Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Apocalypse, no !

Peut-on seulement avouer publiquement, qu’on a d’autres chats à caresser que se laisser obséder par le sommet de Copenhague ? Depuis la fin de ce sommet, le public est littéralement submergé, à travers les médias, par des flots de paroles, d’analyses savantes, de prévisions péremptoires, de déclarations et autres sentences invitant le bon peuple à communier dans la désolation : Copenhague est un échec, ou un demi-échec, ou un échec et demi, etc… On voudrait ruiner l’humeur des ménages à la veille de Noël qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Copenhague aurait donc « accouché d’une souris » ? Eh bien, c’est déjà ça ! Le politiquement correct interdit de dire que Copenhague n’est pas l’unique et ultime préoccupation en ce bas-monde. Peut-on dire que le naufrage de Copenhague n’est pas tant lié aux fameux « résultats » qu’à tout le foin fait autour par les nouveaux adeptes du prosélytisme écologique qui envahit tout, s’immisce partout, investit par effraction les foyers et les esprits, culpabilise les bobos et autres tenants de la vie bio ?
Peut-on signaler – s’il vous plaît – à quel point cet unanimisme écologique devient insupportable ? Cette nouvelle pensée unique qui ne laisse nulle place aux interrogations béotiennes et aux objections élémentaires prend la pensée en otage, au risque de masquer le reste, la vraie vie, immédiate. Ses incantations obsédantes, ses oraisons de fin du monde étouffent la fureur des revendications sociales et renforcent l’impuissance des politiques à répondre à leurs obligations primaires à l’égard des citoyens.
Dire que le rendez-vous de Copenhague était celui de la « dernière chance » relevait d’une gigantesque et coupable mystification. Il y en aura, d’autres rendez-vous, d’autres Rio, Kyoto, Mexico, et la suite… La préservation des équilibres essentiels de notre bonne vieille Terre – plus exactement la sauvegarde de la vie humaine sur terre – est un processus long, exigeant, patient.
De plus, l’affaire est bien trop sérieuse pour la confier aux politiques et leurs marchandages affligeants affichés au grand jour à Copenhague… Le niveau de la mer monte ? Le désert avance ? Le climat se détraque ? La Terre se réchauffe du fait de la folie des hommes ? Soit. Eh bien qu’on s’en occupe, paisiblement, discrètement. Sans dogme, sans oraisons apocalyptiques, et sans zèle excessif. L’écologie gagnerait à ne pas nous resservir, chaque jour que Dieu fait, le coup de l’Arche de Noé ou de l’Apocalypse selon Nostradamus.

(22 décembre 2009)

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