Opinions, Humeurs et Géopolitique

Le blog de Francis Laloupo

Côte d’Ivoire : La rébellion a changé de camp

Un nouveau chapitre de la crise ivoirienne est donc bien ouvert, et se confirme, avec la nomination par les deux « présidents » de leurs Premiers ministres respectifs. Deux territoires de pouvoirs sont aujourd’hui installés dans le pays. La timide médiation engagée par Thabo Mbeki au nom de l’Union africaine a déjà exprimé son impuissance face à cette situation de tous les dangers. Adepte de la dialectique aux confins de l’absurde,…

 …Laurent Gbagbo est toujours au centre du jeu. Et dessine, par son refus et son interprétation très privée du résultat des urnes, la nouvelle configuration polémologique que devront désormais gérer les médiateurs. Deux territoires de pouvoir, donc : l’un investi par le président « légitime », issu des urnes, Alassane Dramane Ouattara ; l’autre capté par Laurent Gbagbo, cette fois dans le rôle du rebelle « légal », incarnant un courant constant dans le pays, à savoir une opposition viscérale à la conduite de la Côte d’Ivoire par Alassane Ouattara. Ce courant fut nommé, lors d’un épisode antérieur de la crise, le TSO (Tout sauf Ouattara).
Un président légitime face à un rebelle légalisé à la manière d’une junte, par un Conseil constitutionnel et qui peut d’autant justifier de son « bon droit », que la communauté internationale qui soutient aujourd’hui l’élection de Ouattara, avait autrefois jugé nécessaire de légaliser la rébellion des Forces Nouvelles. Ainsi, l’affaire est bien compliquée qu’il n’y paraît… Et c’est sur ce nouveau schéma conflictuel que les médiateurs devront plancher dorénavant pour tenter de trouver une « troisième voie » de sortie de crise, par-delà l’opposition entre la « légitimité » et la « légalité », version ivoirienne.

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Une réponse à “Côte d’Ivoire : La rébellion a changé de camp

  1. KOUOBITIEP 7 décembre 2010 à 19 h 16 min

    J’ai cru comprendre que vous êtes chargé d’étude en géopolitique. Voilà du pain béni pour vous avec la crise multifacettes qui ébranlent les fondamentaux de ce pays qui nous est proche de loin ou de près en tant que consommateur de la chose politique. J’avoue que le sujet est stimulant pour une approche géopolitique des états africains en devenir démocratique. Tous les ingrédients sont réunis pour faire sortir l’animal qui est en nous. En Côte d’Ivoire, l’on ne sait plus à quel niveau mettre le curseur, tant les non-dits font parler les muets et les sourds tout d’un coup entendent tout sans forcement avoir besoin d’un traduteur.Les traits sont grossis comme si les gens ne voyaient pas clair, bref les prédateurs sont découverts, leurs stratagèmes sont contrariés, les codes légaux, conventionnels sont tripatouillés au gré des intérêts fluctuants mais constants. Les acteurs politiques excellent dans leur numéro de contorsion médiatique, la nébuleuse communauté internationale accepte l’inacceptable dès lors qu’il s’agit d’une république bananière (Côte d’Ivoire) à savoir organiser une élection présidentielle dans un pays coupé en deux et trouver cela normal. Les convulsions politiques avec son corollaire économique, humain etc..sont expliquées par le média à travers le prisme ethnique et religieux, c’est une fixation chez ces gens là ( au Cameroun au moment du coup d’État de 1984 on nous a servi la même sauce bref passons c’est pas le sujet). CEI version communauté nébuleuse pro ADO dans la légitimité, conseil constitutionnel version Gbagbo dans la légalité.La légalité puisant sa force dans la légitimité, la légalité institutionnelle étant le socle de tout État souverain, ADO ne reconnaît pas le conseil constitutionnel parce que son verdict ne lui est pas favorable, mais reconnaît cette institution pour y faire recours par écrit dans le cadre de prestation de serment.
    SOLUTION
    1) – La nébuleuse communauté internationale restaure l’intégrité territoriale de la Cote d’Ivoire et pacifie le pays.
    2) On laisse Gbagbo finir ce mandat amorcé, en contrepartie, Gbagbo prend l’engagement solennel de ne faire que ce mandat et rien d’autre, laissant ainsi le voie à ADO qui pourra faire acte de candidature dans 5 ans sans son ennemi intime Gbagbo.
    Voilà en gros une sortie de crise acceptable.
    La suite appartient à demain mais les humains ne connaissent pas demain, car il appartient à DIEU.
    Bonsoir Francis

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