Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Archives Mensuelles: février 2026

Niger : Grotesqueries

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 2 Février 2026 – https://www.lsi-africa.com/fr/chroniques/edito-niger-attaque-aes-accusation.html ]

Au cœur de l’actualité en Afrique de l’Ouest, les accusations formulées, le 29 janvier dernier, par le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, visant les présidents béninois, ivoirien et français. Désinvolture, faute politique et diplomatique, ou stratégie du conflit permanent ?

« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir… » Ainsi s’exprimait le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte nigérienne, après l’attaque de l’aéroport de la capitale Niamey, dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier. Repoussée par les forces de défense nigériennes et les éléments russes d’Africa Corps, l’attaque se serait soldée par la mort d’une vingtaine d’assaillants, selon les autorités du Niger. Elle a été revendiquée par l’Etat Islamique, quelques heures après les déclarations hasardeuses du général Tiani, abondamment commentées dans la région et au-delà.

Déliquescence du pouvoir d’Etat

Si l’opinion s’est habituée aux récurrentes imprécations de Tiani contre des ennemis extérieurs et néanmoins imaginaires, le fait de désigner nommément les présidents français, béninois et ivoirien comme les acteurs d’évènements aussi graves ne relève pas de l’ordinaire. Question persistante dans tous les commentaires : le dirigeant d’un Etat peut-il parler ainsi ? Si certains choisissent d’en rire, nombreux sont ceux qui voient dans cette séquence le seuil critique de la déliquescence du pouvoir d’Etat dans un pays où une clique en treillis a, au moyen de fallacieuses justifications, confisqué le pouvoir, en s’obstinant à le conserver indéfiniment. Sans boussole, et sans perspectives pertinentes.

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Niger : Qui peut libérer Mohamed Bazoum ?

Publié en exclusivité sur LSI AFRICA le 13 Janvier 2026 – https://www.lsi-africa.com/fr/actualite-africaine/niger-edito-mohamed-bazoum-mahamadou-issoufou.html ]

Qui sont les principaux responsables de la détention arbitraire de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum, et à qui profite-t-elle particulièrement ? Questions réactivées à l’heure où se multiplient les initiatives en faveur de la libération du dirigeant renversé par le coup d’Etat du 26 juillet 2023. 

Mohamed Bazoum, en compagnie de son épouse Hadiza, entame sa troisième année de détention, depuis le coup d’Etat qui a porté ses geôliers aux commandes de l’Etat. Une nouvelle campagne de mobilisation en faveur de sa libération, initiée récemment par le « Collectif international pour la libération de Mohamed Bazoum » a recueilli des milliers signatures de personnalités de divers horizons et nationalités. La lettre-pétition du Collectif sollicite une action conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, ou encore de la Cédéao. Elle permet de porter le cas Bazoum dans le champ des enjeux internationaux, et de parer à la sournoise menace de l’oubli. Pour autant, cette initiative, comme bien d’autres, pourrait-elle infléchir la position adoptée par les militaires au pouvoir à Niamey ? Jusqu’ici, ces derniers se sont montrés hermétiques à toutes les tentatives de médiation, aux appels répétés des organisations internationales à la libération du dirigeant séquestré. Ici même, dans les colonnes de LSI Africa, nous avons maintes fois exploré les causes apparentes et souterraines de cette forme de radicalité et de brutalité à l’égard d’un homme à l’encontre duquel la junte militaire n’a jamais su formuler un motif d’incrimination crédible (*).

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