Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Nelson Mandela, 1918-2013

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 « Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. » (Mandela, Un long chemin vers la liberté)
Quelque chose de particulier s’était produit cet après-midi de juillet 1996, à Paris. Ma première et unique rencontre avec Nelson Mandela, au milieu d’une foule venue le saluer. Une poignée de mains, un sourire… Ce sourire inoubliable qui ne parvenait jamais tout à fait à masquer l’ineffable gravité nichée au fond du regard. Juste une phrase alors, que je m’appliquai à énoncer, très vite : « Nous sommes fiers de vous ». Le même sourire du grand homme en guise de réponse. Moment d’exception. Indicible, rare et inoubliable émotion… Hommage à celui qui a tant marché, nous entraînant dans son sillage. Hommage à lui, dont le nom aura été tant prononcé ici-bas. Avec notre infinie reconnaissance pour avoir éclairé l’autre versant des cimes jusqu’alors infranchissables. « Cela semble impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse… » (Nelson Mandela)

France : La tentation de l’ignoble

3501606-marine-le-pen-retour-sur-une-premiere-campagne-presidentielleFaut-il s’inquiéter du climat d’intolérance, de brutalité et de confrontations corporatistes qui s’installe en France ? Assurément, oui. L’affaire n’est pas récente. Lors de son dernier mandat, Jacques Chirac, visité par la grâce, avait tenu à « regarder la France en face », dans une déclaration télévisée, pour signifier son refus de toutes les formes d’intolérance et d’exclusion, et rappeler aux habitants de ce pays que tous, sans exception, étaient « les enfants de la même nation », portés par un destin commun. Le fait de souligner et rappeler ce qui, en d’autres temps, aurait relevé de l’évidence élémentaire, était symptomatique de ce qui allait devenir, durant les années suivantes, le point focal de la vie sociale en France, et que certains ont désigné comme la « question identitaire ». Ainsi, alors même que Jacques Chirac rejetait, avec une remarquable constance, toute concession aux idées traditionnellement promues par le Front national (FN), Nicolas Sarkozy avait opté pour une autre stratégie : intégrer dans le bréviaire de la droite dite « républicaine » – en l’occurrence l’Union pour un mouvement populaire, UMP -, certaines thèses du parti d’extrême-droite. Objectif annoncé : ramener les électeurs de ce mouvement « dans le giron de la République ». On a pu vérifier, par la suite, la pertinence de cette option stratégique : une fulgurante promotion et une inflexible banalisation des idées « basiques » du FN qui, désormais incarnée par Marine Le Pen – la fille de son père – allait, dans le même temps, entreprendre une opération de « dédiabolisation » de son parti.

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L’équation mortifère de Kidal – Dangers silencieux du journalisme

L’assassinat, le 2 novembre, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal vient nous rappeler cruellement, au-delà de l’émotion qu’il suscite, que le journalisme n’est pas un métier comme les autres. Que des journalistes, à travers le monde, sont quotidiennement exposés à diverses formes d’agressions, y compris à la violence fatale. Parce que ce métier procède essentiellement de la vocation, il nous est arrivé à tous d’avancer, avec le danger en face, n’écoutant que cette voix intérieure qui nous rappelle cette obligation, plus forte que tout, de répondre à l’appel de l’événement. Difficile pour le journaliste de contourner ou ignorer cet appel, ou de se soustraire à l’attraction d’une situation porteuse d’enseignements. Porteuse aussi, parfois, de périls. Etre journaliste, c’est s’interdire d’ignorer. Et bien souvent, c’est porté par cette exigence – voir, constater, savoir, puis rapporter – que l’on choisit de regarder le danger en face et, même, de tenter d’en faire un allié…

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François Hollande : L’échec syrien

Un chef d’Etat pourrait largement se contenter d’une guerre en l’espace d’un mandat. Surtout si celle-ci a abouti à un résultat honorable, tout en ayant bénéficié d’un large soutien de l’opinion nationale et internationale. Après le succès de la guerre au Mali, François Hollande aurait dû méditer cette règle de la politique, avant de franchir le Rubicon d’une déclaration tonitruante d’hostilités à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad. En quelques jours, le crédit engrangé avec l’intervention française au Mali aura été dramatiquement dilapidé par l’implication, sans réserve, de l’Elysée dans un projet d’offensive militaire en Syrie. Une attitude encouragée et malencontreusement alimentée par des conseillers contestables et un ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui semble bien souvent confondre la diplomatie déclarative et les conséquences d’une action armée sur le destin d’une nation. François Hollande devrait, en ce qui concerne la gestion de la paix et de la guerre, moins se fier aux fiches de ses conseillers… La gestion de cette affaire – une intervention militaire présentée comme « imminente », puis reportée sine die – deviendra-t-elle l’une des erreurs politiques majeures du mandat de François Hollande ?

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Egypte : Les dessous d’un coup d’Etat militaire prémédité – Par Esam Al-Amin

[Note de l’éditeur : Cette semaine, nous nous vous proposons une contribution de Esam Al-Amin, essayiste, spécialiste du Moyen-Orient, auteur de « Le réveil arabe dévoilé : Comprendre les transformations et révolutions au Moyen-Orient ». Ce blog étant un espace d’expression libre et plurielle, les opinions qui y sont publiées engagent exclusivement leurs auteurs.]

Chaque coup d’Etat dans l’histoire commence par un général de l’armée annonçant le renversement et l’arrestation du leader du pays, la suspension de la constitution et la dissolution de l’organe législatif. Si les gens résistent, cela dégénère en bain de sang. L’Egypte n’est pas une exception.

Alors que la poussière qui s’installe retombe et que le brouillard se dissipe au dessus de l’Egypte, dévoilant ainsi les événements, la scène politique devient beaucoup plus claire. Indépendamment de la façon dont chacun voit la situation, la bataille politique et idéologique qui avait fait rage pendant plus d’une année entre les partis islamistes et les partis libéraux et laïcs a été tranchée en raison d’un facteur décisif et simple : une intervention militaire par les généraux de l’Egypte au nom de ces derniers. Comme je l’ai déjà avancé dans mes précédents articles, il n’y a aucun doute que le président Mohamed Morsi et la confrérie des Frères musulmans ont fait de mauvais calculs politiques et ont commis de nombreuses erreurs, particulièrement en ignorant les revendications de plusieurs groupes de jeunes révolutionnaires et en abandonnant leurs premiers partenaires de l’opposition. Ils se sont souvent comportés de façon naïve et arrogante. Mais dans n’importe quelle société civilisée et démocratique, le prix de l’incompétence ou du narcissisme est sanctionné politiquement par les urnes.

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Note de l’équipe de GME

Les rendez-vous éditoriaux sur ce blog se sont raréfiés depuis quelque temps, du fait de multiples activités – notamment la gestion promotionnelle de l’ouvrage de Francis Laloupo – qui ont débordé l’agenda habituel de cet espace. Toutefois, nous avons su maintenir le contact et communiquer, par divers autres canaux, avec nombre d’abonnés. C’est l’occasion, d’ailleurs, de remercier tous ceux qui nous ont accompagnés depuis la création de ce blog, et qui nous ont exprimé, à de nombreuses occasions, leur attachement à cet espace qui demeure un lieu d’expression commune, de débats et d’échanges. Nous avons ainsi pu mesurer, durant cette saison qui s’achève, l’impact de ce blog auprès d’un public présent, à travers le monde. L’équipe de GME, chargée de gérer cet espace s’en trouve encouragée. Afin de satisfaire des sollicitations de confrères journalistes, nous publierons, durant la saison prochaine, en plus des éditoriaux de Francis Laloupo, d’autres contributions, afin d’enrichir le blog, et renforcer son expression plurielle. En attendant, veuillez trouver ci-après la première partie de quelques notes et réflexions de fin de saison de Francis Laloupo. Bonne lecture.