Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

AES – Cédéao : Comptes à rebours

[ Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 27 Octobre 2024https://t.co/6cEIDbs3nN ]

Le retrait annoncé du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao sera définitivement acté le 28 janvier 2025. A trois mois de cette échéance, quelle est la situation socio-économique dans ces pays ? Quelle vision stratégique commune pour l’Alliance des Etats du Sahel ?  

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Mali : La diplomatie de l’injure

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 10 Octobre 2024 – https://t.co/7wgVy1nZeV ]

Une fois encore, le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement malien, s’est illustré à la tribune de l’Onu par des propos outranciers, destinés notamment à l’Algérie. Pour les représentants de la junte malienne, l’injure et l’invective sont devenues un ingrédient indispensable du discours politique.

En temps ordinaire, les représentants des régimes issus de coups d’Etat se contentent de faire profil bas lorsque l’occasion leur est donnée d’assister à des événements internationaux. Les putschistes « nouvelle génération » du Sahel ne souscrivent pas à cette élémentaire obligation, optant, depuis le début de leur aventure, pour la surenchère et l’excès. Ce fut le cas, une fois encore, lors de la 79ème Assemblée générale des Nations Unies qui s’est tenue fin septembre à New-York. Très remarqué, le discours du colonel Abdoulaye Maïga, ministre d’Etat et porte-parole du gouvernement du Mali. En termes choisis, et assuré de l’effet de ceux-ci sur son fan-club local, il a réservé ses meilleures tirades à l’Algérie. Critiquant vertement la position de ce pays à l’égard du conflit qui oppose l’armée aux mouvements rebelles dans le septentrion malien, il n’a pas hésité à qualifier le ministre algérien des Affaires étrangères et le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU d’« énergumènes diplomatiques ». Le choix des mots…

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Guinée : La tentation du général

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 27 Septembre 2024 – https://www.lsi-africa.com/fr/actualite-africaine/edito-guinee-tentation-mamadi-doumbouya.html ]

Climat tendu en Guinée, où la probable candidature de Mamadi Doumbouya s’invite au cœur de l’actualité. Après avoir commis un putsch pour « rétablir l’ordre démocratique », le général sera-t-il, à son tour, accusé de confisquer le pouvoir d’Etat ?

« Je m’engage à rendre le pouvoir aux civils à l’issue de la transition, fin 2024 […] Nous allons bien sûr organiser la transition mais nous ne ferons pas partie de l’après-transition. Pour nous, c’est clair et ça doit l’être. » Ainsi parlait, en février dernier, Mamadi Doumbouya, colonel élevé au grade de général au cours de la transition. Celui qui, en septembre 2021, a mis fin à la dérive autoritaire et à la tentation d’une présidence à vie d’Alpha Condé jurait alors, devant le peuple, qu’il ne resterait pas un jour de plus au pouvoir, à la fin de la transition. Entre-temps, la durée de cette transition est devenue incertaine. La junte militaire a multiplié les signes d’un raidissement de l’appareil à l’égard des libertés publiques. Au fil des mois, la Guinée est devenue l’enfer des journalistes et des Guinéens suspectés d’émettre une parole différente de celle prescrite par le régime. Dans un pays où les manifestations ont été interdites par la junte militaire, « on n’arrête plus les opposants, on les fait disparaître », confie un journaliste de Conakry.

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Alliance des Etats du Sahel : Morose anniversaire

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 19 Septembre 2024 – https://t.co/FaR5paYmIY ]

Premier anniversaire de la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) sous le signe de la morosité et du scepticisme. Bilan d’étape de cette organisation qui a choisi de prendre ses distances avec la Cédéao.

Ce 16 septembre marquait le premier anniversaire de l’Alliance des Etats du Sahel, devenue, entre-temps, une confédération des trois Etats du Mali, Niger et Burkina Faso. S’agissant du bilan laborieusement exposé dans les discours des dirigeants et relayés par les propagandistes assermentés, rien qui puisse susciter l’enthousiasme des foules. Lors de la création de cette Alliance, suivie du retrait des trois pays de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), ses initiateurs promettaient « un pacte de défense mutuelle visant à lutter contre le terrorisme et à contrer toute menace de rébellion ou d’agression extérieure ». Sur ce point, le bilan est diversement évalué. Alors que les inconditionnels de l’AES le jugent « satisfaisant », les plus indulgents l’estiment « mitigé ». Au-delà de ce léger strabisme divergent, la réalité apparaît bien plus alarmante. Au Mali, comme au Burkina Faso et aussi au Niger, la macabre comptabilité des victimes des assauts terroristes ne cesse d’affoler les observateurs et experts des situations de conflits. Ainsi, en juillet dernier, ACLED (Armed Conflict Location & Event Data) indiquait une augmentation sensible du nombre de victimes civiles au Sahel au cours du premier semestre 2024. Plus de 3 000 morts, dans des attaques ciblées, entre janvier et juin 2024. Dans les trois pays, les attaques ont augmenté de près de 48% entre 2022 et le premier semestre 2024, selon les chiffres croisés de différents rapports.

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Sahel : Ukraine, « l’ennemie » inespérée

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 27 Août 2024 – https://t.co/2JOjAJqxwl ]

Le soutien désinvolte de l’Ukraine aux mouvements séparatistes maliens, lors de la
bataille de Tinzawaten, dénote une extraordinaire méconnaissance de la
situation régionale. Il offre aussi aux régimes putschistes de l’AES l’occasion
de compléter leur liste d’« ennemis extérieurs ».

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Niger : Le problème Mahamadou Issoufou

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 20 Août 2024 – https://t.co/PQ8CvImSQv ]

Le 13 août dernier, l’ancien dirigeant nigérien Mahamadou Issoufou a rendu publique une lettre destinée à la Fondation Mo Ibrahim qui lui a décerné en 2020 le Prix de la Gouvernance. Ce courrier aura-t-il suffi à dissiper tous les doutes sur son implication présumée dans le putsch du 26 juillet 2023 ?

Dans une lettre datée du 1er août 2024, l’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou, a exprimé sa condamnation du coup d’Etat intervenu un an plus tôt dans son pays. La lettre, publiée quinze jours après sa rédaction, avait été adressée à la Fondation Mo Ibrahim qui lui a décerné en 2020 le Prix du « Leadership d’excellence ». Cette dernière n’a eu de cesse de réclamer à son lauréat une « clarification » de sa position vis-à-vis du putsch du 26 juillet 2023. Il est vrai que le relatif silence observé depuis plusieurs mois par Mahamadou Issoufou face aux événements intervenus au Niger a suscité de nombreuses interrogations, alimentant rumeurs et suspicions, voire des accusations de complicité avec les tombeurs de son successeur, Mohamed Bazoum, illégalement maintenu en détention depuis le coup d’Etat.

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