une armée de rébellion Tutsi, se prépare en Ouganda pour libérer le pays d’une dictature hutue. En même temps, des pays donateurs, comme la Belgique
    et la France, imposent au gouvernement d’adopter des ajustements des structures politiques pour faciliter la démocratisation. Le pouvoir Hutu est sous menace.
    Pour éviter un nouveau règne Tutsi, l’Etat joue sur une double stratégie: défendre le FPR et exterminer les Tutsis encore dans le pays. Les machines de
    propagande de l’Etat sont mises en marche et le pays descend dans le chaos. Des bombardements et pillages sont souvent incités par des milices Hutus. La
    faute est rejetée sur les Tutsis, qui sont également accusés d’avoir bombardé l’avion du président Habyarimana, qui meurt le 6 Avril 1994. Manipulée par une élite
    extrémiste hutue, la peur de l’ennemi tutsie gagne la conscience des Hutus, qui commencent à se battre pour leur vie, en tuant leurs voisins, leurs amis, leurs
    compatriotes. C’est une guerre de survie pour Tutsis et pour Hutus…
    Pauline Kayitare – Un mensonge l’aide à survivre
    Dans son premier livre „Tu leur diras que tu es hutue“, Pauline Kayitare nous fait part de son expérience personnelle du génocide, qu’elle a vécu à l’age de treize
    ans.
    Pour avoir des chances d’échapper aux tueurs, la famille de Pauline décide de se disperser. Avant de se séparer, la mère prend sa fille à part et lui recommande
    de se faire passer pour hutue: elle est trop jeune pour posséder une carte d’identité ethnique et son physique est peu identifiable. L’artifice fonctionne à plusieurs
    reprises. Pendant trois mois, Pauline, perdue au coeur de la guerre, est témoin de massacres inouïs, mais elle parvient à échapper. Après la guerre, un calme
    précaire revient. Pauline retrouve son père et, après un exil forcé au Zaïre, retourne dans son village natal. Quant à sa mère, ses frères et ses soeurs, personne
    ne sait ce qu’ils sont devenus.
    Pauline ne perd pas l’espoir de les retrouver vivants, mais en même temps, elle veut reprendre pied dans la vie: oublier le génocide et s’en sortir… Elle se plonge
    à corps perdu dans ses études, et elle les réussit brillamment. Mais cela ne suffit pas pour se libérer de sa condition misérable dans un Rwanda ravagé.
    Elle veut aller vivre en Occident. Elle renoue alors avec son mensonge: puisque la France a soutenu les Hutus, elle demande, en tant que hutue, l’asile politique à
    l’administration française. Et elle y parvient.
    Mais que sont devenus les siens? Le temps passe. Un soir, son père l’appelle et lui annonce la terrible réalité: il a retrouvé les restes des membres de la famille
    assassinés. Il s’agit maintenant de leur offrir des funérailles, mais en tant que réfugiée politique, Pauline ne peut pas rentrer au pays. Elle entreprend alors un
    nouveau combat pour obtenir la naturalisation française qui lui permettra de retourner au Rwanda afin d’enterrer les siens dans la dignité.
    Aujourd’hui Pauline habite en Belgique avec son enfant et son mari.
    Redonner la dignité aux Rwandais
    Avec son livre Pauline donne un témoignage de sa vie et de sa force à survivre. Elle réussit à redonner aux Rwandais, aux Hutus et aux Tutsis, leur dignité, leur
    humanité. Ils étaient tous des victimes, victimes d’une élite manipulateur, qui a réussi à bouleverser le peuple rwandais.
    „Je n’ai pas de la haine contre ces gens-là (les Hutus), j’ai pitié d’eux“, dit-elle. Un témoignage, un appel pour éviter que cela se reproduise.
    Linda Zahlten est membre de l’ASTM. Certains extraits de cet article ont été rédigés par l’éditeur du livre de Pauline Kayitare. Une soirée de lecture
    avec Pauline Kayitare aura lieu le 12 octobre 2011 à 19h au Centre d’Information Tiers Monde

  13. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 7 h 00 min

    Les éditions André Versaille proposent ici le témoignage d’une jeune Tutsie , âgée de 13 ans
    au moment du génocide rwandais. Comme tout témoignage, c’est un récit subjectif,
    difficilement soutenable quand la jeune fille évoque le génocide, plus serein, en apparence,
    quand elle évoque sa vie après.
    Une toute jeune fille : 13 ans au moment des faits,
    raconte comment elle et sa famille ont vécu les
    événements qui ont ensanglanté le Rwanda au
    printemps 1994. Le récit commence le jour même
    de la mort du président Habyarimana et décrit les
    massacres dans la région de Kibuye, sur la rive
    orientale du lac Kivu, la haine et la violence des
    Interahamwe, la sauvagerie même mais aussi la
    fuite dans la brousse et le subterfuge inventé par la
    mère pour protéger sa fille : tu diras que tu es
    Hutue. C’est aussi l’expression des sentiments
    d’une jeune adolescente entre peur de la mort et
    dégoût de la trahison des siens et la question posée
    à chaque génocide comment des voisins qui vivaient
    jusque là en bonne intelligence ont-ils pu devenir
    des assassins ? On suit les réfugiés du Rwanda vers
    les îles du lac Kivu puis vers Goma et le Zaïre, à
    l’époque avec une très brève évocation du rôle de
    la France et de l’opération turquoise. Chez nombre
    de réfugiés l’idée permanente d’un retour au pays
    pour rejoindre les troupes tutsies de Paul Kagame
    et pour Pauline la volonté de reprendre ses études.
    La seconde partie du témoignage porte sur le retour
    à une vie normale : la réinstallation au Rwanda, avec son père seul rescapé de la famille, ses tribulations
    dans un pays en reconstruction, ses études, la découverte des grandes villes du pays pour cette fille des
    collines et aussi le souvenir d’un traumatisme difficile à dépasser. C’est le récit d’une jeune fille puis
    d’une jeune femme, issue d’un milieu plutôt aisé, qui ne semble pas avoir perçu une dimension sociale
    possible dans ces événements ni la chance que cela représente pour reconstruire sa vie, même si elle
    perçoit l’insolente richesse des Tutsis rentrés d’Ouganda derrières les troupes de Kagame.
    C’est ensuite, une nouvelle fois le recours au mensonge ethnique pour émigrer vers la France et y
    obtenir le statut de réfugiée politique, sa « renaissance » en France mais aussi le sentiment d’une
    injustice, souvent exprimée par les rescapés de la Shoah, celle d’avoir survécu.

  14. Kayitare Pauline 2 novembre 2011 à 7 h 01 min

    Tripoli pour être honnête

    Publié par Alain Berenboom le 26 mars 2011
    Sur le papier, les interventions décidées par l’ONU au Rwanda ou en ex-Yougoslavie étaient nécessaires, indispensables.
    Tout comme celle en Libye. Pourquoi alors ce manque d’enthousiasme, ces doutes ?
    Je suis d’une génération qui n’a jamais adulé le rôle des militaires en-dehors de nos frontières. Faites l’amour ici plutôt que
    la guerre là-bas. La guerre des autres est une solution ultime, du désespoir. Alors, pourquoi mettre si peu d’enthousiasme et
    de moyens à sauver les peuples qui meurent de faim, abandonner les pays qu’on a tirés des griffes de leur bourreau ? On se
    demande aussi pourquoi certains peuples tyrannisés sont plus chouchoutés par nos excellences que d’autres. On s’étonne
    enfin des fluctuations de notre compteur Geiger vis-à-vis du premier Libyen. Tantôt célébré comme le représentant d’un
    arabisme laïc et moderne, tantôt honni pour ses exactions (dans nos pays), à nouveau copain dès qu’il se dit l’ennemi d’Al
    Qaida et qu’il bazarde une partie de son stock d’armes dégoûtantes, puis re-traité d’assassin et de chef terroriste.
    Est-il tout à fait honnête son propre représentant auprès de la Ligue arabe qui s’avise soudain que son boss est de loin pire
    que Saddam Hussein ? « Je pense que Saddam Hussein avait un peu de bon sens, alors que cet homme n’a ni bon sens, ni
    sagesse », déclare M. al-Honi (qui mal y pense).
    Autre raison d’être perplexe : les fruits amers des précédentes opérations de l’ONU.
    Le génocide rwandais, les massacres de Srebrenica sont autant l’oeuvre des tueurs que la responsabilité de la communauté
    internationale. Ce sont des soldats occidentaux censés protéger les Rwandais des génocidaires qui ont fait défaut. Ils ont
    donné à la population l’illusion de veiller sur elle avant de se défiler au pire moment. Ce sont des soldats hollandais qui ont
    regardé, les bras croisés, les brutes serbes massacrer les habitants de Srebrenica, qui eux aussi avaient fait confiance et
    étaient sortis de leur réduit, aveuglés par les engagements de l’ONU.
    Qu’allons-nous promettre aux Libyens ? Qu’avons-nous prévu ? Rien sans doute. Dans leur for intérieur, les intervenants
    croisent les doigts pour que les citoyens libyens et l’armée renversent elles-mêmes le dictateur et nettoient les lieux. Mais
    si le scénario ne se déroule pas selon ce plan, que se passera-t-il ? Les précédentes aventures de la communauté
    internationale ne présagent rien de bon…
    PS : à propos du Rwanda, je vous conseille la lecture d’un livre merveilleux, « Tu leur diras que tu es hutue » de Pauline
    Kayitare (éditions Versaille). Plus qu’un témoignage d’une rescapée du génocide, un vrai récit mêlant mort et vie, un
    portrait pénétrant d’une famille rwandaise avec le regard vif, frais, incroyablement optimiste d’une vraie conteuse.

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